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Tlaloc

Tlaloc ou Tlalocateuctli est le dieu aztèque de la pluie et du tonnerre. Il était en même temps maître du séjour des morts nommé Tlalocan. On le qualifiait des titres de fécondeur de la terre, de protecteur des biens temporels. Il passait pour habiter le sommet des hautes montagnes, régions où se forment les nuages, et c'était là qu'on allait l'implorer. 

Les historiens aztèques racontent que, lorsque les Alcolhuas arrivèrent sur le plateau d'Anahuac, durant le règne de Xolotl, premier roi des Chichimèques, ils trouvèrent sur le sommet du mont Tlaloc une représentation de ce dieu taillée dans une pierre blanche assez légère; elle représentait un homme assis sur un socle carré, regardant vers l'orient, ayant à ses pieds un vase que l'on remplissait de gomme élastique et de toutes sortes de semences. Chaque année on renouvelait cette offrande, comme remerciement des récoltes obtenues. 
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Tlaloc, dieu mexicain.
Tlaloc, dieu de la pluie.
(Codex Ixtlilxochitl).

Les représentations de Tlaloc.
L'effigie du mont Tlaloc, considérée comme la plus ancienne de la contrée, avait été dressée par les Toltèques. Elle demeura en ce lieu jusqu'au commencement du XVIe siècle, époque à laquelle Nezahualpilli, roi d'Alcolhuacan, voulant conquérir l'amour de ses sujets, la remplaça par une autre taillée dans une pierre noire très dure. La nouvelle statue ayant été mutilée par la foudre, et les prêtres ayant déclaré que c'était là une vengeance du dieu, l'ancienne fut réédifiée et demeura en place jusqu'au jour où elle fut brisée par ordre du premier évêque de Mexico, Zumarraga, indigné du nombre d'enfants annuellement sacrifiés à cette figure de pierre, nombre que, dans une lettre, il évalue à vingt mille!

Les signes les plus caractéristiques des idoles qui représentent Tlaloc sont des yeux ronds, entourés d'un cercle figurant des lunettes. Un relief, en forme de moustaches, surmonte leur bouche et se prolonge parfois en un appendice nasiforme. De leurs lèvres sortent des dents ordinairement au nombre de quatre, longues, courbes et aiguës. Leurs mains, levées à la hauteur de la tête, semblent lancer la foudre et déchaîner les eaux. Le dieu brandit parfois un serpent, image de l'éclair.

On a recueilli quantité de statuettes en terre cuite de ce dieu, dans les grottes de la sierra de Songolica, et, sur la couronne bordée de perles dont elles sont coiffées, se voit la croix dont la présence sur plusieurs des monuments du Mexique intrigua si fort les anciens missionnaires, et qui est un des attributs de Tlaloc quelquefois usurpé par Quetzacoatl. Les missionnaires, dans cette rencontre, crurent voir une preuve que le christianisme avait été déjà prêché aux Indiens, et saint Thomas passa pour avoir découvert l'Amérique avant Colomb. Dans un savant et judicieux mémoire sur une croix trouvée à Teotihuacan, Hamy a clairement démontré de quelle façon un des attributs de Tlaloc, destiné à figurer la pluie, a pris peu à peu, sous le ciseau des sculpteurs, la forme du signe révéré des chrétiens.

Dans les manuscrits idéographiques, l'image de Tlaloc est peinte de vert et d'azur, afin de représenter les diverses nuances de l'eau. Elle est armée d'une baguette d'or roulée en spirale et terminée par une pointe aiguë, comme représentation de la foudre. Tlaloc possédait, sur le sommet du grand temple de Mexico, une chapelle aussi importante que celle de Huitzilopochtli, à laquelle elle faisait pendant. 

Les compagnons de Tlaloc.
Pour les historiens modernes, ce n'était pas Tlaloc seul qui habitait les montagnes, mais une multitude de dieux subalternes nommés Tlaloques. Néanmoins les appellations Apozonalotl (onde écumeuse); Atlacamani (tempétueux); Ayauh (onde capricieuse), etc, désignent, semble-t-il, Tlaloc lui-même, qualifié par la désignation des différents états du liquide qu'il gouvernait; ces qualifications s'appliquaient également à sa soeur ou compagne, la déesse Chalchiuitlicue.

Les fêtes. Le culte.
On fêtait ce dieu plusieurs fois l'an, par des cérémonies complexes et des sacrifices humains, d'enfants surtout. Le cimetière  découvert par Désiré Charnay à 4000 mètres d'altitude, sur un des versants du Popocatepetl, et dans lequel ne se trouvent que des os d'enfants, est considéré par Hamy comme le lieu de sépulture des jeunes victimes immolées à Tlaloc.

La grande fête de Tlaloc se célébrait le 22 mars, à l'équinoxe du printemps; on la commençait même dix jours auparavant. On lui sacrifiait « de pauvres enfants tenus en cage comme de petits oiseaux »; de là, les prêtres se rendaient à la lagune de Citlatepetl, située à quelques kilomètres de Mexico, afin de couper les joncs destinés à parer les autels. Durant ce trajet, ils avaient le droit de s'emparer des vêtements et des marchandises que portaient ceux qu'ils rencontraient, même lorsqu'il s'agissait de tributs appartenant au roi. Ce jour-là encore, les prêtres qui, durant l'année, avaient manqué à leurs devoirs, étaient plongés et maintenus sous l'eau jusqu'à ce qu'ils perdissent connaissance.

Lorsqu'on était prêt à faire la moisson, chaque propriétaire prenait dans son champ une poignée de maïs et l'offrait à Tlaloc, avec un breuvage fait de grain et de copal, gomme précieuse qu'on employait aux encensements des statues.

Les eaux n'étaient pas sous la dépendance exclusive de Tlaloc, mais aussi sous celle de Chalchihuitlicue, désignée, de son côté, sous une multitude de noms peignant les divers états de l'eau. Sur le mont Tlaxcala, cime autour de laquelle se forment les orages qui viennent fondre sur la ville de Puebla, se dressait un temple dédié à cette déesse, invoquée surtout le jour de la naissance des enfants. (L. Biart).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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