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Arnauld
(Antoine). - Avocat du XVIe siècle,
issu d'une noble et ancienne famille d'Auvergne ,
né à Paris
en 1560, mort en 1619, se fit recevoir avocat au parlement de Paris, et
honora sa profession par son éloquence et sa probité. Henri
IV voulut l'entendre, et le nomma avocat général et conseiller
d'État. Il prononça en 1594 un plaidoyer, devenu fameux,
en faveur de l'Université contre les jésuites
(imprimé à Paris et à Lyon, 1594-95), et rédigea,
en 1602, un Mémoire au roi pour empêcher le rappel
de cette compagnie (imprimé en 1602 et 1610, in-8). Il a composé
aussi un assez grand nombre de pamphlets
politiques. Antoine Arnauld eut 22 enfants, dont plusieurs se sont illustrés.
Il restaura le monastère de Port-Royal-des-Champs ,
dont sa fille, la mère Angélique, fut supérieure. |
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Arnauld d'Andilly (Robert).
- Fils aîné de l'avocat Antoine Arnauld, né à
Paris
en 1589, mort en 1674, parut de bonne heure à la cour et n'y fit
usage de son crédit que pour rendre service. A l'âge de 55
ans, il quitta le monde pour se retirer à Port-Royal ,
où il se livra aux lettres et au jardinage. Il a composé
un grand nombre d'ouvrages de piété et a donné des
traductions estimées des Confessions
de Saint Augustin, 1649; des Vies des
PP. du désert, 1653; de l'Histoire des Juifs de Josèphe,
1667-68; des Oeuvres de Sainte Thérèse, 1670. Il a
laissé des Mémoires sur sa vie, publiés en
1734 (et dans la collection de Mémoires de Petitot, 1824),
ainsi qu'un
Journal, qui n'a paru qu'en 1857. Il fut père
de Simon Arnauld, marquis de Pomponne, ministre sous Louis
XIV.
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Arnauld
d'Andilly, par Philippe de Champaigne
(1650).
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Arnauld (Antoine).
- Célèbre théologien, le 20e
des enfants de l'avocat Antoine Arnauld, né à Paris
en 1612, se fit recevoir docteur en théologie
en 1641, et fut attiré au Jansénisme
par Saint-Cyran. Il commença à se faire connaître par
le traité De la fréquente communion, 1643, ouvrage
dicté sans doute par une piété ardente, mais rempli
d'exagération; il s'engagea bientôt dans les querelles sur
la grâce, prit parti pour Jansénius,
publia deux Apologies de cet évêque,
1644 et 1645, et écrivit à ce sujet plusieurs pamphlets
qui le firent censurer par la Sorbonne
et exclure de la faculté de théologie, 1656. Alors il alla
s'enfermer à Port-Royal
il y resta douze ans; c'est dans cette retraite qu'il composa, soit seul,
soit avec Nicole, Lancelot, Pascal, ses amis,
ces ouvrages de théologie, de logique,
de métaphysique, de grammaire,
de
géométrie, qui firent la réputation
de la société dont il était l'âme.
De retour à Paris en 1668, lors
de la paix de Clément IX il résolut,
afin d'éviter de nouvelles disgrâces, de tourner ses armes
contre les Calvinistes ( Calvin,
Protestantisme ),
et publia avec Nicole, le célèbre traité de la
Perpétuité de la foi; mais l'attachement qu'il gardait
au Jansénisme
le rendant suspect, Louis XIV donna l'ordre
de l'arrêter. Il fut quelque temps obligé de se cacher à
Paris, puis il se réfugia à Bruxelles, où il continua
à combattre les Protestants, et où il eut de vifs démêlés
avec le ministre Jurieu. En 1683, il s'engagea dans une nouvelle lutte,
et attaqua la doctrine du P. Malebranche
sur la grâce et sur la vision en Dieu .
Il mourut en 1694, dans les bras du P. Quesnel. Les Jansénistes,
dont il était le plus ferme appui, l'ont surnommé le grand
Arnauld. A la fin sa vie et pendant son exil, Nicole lui exprimait
le désir de se reposer de leurs luttes perpétuelles :
"Vous
reposer! lui dit-il, eh! n'avez-vous pas pour vous reposer l'éternité
entière?"
Arnauld a prodigieusement écrit; les
divers ouvrages qu'il a publiés ne forment pas moins de 135 vol.
On les a réunis en 48 tomes in-8, Lausanne, 1775-83, avec une Vie
de l'auteur. Les principaux de ses ouvrages, outre ceux que nous avons
déjà cités, sont : la Grammaire générale
et raisonnée, faite avec Lancelot, 1660; l'Art de penser,
fait avec Nicole, 1662, ouvrages destinés aux écoles de Port-Royal ;
plusieurs volumes de la Morale pratique des jésuites, 1669-1694,
8 vol. in 12; Réflexions sur l'éloquence des prédicateurs,
1695; Objections sur les Méditations de Descartes;
Des
vraies et des fausses idées (contre le système de Malebranche),
1683. On a aussi de lui une Instruction sur la Grâce, ouvrage
posthume (1700) , que l'Église mit à l'Index . |
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Arnauld (Angélique),
dite
la Mère Angélique de Ste-Madeleine. - Fille de
l'avocat et soeur du théologien, 1591-1661, fut abbesse de Port-Royal
à 14 ans, se fit de bonne heure remarquer par la force de son caractère,
rétablit l'esprit sévère de l'institut de S. Bernard,
et dirigea à la fois le monastère
des Champs et celui de Paris .
Elle laissa une grande réputation de savoir et de piété;
mais, dirigée par Saint-Cyran, elle épousa avec chaleur la
cause du Jansénisme .
Ses Lettres ont été publiées à Utrecht ,
1712.
Elle eut pour coadjutrice la Mère
Agnès, sa soeur, 1593-1671, qui eut à subir de dures,
persécutions pour son attachement au Jansénisme ,
et à qui l'on doit : l'image de la religieuse parfaite, 1665,
et les Constitutions de Port-Royal. P. Faugère a publié
un recueil fort intéressant de ses Lettres, 1858.
Leur nièce, la Mère Angélique
de St-Jean (1624-1684), a laissé quelques écrits, publiés
par Dom Clémencet en 1760, et a eu part
à la rédaction du Nécrologe de Port-Royal. |