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| Panorama
(du grec pan = tout, et orama = vue, spectacle), vaste tableau
circulaire, développé sur la paroi intérieure d'une
rotonde couverte d'un comble en coupole ou en cône; il imite tout
à fait l'aspect général d'une ville ou d'un site,
vu à tous les orients, et jusqu'aux profondeurs des lointains où
l'oeil cesse de rien distinguer. Les Panoramas sont des spectacles
de jour, éclairés par en haut, au moyen d'une grande zone
de vitres dépolies, ménagée dans la partie inférieure
du comble, et versant sa lumière spécialement sur le tableau.
Le spectateur est placé au centre de la rotonde, sur une tribune
ou galerie circulaire, qui est censée une tour, une colline ou une
éminence, et dont la hauteur est calculée de manière
que l'oeil du spectateur debout se trouve de niveau avec l'horizon du tableau.
Un vaste parasol, suspendu au comble, à 3 mètres environ
au-dessus de la tribune, la couvre entièrement et la déborde
de son demi-diamètre, de façon à ne point laisser
voir d'où vient la lumière, et à tenir le spectateur
un peu dans une pénombre. On arrive à cette tribune par des
corridors peu éclairés, afin de faire trouver plus brillante
!a lumière répandue sur la peinture.
Dans le même but, le parasol est d'un ton gris foncé, qui
contraste avec les tons lumineux du ciel. Le
parasol cache la lisière supérieure du tableau, et le diamètre
de la tribune cache la lisière inférieure, ce qui laisse
dans l'imagination du spectateur l'idée d'une profondeur immense.
Divers avant-corps en relief ou demi-relief relient, par l'effet de la
perspective, le plateau de la tribune aux premiers plans de la composition.
Les Panoramas sont peints à l'huile, sur une toile à tableau,
préparée à trois couches. Un fort cercle de bois retient
cette toile par en haut; elle s'enroule par en bas sur une immense bague
de fer, d'où pendent des poids qui rendent sa tension constante.
Un panneau de cette volée prenant toujours vers son milieu une courbure
convexe prononcée, la bague a un peu moins de diamètre que
le cercle; cela ramène un peu en avant la partie inférieure
de la toile, et diminue l'effet d'ombre qui s'y produit, le jour tombant
d'en haut.
Robert Barker, peintre de portraits
à Edimbourg L'année même où disparaissaient
les petits Panoramas du boulevard Montmartre, le colonel Langlois, peintre
de batailles, en entreprit un plus grand même que le dernier de Prévost,
et choisit le sujet de la Bataille de Navarin Les premiers panoramas étaient exécutés d'une manière un peu mécanique, et plusieurs de leurs effets les plus surprenants s'obtenaient, en partie, par des moyens étrangers à l'art du peintre. On peut croire avec toute vraisemblance, bien qu'on ne puisse pas l'affirmer, que les procédés employés pour le primitif Panorama de Paris, et probablement pour celui de Londres, furent les mêmes que Fulton dut indiquer à Prévost, et qui sont ceux-ci : sur une toile de canevas, on collait du papier qui, après un léger ponçage, recevait la peinture. Les tons du tableau se faisaient par une soixantaine de gammes de couleur, appliquées par bandes horizontales, à la manière des impressions du papier de tenture, puis la brosse fondait les deux nuances posées bord à bord. Les effets de jour, les accidents de lumière, les veloutés ou les tons chauds d'atmosphère s'obtenaient en couvrant la zone vitrée, alors en verres non dépolis, de couches plus ou moins transparentes de blanc, sur les points où cela semblait nécessaire. Mais afin que le contraste de cette lumière factice ne pût être remarqué du spectateur, il n'arrivait dans le Panorama que par de longs couloirs entièrement privés de jour, où la lueur crépusculaire de quelques petites lampes éclairait un peu les ténèbres. Aussi, pour voir ces Panoramas, il fallait un ciel très clair; et lorsque le temps devenait sombre ou qu'il y avait du brouillard, on fermait ou on n'ouvrait pas l'exposition. Ensuite les Panoramas Fulton-Prévost étaient toujours des vues prises à vol d'oiseau, ce qui dispensait des premiers plans, grande difficulté des Panoramas perfectionnés par M. Langlois, qui sont éclairés par la lumière naturelle uniformément tamisée à travers une vitre dépolie. Enfin, la convexité de la toile, que le Panorama actuel dissimule avec les seules ressources du pinceau, était un avantage dans les anciens Panoramas, parce que la courbure leur donnait des fuyants naturels, et des tons dégradés qui aidaient à la perspective, prise de si haut. Le tableau en Panorama est la plus grande
peinture, et, par sa facilité à être comprise, la plus
populaire que l'on ait jamais imaginée. Napoléon
1er étant
venu voir le panorama de Tilsitt, vers 1810 ou 1811, jugea aussitôt
que de pareils tableaux pourraient servir à populariser sa gloire
: il commanda qu'un projet lui fût présenté pour élever,
dans le grand carré des Champs-Elysées L'invention des Panoramas surpasse de beaucoup tout ce que les Anciens ont rapporté de leur grande peinture murale. Un tableau de 120 m de développement, sur 14 ou 15 de hauteur, comme ceux du colonel Langlois, exigerait 36 ans de la vie d'un artiste, s'il voulait l'exécuter seul; lorsqu'il a fait son étude et ses esquisses, il lui faut environ 14 mois, avec des auxiliaires, pour peindre le tableau à sa grandeur d'exécution. Quant à l'effet général, dû à une profonde entente de la perspective linéaire et aérienne, à un sentiment parfait de la couleur dans ses milliers de toits, Il est d'une telle puissance, que plus on regarde un Panorama, plus l'illusion augmente, plus on s'imagine avoir la réalité devant soi. (C. D-Y.). |
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| Panorama, nom donné
à l'édifice même dans lequel on expose un tableau en
panorama. C'est une rotonde, avec une tribune au centre pour les spectateurs,
ainsi qu'il vient d'être dit dans l'article précédent.
Les plus grandes et les plus belles rotondes de Panoramas ont été
faites à Paris,
aux Champs-Élysées Un autre Panorama, oeuvre de Daviout, sera construit en 1860. Il n'a qu'une rotonde, sans galerie extérieure ; ses dimensions sont celles du Panorama de Hittorff: il est couvert par une coupole en charpente, posant tout d'une volée sur les murs extérieurs, et sans point d'appui central. Cette charpente a été exécutée par M. Bellu. (C. D. -Y.). |
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