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Rue
Saint-Augustin (anc. Rue Neuve-Saint-Augustin), à Paris .
- Cette rue du IIe'arrondissement
relie la rue de Richelieu à
l'avenue de l'Opéra. Elle a été
ouverte en 1650, et se terminait alors à la rue de Gaillon; elle
renfermait de grands hôtels, dont les jardins se prolongeaient jusqu'au
boulevard des Italiens : hôtel de Gramont, détruit en 1726
pour ouvrir la rue de même nom; hôtel de Gesvres, habité
par une famille qui a donné à Paris presque tous ses gouverneurs;
hôtel Desmarets, où est mort le fameux contrôleur général;
hôtel de Lorges, bâti par le fermier général
Frémont et vendu par le maréchal de Lorges à la princesse
de Conti, fille de la Vallière : sur son
emplacement a été ouverte la rue La Michodière; enfin
l'hôtel d'Antin ou de Richelieu. Ce dernier avait été
bâti en 1707 par le financier Lacour-Deschiens; il fut acheté
en 1713 par le duc d'Antin, fils de madame de Montespan,
et devint en 1737 la propriété du duc de Richelieu, si renommé
par sa dépravation, ses basses complaisances pour Louis
XV et les éloges de Voltaire. Ce
seigneur y fit faire de grands embellissements et construire, avec le produit
de ses pillages dans le Hanovre, un pavillon qui existe encore sur le boulevard,
au coin de la rue Louis-le-Grand; il y mourut en 1788, âgé
de 92 ans. Cet hôtel, où, pendant la révolution, on
donna des fêtes publiques, fut vendu sous le Directoire; sur l'emplacement
des jardins on ouvrit les rues de Hanovre et de Port-Mahon, qui rappellent
les campagnes du duc de Richelieu; la maison devint la propriété
d'une compagnie financière et a été détruite
au XIXe siècle pour prolonger la
rue d'Antin. Dans la rue Saint-Augustin a demeuré et est mort en
1692 Tallemant des Réaux, l'auteur des historiettes sur les règnes
de Louis XIII et de Louis
XIV. Au nº 55 est mort en 1824 Girodet.
(Th.
Lavallée). |
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