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Berengario (Jacopo), dit Bérenger de Carpi, anatomiste  né à Carpi vers 1470, mort à Ferrare le 24 novembre 1530. Son père, qui exerçait la chirurgie, lui donna les premières leçons. Reçu docteur en médecine et en philosophie à Bologne, il professa la chirurgie dans cette ville de 1502 à 1527. Il se livrait en même temps avec ardeur à l'anatomie. Dans ses Isagogae breves perlucidae ac uberrimae in anatomiam humani corporis a communi medicorum academia usitatae (Bologne, 1522 et 1523, in-4 ; Venise, 1535, in-4), qu'il dédie à son protecteur, le seigneur Albert Pio de Carpi, il se vante d'avoir disséqué plusieurs centaines de cadavres. Vers la même époque, il dut quitter Bologne, poursuivi, disent les uns, par l'Inquisition en raison de certaines doctrines émises par lui sur la génération; accusé, disent les autres, d'avoir disséqué des hommes vivants; cette accusation est absurde et il faut s'étonner que Falloppio (De Morbo Gallico, c. 76) s'en soit fait l'écho. Berengario séjourna, paraît-il, à Rome où il gagna des sommes considérables à traiter la syphilis par les frictions mercurielles, dont il fut, sinon l'inventeur, du moins l'un des premiers propagateurs. Il passa ensuite à Ferrare et à sa mort légua par testament, au duc Hercule Il, 40 000 écus, sans compter l'argent monnayé, comme nous l'apprend Falloppio qui ajoute assez irrévérencieusement : 
« Et c'est ainsi que l'eau va toujours à la mer. »
Dans son ouvrage sur les fractures du crâne : Tractatus perutilis et completus de fractura cranei (Bologne, 1518, in-4 ; Venise, 1535, in-4; Leyde, 1629, 1651, in-8), Berengario décrit avec beaucoup de soin les signes de ces fractures. Mais c'est surtout comme anatomiste qu'il se signale; B. Eustachi le regardait comme l'un des premiers restaurateurs de l'anatomie; et Haller a confirmé cette opinion. Il ne se contente pas de commenter Aristote et Galien comme ses prédécesseurs et même ses contemporains; il veut que l'on vérifie les assertions des auteurs, que l'on dissèque morts ou vivants des animaux d'espèce différente, de sexes différents; qu'on ne se borne pas à l'étude de l'animal à l'état adulte, mais qu'on l'examine à l'état foetal, parce qu'à cette période on voit certains organes simples dont on ne retrouve plus que des vestiges à l'époque du complet développement. C'est en somme une des premières tentatives d'anatomie comparée et d'embryologie

Berengario, entre autres découvertes, a vu que la moelle épinière s'arrête à la deuxième vertèbre lombaire; il a reconnu les deux cartilages aryténoïdes; il a vainement cherché chez l'humain le rets mirabile, la cavité du nerf optique, les sept loges de l'utérus; il a vu l'eau injectée dans les vaisseaux du rein ressortir par des caroncules ou corps mamelonnés; il a décrit les sinus frontaux , etc. Toutes ces découvertes se trouvent indiquées dans Commentaria cum amplissimis additionibus super anatomiam Mundini una cum textu ejusdem, etc. (Bologne, 1521, 4552, in-4). Malgré son style un peu barbare et prolixe, Berengario doit être considéré comme l'un des auteurs les plus originaux de la Renaissance. Un autre de ses mérites, c'est d'avoir popularisé l'usage des figures anatomiques, figures sur bois très grossières, il est vrai, mais qui n'en constituent pas moins une innovation heureuse. (Dr L. Hn).

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