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La
Découverte et l'exploration de la région de la Plata.
C'est en l'année
1515
que le pilote espagnol Juan Diaz de Solis découvrit
l'estuaire du rio de la Plata, danslequel il pénétra le premier.
Sébastien
Cabot, quelques années plus tard, en commença la reconnaissance
(1527),
et exécuta lui-même ou fit exécuter la première
exploration des fleuves Uruguay, Parana, Paraguay et Vermejo. Ainsi fut
de bonne heure reconnu sommairemernt le systèrne hydrographique
du Rio de la Plata; quant à l'intérieur des terres, son exploration
ne commença qu'après la fondation de Buenos Aires
d'où partirent, au XVIe
et au XVIIe
siècle, quelques reconnaissances à
main armée.
Dans la première
moitié du XVIIIe
siècle, toutefois, on ne possédait
guère encore que des notions plus ou moins précises sur le
littoral atlantique de la future république Argentine, sur les deux
fleuves Parana et Paraguay, et sur les deux grandes routes postales faisant
communiquer la colonie espagnole avec le Pérou
et le Chili .
En 1750,
des reconnaissances topographiques, exécutées sur la partie
supérieure de l'Uruguay et du Parana, commencèrent à
préciser des notions qu'augmentèrent encore les travaux dela
commission constituée par suite du traité de Saint-Ildefonse
(1777)
pour délimiter les possessions de l'Espagne
et du Portugal
en Amérique .
Don Félix de Azaca fit alors beaucoup progresser la connaissance
du pays arrosé par le haut Uruguay, l'Iguaçu, le haut Parana
et le Paraguay. Mais les parties les plus proches de la mer restèrent
encore à peine étudiées.
Alcide
d'Orbigny commença, dès l'année 1826,
à combler cette lacune par ses travaux sur la partie sud-est de
la province de Buenos Aires ,
et, en 1832,
parut une bonne description du Gran Chaco. Enfin, l'année 1854
marque le début d'un ensemble de travaux topographiques sur l'intérieur
de la république Argentine. Martin de Moussy, Burmeister, Brackebusch,
Paz Soldan, étudient successivement le pays et ajoutent chacun aux
travaux de ses prédécesseurs des données nouvelles
très précieuses, tandis que le Moreno entreprend (à
partir de 1873)
l'étude de la partie orientale de la Patagonie
unie à la république Argentine.
La Confédération
de la Plata.
L'histoire politique
du pays n'a évidement pas attendu qu'on en achève la connaissance
géographique. La région de la Plata, fut d'abord comprise
dans la vice-royauté du Pérou ,
et fit ensuite partie de la vice-royauté du Rio de la Plata, érigée
en 1778.
Une insurrection éclata à Buenos-Aires
en 1810
contre la domination de la métropole, et les troupes espagnoles
furent battues en 1811
à Las Piedras par les Gauchos, nom sous lequel on désignait
les habitants des campagnes de ces régions. L'indépendance
fut définitivement proclamée dans un congrès réuni
à Tucuman en 1816.
La république prit en 1817
le nom de Provinces unies de l'Amérique
du Sud, et plus tard celui de Confédération Argentine. Une
constitution analogue à celle des Etats-Unis
fut promulguée à Buenos-Aires en 1819.
Mais, à peine née, cette république fut déchirée
par les tendances opposées des deux partis fédéraliste
et unitaire, tomba dans une complète anarchie.
Le général
Rosas, homme énergique, plein de ruses et de subtilités,
fut élu gouverneur général de la Confédération
en 1329,
et y fit prévaloir le régime fédéral. Maître
absolu du pouvoir, il réprima avec une sanglante violence l'opposition
unitaire. Il conclut en 1840
un traité avec la France ,
dont les nationaux avaient été lésés dans leurs
intérêts par le chef de la république argentine, et
qui défendait, contre lui l'indépendance de l'Uruguay .
Mais ce traité resta infructueux, et Rosas résista aux efforts
réunis de la France et de l'Angleterre
contre ses vues de domination exclusive sur les rives de la Plata. Il signa
un traité particulier avec l'Angleterre en 1849.
Le général Urquiza, gouverneur de la province d'Entre Rios.
s'allia en 1851
avec le Brésil
et l'Uruguay pour renverser Rosas, qui, vaincu à Monte Caseros en
1852,
fut réduit, après 22 ans de dictature, à se réfugier
à bord d'un vaisseau anglais.
Un congrès,
assemblé à Santa Fé, promulgua en 1853
une constitution qui laissa à chaque province constitution propre,
établit un congrès fédéral composé d'un
sénat et d'une chambre des députés, et institua un
président, élu pour six ans, chef du pouvoir exécutif.
Le général Urquiza fut élu président cette
même année 1853.
Mais la province de Buenos Aires
se sépara de la confédération pour former un Etat
indépendant, et la confédération Argentine ne resta
composée que de treize provinces, avec Bajada del Parana pour capitale.
Urquiza a signé,
le 10 juillet 1855,
avec la France ,
l'Angleterre
et les Etats-Unis
un traité garantissant la liberté de la navigation du Rio
de la Plata. La guerre éclata de nouveau en 1859
entre la Confédération et l'Etat de Buenos Aires .
Urquiza défit l'armée de cet Etat, et un traité de
paix, appelé Pacte d'union, consacra la rentrée de la province
de Buenos Aires dans la Confédération d'Argentine. Les habitudes
d'indépendance et de vie nomade entretinrent les factions dans cette
république. Le sénat de la Confédération, assemblé
à Buenos Aires,décida, en 1862, de différer de trois
ans le choix d'une nouvelle capitale. Pendant ce temps, les autorités
nationales ont dû continuer à résider à Buenos
Aires, dont le statut de capitale fut définitivement adopté
au terme de ce délai.
La République
argentine.
La république
Argentine qui, depuis le traité de Montevideo de 1890
avait vu sa frontière avec le Brésil
fixée dans le territoire des Missions occidentales aux rios San
Antonio (sous-affluent du Parana par l'Iguaçu) et Peperi Guassu
(affluent de l'Uruguay), s'est trouvée, depuis la décision
arbitrale du 20 novembre 1902,
pourvue d'une frontière définitive du côté du
Chili .
A cette date, le roi de Grande-Bretagne
et d'Irlande ,
mettant fin au conflit interminable engendré par le contesté
chilo-argentin, a donné aux deux républiques hispano-américaines
leur frontière au sud du 40° degré de latitude. Cette
frontière, d'une manière générale, ne passe
ni par la ligne de partage des eaux, ni par celle des plus hauts sommets,
et la plupart des bassins hydrographiques réclamés par l'un
ou l'autre des deux Etats sont partagés entre eux; des 92 000 kilomètres
carrés en litige, les 37 000 dévolus à l'Argentine,
situés surtout dans le Nord, à l'Ouest des sources du Chubut,
sont de fertiles pâturages, présentant une plus réelle
valeur que les flancs montagneux couverts de forêts attribués
au Chili, et couvrent précisément les districts où
cette république a déjà commencé les travaux
de colonisation.
Après règlements
de frontière avec le Brésil
à propos du pays des Missions, et avec le Chili
à propos de la Patagonie; l'Argentine se trouve occuper 2 806 520
kilomètres carrés, sur lesquels le recensement de 1901 a
reconnu la présence de 4 045 000 habitants., dont seulement 30 000
Indiens. Là-dessus les nationaux, les Argentins, c'est-à-dire
les gens nés dans le pays, quelle que soit la nationalité
de leurs pères, comptaient pour 2 950 000, les personnes nées
en Amérique
autre part que dans l'Argentine pour près de 20 000, les Italiens
pour près de 500 000, les Espagnols
pour près de 200 000, les Français
pour 94 000, les Anglais pour 22 000,
les Allemands pour 17 000, etc. |
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