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Perspective
(du latin perspicere, voir clairement), art de représenter
sur une surface plane ou courbe les corps ou les objets, tels qu'ils paraissent
vus à une distance et dans une position données. Elle comprend
le dessin, c.-à-d. l'ensemble des lignes
qui déterminent le contour du tout et des parties, le clair-obscur,
qui en fait sentir le relief, et le coloris, qui en montre la véritable
apparence. Bornée au dessin, la perspective est dite linéaire,
et c'est la géométrie descriptive qui en fournit les règles;
quand les ombres ou les couleurs sont jointes au dessin , on la dit aérienne,
parce qu'elle a. pour objet la modification de la lumière et de
l'ombre en raison de la masse d'air qui se trouve entre le dessinateur
et l'objet qu'il représente. Dans une longue galerie, les lignes
de bâtiments, su lieu de demeurer pour l'oeil telles qu'elles sont
réellement, et d'être parallèles, semblent se rapprocher
l'une de l'autre à proportion de la distance où elles sont
du spectateur. Ces phénomènes sont ceux que la perspective
enseigne à reproduire. Elle donne aussi les règles de la
reproduction dès ombres portées par les objets, des figures
réfléchies, des raccourcis, des plafonds et des voûtes,
etc. Les tableaux peints en panorama sont
la plus saisissante application de la perspective linéaire et aérienne.
La perspective était connue des
Anciens. Le poète Eschyle, au rapport
de Vitruve, enseignait au peintre Agatharque
à mettre en perspective les décorations destinées
à ses tragédies : Agatharque fit même sur ce sujet
un traité, que Démocrite et Anaxagore
complétèrent; leurs écrits ne nous sont pas
parvenus. Les peintures d'Herculanum
et de Pompéi ,
les bas-reliefs, les médailles, prouvent
que la perspective était pratiquée chez les Romains. Mais
cette science n'a été poussée jusqu'à la perfection
que par les Modernes. Pietro del Bozzo, Albrecht Dürer,
Baldassare
Peruzzi, Guido Ubaldi, en ont donné les règles.
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En
bibliothèque. - D.
Barbaro, Prallica della prospettiva, Venise, 1559, in-fol.;
J. Cousin, Livre de perspective, Paris, 1560, in-fol.; André
Du Cerceau, Leçons de perspective, 1576, in-fol.; André
Alberti, Traité de Perspective, en allemand et en latin,
Nuremberg; 1623 et 1670, in-fol.; le P: Nicéron,
Perspective
curieuse, Paris, 1652; Abraham Bosse, Manière universelle
de M. Desarques pour pratiquer la perspective, 1648, 2 vol.; Ozanam,
Perspective théorique et pratique, 1711, in-8°; Amato, Nuova
pratica di Prospettiva, Palerme, 1730, in-fol.; Monge, Théorie
des ombres et de la perspective (dans sa Géométrie
descriptive); Valenciennes, Éléments de perspective
pratique, 2e édit., Paris, 1820, in-4°; Thibault, Application
de la Perspective linéaire aux arts du dessin, Paris, 1821,
in-4°; Ch. Normand, Parallèle des diverses méthodes
de Perspective, d'après les auteurs anciens et modernes, Paris,
1833, in-4°; les Traités de Perspective par Lavit et
par J.-B. Cloquet; les Principes de perspective linéaire
par Bouillon; la Nouvelle Théorie simplifiée de la Perspective
par Sutter, in-4°. |
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