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Architecture
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| Larmier.
- Moulure entaillée par-dessous de
façon à rejeter les eaux pluviales. Les Grecs
avaient soin d'entailler d'un canal carré le dessous des corniches
qui protègent leurs entablements;
l'eau de pluie ne pouvant remonter dans ce canal s'égouttait ainsi
à l'angle inférieur de la corniche au lien de couler sur
les frises, parements et colonnes,
et de pénétrer dans les joints de la construction. Les Romains
ont imité cette sage disposition; de plus, ils ne se sont jamais
fait scrupule de reproduire dans les intérieurs ce tracé
de monture qui y perd sa raison d'être.
Le larmier antique n'a pas été
adopté par les architectes romans; ils s'en passèrent d'abord,
puis, au XIIe siècle, un larmier
tout différent et mieux compris apparut à l'état rudimentaire,
se perfectionna vers 1190 et resta en usage, avec diverses variantes secondaires
de. tracé, jusqu'au triomphe de la Renaissance
Larmiers. Pour suivre le même tracé, les talus des larmiers sont bombés, et sous la gorge règne généralement une baguette. Au XIIIe et au XIVe siècles, les talus des larmiers redeviennent généralement droits, au peu bombés, pour mieux faire écouler l'eau, et, pour mieux l'arrêter, ils prennent un biseau anguleux. De la fin du XIVe siècle jusqu'au XVIe leurs talus se gondolent le plus souvent suivant un tracé analogue à une doucine atténuée; ce tracé peut, comme les coyaux des toits, servir à rejeter l'eau plus loin qu'une simple pente aiguë; d'autre part, il s'harmonise avec le système d'oppositions perpétuelles de courbes et contre-courbes qui constitue le style dit flamboyant. Les architectes gothiques avaient toujours soin de disposer des larmiers à chaque étage pour protéger les parements de leurs murs, et de protéger les voussures de leurs baies par des archivoltes en larmier. D'autre part, depuis le XIIIe siècle, ils prirent souvent comme les antiques l'habitude de reproduire à l'intérieur des édifices, par exemple aux tailloirs des chapiteaux, les larmiers qui n'y avaient plus d'utilité. Cependant, ils y sont moins nombreux et ils sont presque toujours décoratifs, la gorge du larmier gothique produisant une ligne d'ombre vigoureuse qui accuse fortement et généralement très à propos les lignes horizontales. (C. Enlart). |
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© Serge Jodra, 2007. - Reproduction interdite.