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Barth (Heinrich),
voyageur né à Hambourg le 16 février
1821, mort à Berlin le 25 novembre 1865. Fils d'un négociant aisé, il
commença ses études dans sa ville natale et vint les achever à Berlin,
où il étudia la philologie sous la direction de Boeckh
et la géographie générale avec Karl Ritter.
Dès sa jeunesse son penchant pour les études géographiques se manifesta.
Le bassin de la Méditerranée l'attirait principalement; en 1840, il voyageait
déjà en Italie
et en Sicile .
De retour à Berlin, il obtenait le titre de docteur en 1844 avec la thèse
: Corinthiorum commercii et mercaturae historiae particula. L'année
suivante, Heinrich Barth partit pour un voyage de trois ans autour de la
Méditerranée ,
expédition dont il avait conçu le projet depuis plusieurs années. Il
se rendit au Maroc
en passant par la France
et l'Espagne ;
de là , il longea la côte de l'Afrique du Nord, traversa la Régence de
Tunis ,
la Tripolitaine, l'ancienne Cyrénaïque,
la Basse-Égypte, la Palestine et la Syrie, et revint en Allemagne après
avoir visité Chypre ,
Istanbul et les îles de la Grèce.
Il n'a paru qu'une partie de la relation de ce voyage sous le titre de
: Wanderungen durch das Pünsiche und Kyrenasische Küstenland (Berlin,
1849).
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Heinrich
Barth.
En 1849, sur la proposition de Ritter
et de C. Bunsen, le gouvernement anglais lui ayant
offert de prendre part à l'expédition que James
Richardson et d'Adolf Overweg étaient sur
le point d'entreprendre en Afrique, Heinrich Barth accepta avec enthousiasme.
Le but principal de ce voyage était l'abolition de la traite des escalves
et l'établissement de relations commerciales avec l'Afrique centrale.
L'expédition partit de Tripoli le 2 avril
1850. Le 6 mai elle atteignait Mourzouk
où les voyageurs séjournèrent plus d'un mois. De là ils se dirigèrent
vers l'Aïr, contrée qu'aucun Européen n'avait encore visitée. Après
avoir été retenus pendants quatre mois à Tintellust par un chef indigène,
ils arrivèrent à Agadès, capitale de l'Aïr, à la fin de l'année 1850.
Là ils se séparèrent en se donnant rendez-vous à Kouka
pour le mois d'avril 1851. Richardson mourut
le 4 mars, à quelques journées de Kouka. Arrivé dans cette dernière
ville, Heinrich Barth qui n'avait presque plus de ressources fut bien reçu
par le sultan du Bornou
( L'exploration de l'Afrique ).
Overweg rejoignit Heinrich Barth le 7
mai, après avoir visité Sakatou. Les voyageurs se séparèrent de nouveau,
Barth se dirigea vers l'Adamaoua avec une escorte fournie par le sultan.
Pendant un mois, il parcourut d'immenses forêts et après avoir traversé
le Binoué, affluent du Niger, il visita Yola, capitale de l'Adamaoua.
Le 22 juillet il était de retour à Rouka, où il retrouvait Overweg.
Pendant plus d'une année, ils explorèrent le Bornou et les contrées
voisines. Overweg, dont la santé avait été
très éprouvée par le climat humide et chaud du Soudan, mourut en septembre
1852. Barth restait seul pour achever l'entreprise dont il n'avait été
d'abord qu'un auxiliaire; son courage et sa robuste constitution lui permirent
de mener à bonne fin, à travers de nombreux dangers, cette tâche difficile.
Ayant reçu de nouveaux subsides du gouvernement
anglais, Heinrich Barth se décida à reprendre son chemin vers des régions
inconnues. Après avoir envoyé ses papiers en Angleterre, il quitta Kouka
le 25 novembre1852, arriva à Sakatou en avril et atteignit Tombouctou
le 7 septembre 1853. Pendant plus d'un an on fut sans nouvelles de lui
et le bruit de sa mort courut. Un de ses compatriotes, Vogel,
fut envoyé à sa recherche. Arrivé à Kouka en décembre 1853, il y apprit
que Barth venait de quitter Tombouctou, après y avoir séjourné près
d'un an, et qu'il se dirigeait vers Kouka en descendant le Niger jusqu'Ã
Say et en passant par Sakatou et Kano .
Le 1er décembre 1854, Heinrich Barth rencontrait
Vogel, le premier Européen qu'il eût vu depuis plus de deux ans. Ayant
passé l'hiver à Kouka, il se prépara à rentrer en Europe; il quittait
la capitale du Bornou en mai pour arriver à Marseille en septembre 1855,
après une absence de près de six ans. Il se rendit aussitôt à Londres
pour préparer la relation de ses voyages qui parut simultanément en anglais
et en allemand sous le titre de Voyages et Découvertes dans le Nord
et le Centre de l'Afrique (5 vol., nombr, illustrat. et cartes).
«
C'est sur lui seul qu'est retombée la charge de dérouler devant l'Europe
le long récit de cette prodigieuse exploration, la mieux remplie sans
contredit de toutes celles qu'a enfantées notre époque. Aussi la relation
n'a-t-elle pas demandé moins de 5 gros volumes. » (Vivien de Saint-Martin).
En 1866 a paru sous son nom : Sammlung.
centralafricanischer Vocabularien. (L. Leriche). |
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Barth-Hamating
(Hermann von), naturaliste et voyageur né au château d'Eurasburg (Bavière)
le 15 mai 1845, mort à Loanda (Luanda ,
Angola )
le 7 décembre 1876. Il étudia le droit et servit dans l'administration
et se fit tout d'abord connaître par un travail sur les Alpes bavaroises
: Aus den nördlichen Kalkalpen, etc. (Gera, 1874). Il étudia l'histoire
naturelle à Munich, sous Zittel, et fut reçu docteur en philosophie,
en 1875. Son ouvrage intitulé : Ostafrika vom Limpopo bis zum Somali-Land
(Leipzig, 1875, in-8), attira sur lui l'attention du gouvernement portugais
qui le chargea d'une mission scientifique dans ses colonies de l'Afrique
occidentale. Il entreprit, en mars 1876, le voyage de Loanda et envoya
à ce sujet un article au journal Ausland, d'Augsbourg ,
sous le titre de Angola-Fahrt. Le 30 juillet ilse mit en route pour
explorer l'intérieur de la colonie et pénétra jusqu'à Duque de Braganza,
le point extrême de la colonie au Nord-Est. Malgré la fièvre qui le
dévorait, il continua jusqu'à Mamboulou et à la suite de difficultés
avec les indigènes revint à Dando, d'où il descendit sur un vapeur le
fleuve Kwanza jusqu'Ã Luanda; il se suicida,
dit-on, dans un accès de fièvre chaude, mais, selon d'autres, il fut
la victime d'un assassinat. (L. Hn). |
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