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Rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris (Ier' arrondissement). - La partie de la rue qui est située au nord de la rue Coquillière s'appelait jadis rue Plâtrière, la partie au sud s'appelait avant 1868, rue de Grenelle-Saint-Honoré. La rue Plâtrière existait déjà au XIVe siècle, et conduisait à la Plâtrière de Maverse, située non loin de là. Elle perdit son vieux nom en 1791 pour prendre celui de Jean-Jacques-Rousseau, en l'honneur du célèbre philosophe qui habita le 2, rue Plâtrière, de 1770 à 1778. Bossuet habita la rue Plâtrière non loin de la communauté de Sainte-Agnès qui avait été fondée en 1678, et fut supprimée en 1790. Cette communauté s'étendait jusqu'à la rue du Jour. Marat a logé au deuxième étage d'une maison faisant partie de la rue de Grenelle-Saint-Honoré (c'était le 15 bis de la rue J.-J.-Rousseau en 1872). Le comte de Fautras était propriétaire de l'immeuble sous la Restauration, et il s'y est tenu, dit-on, en 1848, des réunions secrètes dans le jardin d'un limonadier, facilitées par des communications souterraines. Fragonard habita le 5 de la rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1810.

L'hôtel des Postes (entrée principale rue du Louvre) construit en 1880 occupe l'emplacement de l'hôtel des comtes de Flandre du XIIIe siècle. Cet hôtel fut démoli en 1543 et il fut remplacé par l'hôtel de Bullion (1630) qui devint plus tard hôtel des ventes publiques et par l'hôtel d'Epernon (1652) qui devint hôtel d'Hervart, puis hôtel d'Armenonville en 1728 et qui fut affecté au service des postes en 1757, après avoir servi d'habitation au fermier général Brissard. C'est à l'hôtel de Bullion que s'imprimait le journal la Réforme en 1848. Comme le rappelle une inscription placée sur l'hôtel des Postes actuel, La Fontaine mourut en 1695 à l'hôtel d'Hervart, qui s'élevait sur cet emplacement.

N° 70. Là se trouvaient quelques vestiges des anciens remparts de Philippe-Auguste disparus au moment de la construction de la caserne des pompiers (entrée principale rue du Jour).

Entre le 51 et le 41, sur l'emplacement des rues du Louvre et Coquillière, s'étendait l'hôtel de Flandre qui appartenait à la veuve du président Baillet en 1560, en 1573 à Françoise d'Orléans, puis à son fils Charles de Bourbon, amant de la reine Margot. En 1605 il était habité par le duc de Montpensier et par le maréchal duc de Bellegarde en 1612. Il fut reconstruit en 1615 par Androuet du Cerceau pour le chancelier Séguier qui y donna l'hospitalité à l'Académie française. La reine Christine de Suède y assista à une séance en 1656. Acheté par les fermiers généraux dans les dernières années du XVIIe siècle. Hôtel des Fermes, puis cour des Fermes (qui débouche aujourd'hui rue du Louvre).  Aux n° 37 et 35 était l'emplacement de l'hôtel La Ferrière où mourut Jeanne d'Albret en 1572. Jeu de courte paume. Bal dit de la Redoute. Lieu de réunion politique sous le second Empire. Légué à l'Assistance publique.

N° 18. Ancienne cour des Messageries nationales créée en 1728, qui aboutissait au 130, rue Saint-Honoré, sur l'emplacement de la rue du Louvre. Emplacement d'un ancien Hôtel construit sous Henri II par André Blondel de Rocquencourt, contrôleur général des finances. Il le donna à la duchesse de Valentinois, après la mort de laquelle l'hôtel passa à sa postérité. Il fut habité par le duc de Bouillon et par Achille de Harlay, troisième du nom, qui y demeura jusqu'en 1689, époque où il fut nommé premier président. En 1713 c'était l'hôtel de Puysieux, et en 1714, il appartenait à M. de Verthamont, premier président du Grand Conseil. L'hôtel s'ouvrait rue d'Orléans-Saint-Honoré (rue du Louvre). (F. de Rochegude).

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Dictionnaire Villes et monuments
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