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Le Pérou
fut découvert en 1527 par Francisco
Pizarro; c'était un riche et puissant empire indien du Tihuantin-Suyu
(empire des quatre régions), avec deux capitales: Cuzco
au centre et Cajamarca au Nord (populations Yunga sur la côte, Cañaris
dans le Nord, Aymara dans le Sud et Quechua, au centre et, par infiltration,
sur la majeure partie du territoire); il était gouverné par
des chefs ou rois appelés Incas, ce
qui était à la fois un titre et le nom d'une population.
Pizarro en prit possession, au nom de "S. M. Catholique", en 1534.
En 1814, la ville de Cuzco se souleva,
et les insurgés proclamèrent l'indépendance de leur
pays, mais ce ne fut qu'après une lutte de dix années (1824),
et grâce au concours du général argentin don J. de
San Martin, de l'amiral Cochrane (1820)
et des généraux vénézueliens Sucre
et Bolivar, qu'ils s'emparèrent du vice-roi
Lacerna et chassèrent les Espagnols. Le Callao ne tomba en leur
pouvoir qu'en 1826.
Le
Pérou précolombien.
Avant l'arrivée
des Européens, le Pérou formait
un vaste empire qui, suivant les traditions péruviennes, avait eu
pour fondateur et pour législateur L'inca
Manco-Capac, vers le commencement du XIIe
siècle. Manco Capac fonda Cuzco
et y établit sa capitale. Le pouvoir des souverains incas était
absolu; ils étaient à la fois rois et souverains spirituels.
Toutes les terres étaient la propriété de l'empereur,
qui les répartissait entre les habitants suivant leurs besoins.
Il existait une noblesse instruite et un clergé nombreux. Les professions
étaient héréditaires, l'industrie et l'agriculture
florissantes. Des tisserands fabriquaient de magnifiques étoffes
de laine, qu'ils teignaient de couleurs vives et que d'autres ouvriers
brodaient; des artisans travaillaient l'or, l'argent, le plomb, le cuivre
avec tant d'art qu'ils en arrivaient à faire en métal des
jardins factices; mais ils ne savaient pas fondre le minerai de fer; des
potiers confectionnaient des vases de formes
bizarres, souvent doubles, ornés de personnages en relief et de
peintures. Les agriculteurs construisaient des murailles pour retenir la
terre sur les pentes des montagnes et amenaient l'eau dans des aqueducs
pour arroser leurs plantations.
Dans l'empire
des Incas, le calendrier était connu, et les fonctionnaires
communiquaient avec le souverain au moyen de quipus, cordelettes
de différentes couleurs, munies de noeuds. Les morts étaient
inhumés dans des monuments souterrains avec tout ce qui leur avait
appartenu; les personnages étaient embaumés. Les Péruviens
rendaient un culte au Soleil .
Les Incas ou empereurs étaient considérés comme les
fils du dieu solaire, qui avait pour épouse la Lune; mais, au-dessus
de ces divinités, se plaçait Pachacamac ,
le créateur de toutes choses.
La
conquête et la colonisation espagnoles.
Si grande que fût
leur puissance, les Incas n'avaient pas conquis
toutes les tribus des montagne. C'est après le règne de Huayna
Capac, mort en 1525,
que commence la décadence des Incas. Celui qui allait être
le dernier empreur inca, Atahualpa, était
engagé dans une guerre contre son frère Huescar, lorsque
les Espagnols, qui avaient découvert
le Pérou en 1526,
en firent la conquête sous la conduite de Pizarro
et d'Almagro. Atahualpa fut mis à mort,
et les Espagnols demeurèrent en 1533
maîtres du pays, qui devint une vice-royauté espagnole.
L'Espagne
tira du pérou une énorme quantité d'or, d'argent et
de métaux précieux. Le général argentin San
Martin, qui avait renversé la domination espagnole au Chili ,
occupa Lima en 1821
et proclama l'indépendance du Pérou, qui fut consolidée
en 1824
par les victoires de Bolivar à Junin,
et de Sucre à Ayacucho .
Mais ce pays, à peine libre et indépendant de sa métropole,
devint le théâtre de dissensions intestines qui amenèrent,
en 1825,
sa scission en deux républiques séparées, celle du
Haut-Pérou, qui prit le nom de Bolivie ,
et celle du Bas-Pérou, qui conserva le nom de république
du Pérou.
Le
Pérou indépendant.
Le général
Orbegoso, élu président de la république en 1833,
appela à son secours contre une insurrection, en 1835,
le général Santa Cruz, président de la Bolivie ,
qui défit les révoltés dans deux batailles et réunit
le Pérou et la Bolivie en une confédération. Le Pérou
forma, dans cette confédération, dont Santa Cruz fut élu
protecteur, deux Etats séparés, l'Etat Nord Péruvien
et l'Etat Sud-Péruvien. Attaquée par le Chili ,
la confédération perdit la bataille de Yungay en 1859.
Santa Cruz vaincu fut précipité du pouvoir, et le Bas-Pérou
redevint une seule république, qu'aucun lien n'attacha plus à
la Bolivie.
Le pays prospéra
de 1845
à 1851
sous la présidence du général Castilla, dont le successeur,
le général Echenique (1851-1855),
le laissa retomber dans l'anarchie. Une révolution et une victoire
remportée à Palma, près de Lima, en 1855,
renversèrent le gouvernement d'Echenique et replacèrent a
la tête de la république le général Castilla
qui, proclamé président de nouveau en 1858,
promulgua une nouvelle constitution en 1860.
Un différend s'étant élevé, en 1864,
entre l'Espagne
et le Pérou, à l'occasion de réclamations pécuniaires
auxquelles le gouvernement péruvien refusait de faire droit, une
escadre espagnole prit possession, à titre de gage, des îles
qui fournissent le guano; mais le cabinet de Madrid
se déclara prêt à rendre ce gage, dès qu'il
aurait obtenu la satisfaction réclamée. Elle lui fut accordée
par le vice-président Pezet (1863-1865)
(28 janvier 1865).
Alors, le colonel Prado s'insurgea, s'allia au Chili
et infligea des pertes sérieuses à l'escadre espagnole qui
bombardait le Callao
(2 mai 1866).
Le colonel Balta (1867-1872)
favorisa les travaux publics et fut assassiné. Don Prado administra
pacifiquement (1872-1876).
Le colonel Prado
(1876-1579)
soutient la Bolivie
dans son conflit avec le Chili ,
au sujet des gisements de salpêtre d'Antofagasta. Le Chili déclare
la guerre aux deux alliés (2 avril 1879),
s'empare de l'escadre péruvienne, bat l'armée péruvienne
à Dolorès. Prado s'enfuit. Pierola saisit la dictature (23
décembre 1879).
Mais le Chili défait les alliés à Tacna (26 mai 1880),
équipe un corps expéditionnaire qui, vainqueur à Chorillos
(13 janvier 1881)
et Miraflores (15 janvier), entre à Lima (17 janvier). Après
une période d'anarchie, le général Iglesias réorganise
le pouvoir, signe la paix (19 octobre 1883)
et cède au Chili, par le traité d'Ancon (8 mars 1884),
le département de Tarapaca et la possession provisoire de Tacna
et Arica. Le général Cacérès s'insurge, obtient
la présidence (1886-1890).
Les Présidents Bermudez (1880-1894),
Cacérès (1894-1895),
renversé par Pierola (1895-1900),
le président Romana (1900)
maintiennent l'ordre et relèvent peu à peu le pays, ruiné
par la guerre du Pacifique.
Aux termes du traité
d'Ancon, qui avait mis fin à la guerre du Pérou avec le Chili ,
il avait été posé qu'un vote populaire devait décider,
en 1894,
auquel des deux pays ces deux provinces devaient finalement appartenir
; mais on n'avait pu se mettre d'accord, à l'époque prévue,
sur le modus operandi, de sorte que le vote avait été différé.
Le 16 avril 1898,
une convention fut signée à Santiago, en vue de cette consultation
populaire; mais la Chambre des représentants du Chili
la repoussa deux ans plus tard. Le gouvernement péruvien estimait
que ses nationaux devaient seuls voter, tandis que le Chili exigeait le
vote de tous les habitants. Celui des deux pays à qui devaient échoir
les deux provinces devait payer à l'autre 10 millions de soles (ou
1 million de livres sterling), que le Chili, par un arrangement avec la
France ,
consentit à porter à 14 millions de soles, dans le but de
donner satisfaction aux réclamations des créanciers du Pérou.
De cette façon, si le plébiscite venait à favoriser
le Chili, le Pérou ne perdrait pas seulement ses deux provinces,
il serait privé de la compensation prévue par le traité
d'Ancon; la suspension des relations diplomatiques entre les deux gouvernements
fut la conséquence de ce différend.
Le Pérou a
eu à la même époque d'autres difficultés de
frontière : avec l'Equateur
qui furent soumises à un arbitre; avec le Brésil ,
qui le furent au président de la république Argentine ,
un arrangement n'étant pas intervenu d'autre manière avant
la date fixée du 12 juillet 1905.
Il s'agissait ici d'immenses forêts.
Le président
de la république, élu en juin 1904,
fut José Pardo. |
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