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Fulvius

Marcus Fulvius Nobilior fut un des hommes les plus distingués de la noble famille romaine des Fulvia. On le voit commencer sa carrière politique par l'édilité, l'an de Rome 556. Préteur, en 559, il fut envoyé dans l'Espagne ultérieure : il y fit la guerre aux Vectons, aux Celtibères, etc., défit leurs armées, et prit un de leurs rois. Fulvius, en qualité de proconsul dans cette même partie de l'Espagne, eut de nouveaux succès, prit des villes, des forteresses, s'avança jusqu'à Tolède, ville petite alors, mais forte, en fit le siège et s'en rendit maître. Il fut récompensé par l'honneur du triomphe. 

Élu consul en 563, la province d'Étolie lui échut par le sort. Étant passé dans l'Epire, il se décida à faire le siège d'Ambracie, ville qui tenait pour les Étoliens, ennemis des Romains. Cette place était défendue par la nature et par l'art : le consul, après en avoir fait la contrevallation, l'attaqua de cinq côtés, et en battit les murs avec le bélier. Les assiégés se défendirent par des sorties, et par tous les moyens que peut fournir l'industrie humaine. Des Étoliens au nombre de cinq cents, avec leur chef, parvinrent à s'introduire dans la ville. Ils firent une sortie, et attaquèrent les ouvrages des Romains avec des torches enflammées et des matières combustibles; mais ils furent vigoureusement repoussés, et contraints de rentrer dans la place. Les assiégeants avaient fait avec le bélier des brèches à plusieurs endroits des murs, sans pouvoir s'ouvrir un passage. Le consul imagina de s'introduire dans la ville par un souterrain. Des monceaux de terre subitement élevés devant les travaux des Romains, firent soupçonner aux assiégés qu'il se faisait quelque excavation. Ils déjouèrent ce moyen par une espèce de contremine, et rendirent la tentative des assiégeants inutile. Les choses en étaient là , quand les Étoliens qui se trouvaient avoir plusieurs ennemis sur les bras, firent prier le consul de leur accorder la paix. 

Les députés des Athéniens et des Rhodiens sollicitaient pour eux. Amynander, roi des Athamaniens, s'était rendu à ce sujet dans le camp de Fulvius. Il prenait intérêt surtout aux Ambraciens. Il les pressa de se rendre aux Romains, et de se remettre entre les mains du consul : ils y consentirent. Fulvius dicta aux Etoliens de sévères conditions de paix. Ils se virent forcés de les accepter. Le sénat ensuite les ratifia. Les Ambraciens firent présent au consul d'une couronne d'or du poids de cent cinquante livres. Il réduisit aussi à l'obéissance file Céphalonie, sans trouver de résistance que dans Samos, qui soutint un siège de quatre mois. Fulvius avait dans AEmilius Lépidus, qui fut consul deux ans après lui, un ennemi capital. A l'instigation de ce dernier, des députés d'Ambracie vinrent accuser le proconsul devant le sénat, d'avoir porté la guerre dans leur patrie, au mépris de la paix; de l'avoir ruinée par l'incendie et le pillage; d'avoir mis eu captivité leurs femmes et leurs enfants d'avoir enlevé les statues de leurs dieux, etc. Flaminius, collègue d'AEmilius au consulat, prit lui-même la défense de Fulvius, et déclara qu'il ne souffrirait pas qu'on décidat rien en l'absence du proconsul.

Fulvius revint d'Étolie; et après avoir rendu compte au sénat, de ce qu'il avait fait pendant son commandement, il demanda que le triomphe lui fût décerné. Un tribun, partisan d'AEmilius, s'opposa à sou tour à ce que le sénat statuât sur la demande de Fulviu , pendant que le consul était dans son département. Tibérius Gracchus, tribun lui-même, s'éleva avec tant de force contre l'opposition de son collègue, qu'il se désista; et Fulvius eut l'honneur du triomphe. En 573, il fut élu censeur avec AEmilius Lépidus. Les principaux du sénat, sentant l'effet que l'animosité vive et ancienne de ces deux magistrats, devenus collègues, pouvait produire, se rendirent en grand nombre au Champ-de-Mars, où venait de se faire l'élection : Q. Caecilius Métellus prit la parole, et les conjura d'abjurer , dans le temple même de Mars, une inimitié qui pourrait être plus fâcheuse pour la chose publique que pour eux-mêmes; de souffrir qu'on unît par une réconciliation sincère, ceux qu'avaient unis les suffrages du peuple romain, etc. Vaincus par les accents patriotiques de Métellus, par le concert de toutes les voix qui ne formaient qu'un venu pour leur réconciliation, Fulvius et AEmilius se donnèrent la main, protestant que leur haine était finie. On croit que la concorde régna entre eux pendant leur magistrature. Fulvius fit élever des monuments publics, construire un port, une basilique, un forum, etc. L'histoire n'apprend pas ce qu'il fit dans la suite, ni comment il finit sa carrière. (Q-R-y).

Fulvius Flaccus (M.). - Consul en 125 av. J.-C., seconda les tentatives des Gracques, fit exécuter la loi agraire et voulut faire obtenir à tous les peuples d'Italie le droit de bourgeoisie. 

Cité devant le peuple avec C. Gracchus par le consul Opimius pour rendre compte de sa conduite (121), il refusa de répondre, et s'empara du mont Aventin; mais il y fut poursuivi et égorgé avec un de ses fils par ordre du consul.

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