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Dictionnaire
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| Tour Eiffel,
à Paris La tour Eiffel présente l'apparence générale d'un tronc de pyramide quadrangulaire régulière à faces courbes. Elle est en réalité essentiellement constituée par quatre montants ou arêtiers distincts en treillis, rectilignes jusqu'à la première plate-forme, curvilignes ensuite, et seulement reliés, d'abord au sixième et au tiers environ de la hauteur, par des poutres horizontales également en treillis, formant ceintures et portant planchers, puis du second étage jusqu'à leur point de jonction, par des diagonales en croix de Saint-André. Les arêtes intérieures des montants sont d'ailleurs supprimées à partir du second étage. Tout le reste, grands arcs formant voûte sur chaque façade, consoles, balcons, campanile, n'intervient que pour l'ornementation et ne contribue en rien à la stabilité de la tour. Sa teinte, à l'origine, allait en dégradant du rouge sombre, à la base, au jaune orange, au sommet. Les fondations ne sont pas la partie la
moins intéressante de l'oeuvre. Le sous-sol est formé en
cet endroit par une couche d'argile plastique de 16 mètres, reposant
sur la craie du bassin de Paris Chaque pile a quatre arêtes et chaque
arête a sa fondation particulière. Il y a ainsi 16 massifs,
qui ont trois de leurs faces verticales et la quatrième inclinée
à 52°, suivant la direction de l'arête correspondante.
Leur base, rectangulaire, a 10 mètres sur 6 mètres pour les
piles Est et Sud, 15 mètres sur 6 mètres pour les piles Nord
et Ouest; elle est formée par une épaisse couche de béton
au ciment de Boulogne. Le môle lui-même est en pierres de Souppes,
couronnées par deux assises de larges pierres de taille de Château-Landon Cet ancrage, inutile pour la stabilité
de la tour, donne cependant un excès de garantie contre tout glissement.
Il a en outre servi pour le montage des fers en porte à faux. Enfin,
dans chaque sabot a été ménagée, par une disposition
ingénieuse, une presse hydraulique de 800 tonnes, que deux hommes
pouvaient facilement faire fonctionner. Ces seize puissants leviers de
réglage, qui ont été employés avec succès
pour l'assemblage des montants avec les poutres du premier étage,
étaient d'autre part destinés à rétablir au
besoin la parfaite verticalité de l'édifice. Il aurait même
été pratiquement aisé à 32 hommes faisant agir
simultanément cette force totale de 12 800 tonnes, de soulever de
plusieurs centimètres la tour entière. Son poids, au moment
de sa construction, ne dépasse pas en effet 9000 tonnes, y compris
les accessoires (il est de 10 100 tonnes aujourd'hui). Il se résout,
en y ajoutant l'effort des plus grands vents et la charge de la maçonnerie
de substruction, qui cube 12 000 mètres, en une pression verticale
de 3,7 kg au maximum (3 atmosphères et demie) sur chaque cm²
des 1200 mètres de la surface d'appui. Quant à la plus forte
pression oblique, elle s'exerce sous les sabots, sur les assises en pierre
de taille; mais là même elle n'est que de 30 kilogrammes par
centimètre carré, et ces pierres ont donné aux essais
une résistance de 1235 kilogrammes. Ainsi, nul danger de tassement
ni du sol, ni des fondations. Toute cette infrastructure disparaît
dans un remblai arasé au niveau du Champ de Mars De la base au premier étage, les quatre montants sont des prismes à section horizontale carrée de 15 m de côté, inclinés à 52°. Leurs arêtes ou arbalétriers sont des poutres de fer creuses de 0,80 m de côté. Elles sont reliées par des pièces en treillis de fer cornières disposées en croix de Saint-André et par des traverses horizontales de même contexture formant avec les premières des panneaux de 12,50 m de hauteur. Jusqu'à 26 mètres, le montage « en porte à faux » put s'effectuer au moyen de simples bigues munies de treuils et sans le secours d'aucun échafaudage. Douze gigantesques pyramides en bois étayèrent ensuite les douze arbalétriers intérieurs, et quatre puissantes grues pivotantes de 12 mètres de portée, que l'on déplaçait progressivement le long des futures poutres de roulement des ascenseurs, hissèrent désormais les lourdes pièces, métalliques. Quant aux poutres transversales de 7,50 m de côté et 45 mètres de longueur, qui réunissent les quatre montants et leur servent en même temps de points d'appui, elles furent mises en place, partie à l'aide de quatre nouveaux échafaudages de 48 mètres de hauteur, partie par cheminement en porte à faux. Elles sont dissimulées par de nombreux accessoires et appliques purement décoratifs. Elles supportent un plancher qui est à 57,63 m au-dessus du sol, mesure 70,70 m de côté, 4200 m² de surface, et présente en son milieu un vaste trou béant. Trois restaurants et une salle de concert y sont installés dès l'origine; un promenoir couvert, de 983 mètres de développement sur 2,60 m de largeur, en fait le tour. Quant aux quatre arches monumentales qui s'ouvrent sur chaque façade, elles ne sont, nous l'avons dit, que des motifs d'ornementation; elles mesurent 39,40 m de hauteur sous clef de voûte et 74,24 m de corde. De la première à la troisième plate-forme, les montants sont constitués par les mêmes éléments légèrement modifiés. Leurs sections horizontales, quoique toujours carrées, vont en rétrécissant depuis 15 mètres jusqu'à 5 mètres de côté. Leurs arêtes sont dirigées suivant la courbe de plus grande résistance au vent; au nombre de 16 jusqu'à la deuxième plate-forme, elles se réduisent ensuite à 12, toutes extérieures, puis à 8. Cette seconde partie du montage s'effectua beaucoup plus facilement et sans échafaudages. Les mêmes grues fonctionnèrent dans des conditions analogues. Des relais, desservis par des locomobiles, furent seulement installés sur les plates-formes successives. La deuxième, supportée comme la première par un cadre de poutres en treillis, est à 115,73 m au-dessus du sol et est également entourée d'un promenoir de 2,60 m de largeur. Mais son plancher, de 1400 m², est continu. Le Figaro y tirait pendant l'Exposition une édition spéciale. La troisième est à 276,13 m; le public ne monte pas plus haut. La tour n'a plus que 10 mètres de largeur; mais une terrasse en encorbellement porte à 18,65 m le côté du plancher. Tout autour règne une galerie couverte d'où l'on découvre, derrière des châssis vitrés, un panorama féerique; par les temps très clairs, les lunettes qui y sont disposées permettent de découvrir des points distants de 90 kilomètres (forêt de Lyons, près de Rouen). Le centre est affecté à divers services. Au-dessus sont aménagées 6 petites salles. Trois constituaient l'appartement de Eiffel, qui y avait tout un ameublement avec piano, lustres Edison, cheminée à gaz, etc. (C'est aujourd'hui un musée-vitrine). Les trois autres étaient des laboratoires d'astronomie, de physique et météorologie, de microbiologie. Une terrasse à ciel ouvert fait le tour de l'étage (278,95 au-dessus du sol). Le campanile, dont la hauteur est celle
d'une maison à six étages, est formé par quatre arceaux
convergents en treillis, orientés suivant les diagonales de la section
carrée de la tour et portant à l'origine en leur point de
jonction le phare terminal. Sa lampe, alimentée par un courant de
100 ampères, avait une portée théorique de 200 kilomètres.
En réalité, la courbure de la terre ne permettrait de l'apercevoir
qu'à 85 kilomètres pour des points cotés 34 m (alt.
du Champ de Mars Une dernière plate-forme, de 1,40 de diamètre, que surmonte un paratonnerre dont on se servait jadis de hampe pour un drapeau de 50 m², occupe le sommet de la coupole du phare (ce qui donnait une hauteur totale à l'édifice de 312 mètres). Dès l'achèvement de la tour, de nombreux instruments de météorologie, construits par Richard, y constatait automatiquement les divers phénomènes atmosphériques. C'étaient deux thermomètres à maxima et à minima, un psychromètre, un hygromètre et un pluviomètre, simplement enregistreurs; un thermomètre, une girouette et deux anémomètres, transmettant par fils électriques leurs indications au bureau central météorologique de la rue de l'Université. Des antennes de radio ont commencé également à être installées dès 1901, et son utilité ainsi reconnue a sauvé la tour de la démolition à laquelle elle était promise à l'époque. D'autres antennes ont été ajoutés (parfois aussi retirées ou changées) au fils des ans, donnant à l'édifice une hauteur variable. Elle est aujourd'hui de 324 mètres. La terrasse sommitale restant, comme à l'origine, à 300,52 m au-dessus du sol, à 334,02 m au-dessus du niveau de la mer. Lors de l'achèvement de la tour
Eiffel, les autres monuments les plus élevés de la Terre
étaient : la Mole Antonelliana, à Turin L'ascension s'effectue soit par les escaliers,
soit par les ascenseurs. II y a de la base au premier étage, dans
chacune des piles. Est et Ouest., un escalier en zigzags de 1 m (360 marches),
du premier au deuxième, dans chacune des quatre piles, un escalier
hélicoïdal de 0,60 m (380 marches); ces six escaliers sont
accessibles au public; du deuxième au troisième, un unique
escalier hélicoïdal de 0,60m, interdit au public (1062 marches);
du troisième au phare, d'abord un escalier en partie hélicoïdal
(71 marches), puis 30 échelons dans une cheminée centrale
de 0,80 m de diamètre, du phare à la terrasse supérieure,
16 nouveaux échelons. En tout, y compris les 8 marches du soubassement,
1927 marches et échelons.
Le poids des fers et fontes de l'ossature de la tour est à sa construction de 7500000 kilogrammes. environ; mais son poids total, y compris les planchers, constructions, ascenseurs, etc., s'élève, nous l'avons dit, à 9 millions de kilogrammes. Le nombre des rivets est de 2 millions et demi, dont 800 000 ont été posés sur place. Toutes les pièces métalliques, au nombre de 12 000, ont donné lieu à autant d'épures, dont les éléments ont été calculés par logarithmes à 0,0001 m près. Elles ont été amenées des usines de Levallois-Perret à pied d'oeuvre, percées de tous leurs trous et entièrement terminées. Aucun ajustage, aucun alésage n'ont été nécessaires au cours du montage, qui n'a jamais occupé plus de 300 ouvriers. La dépense totale a atteint 6 500 000 F se répartissant ainsi : Fondations, maçonnerie, soubassement : 900 000 F;Gustave Eiffel avait reçu de l'État une subvention de 1 500 000 F et de la Ville de Paris |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.