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Jacquemont
(Victor), voyageur né à Paris
le 8 août 1801, mort à Bombay
le 7 décembre 1832. Fils de Frédéric-François-Wenceslas
Jacquemont de Moreau (17571836), qui renonça à son titre
de noblesse après la nuit du 4 août, qui fit partie du Tribunat
en l'an VIII, devint directeur général de l'instruction publique
et encourut la disgrâce de Napoléon
pour sa participation au complot du général Mallet, Victor
fit de fortes études littéraires, suivit les cours de chimie
de Thénard et se consacra à la
botanique et à l'histoire naturelle. Il avait débuté
brillamment dans le monde, s'était lié avec La
Fayette, Mérimée,
Stendhal.
Une passion malheureuse le jeta dans un profond désespoir. Pour
l'en tirer, son frère le poussa vivement à voyager.
Jacquemont en 1826
s'embarqua pour l'Amérique ,
visita Haïti
et revint bientôt en France pour s'occuper des préparatifs
d'une mission scientifique en Inde que les administrateurs du Jardin du
Roi lui avaient confiée. Parti en août 1828, avec une subvention
insuffisante (6 000 F), il attendit vainement à Calcutta
durant sept mois un supplément de subsides qu'il avait sollicité
du gouvernement français. Il gagna l'amitié du vice-roi,
lord William Bentink et, grâce à son appui, put continuer
son voyage. Il parcourut l'Inde, explora l'Himalaya, pénétra
dans la Tartarie
chinoise, passa dans le Pendjab dont le roi Rundjet-Sing l'accueillit admirablement,
parcourut le Cachemire
et le Tibet
et, à peine de retour à Bombay ,
mourut soit des suites d'une attaque de choléra, soit, selon Bouillet,
d'une fièvre contractée en herborisant dans l'île empestée
de Salsette.
Guizot fit éditer
le journal de son Voyage dans l'Inde
(Paris, 1836-44, 6 vol. gr. in-4) qui abonde en renseignements géologiques,
géographiques, météorologiques, botaniques et zoologiques
et donne de curieux détails sur les moeurs, les institutions, les
langues, le commerce des pays qu'il a visités. Mais toute sa notoriété
lui vient de la publication de sa Correspondance (Paris, 1833, 2
vol. in-8, nombr. éd.) avec sa famille et ses amis. Ses lettres
écrites sans apprêt, d'un style vif et gai, révèlent
un esprit très fin et très compréhensif, des facultés
d'observation tout à fait remarquables. D'une lecture très
attachante, elles inspirent pour leur auteur des sentiments de sympathique
admiration auxquels sa mort prématurée n'est sans doute point
étrangère. (R. S.). |
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