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Rues et monuments de Paris
Rue Marcadet
Rue Marcadet, à Paris  (XVIIIe'arrondissement). - Cette rue relie la rue Ordener (angle de la rue Stephenson) à l'avenue de Saint-Ouen (Métro Guy-Môquet), au-delà de laquelle elle se prolonge par la rue de la Jonquière. Elle date du XVIIe  siècle. La partie Ouest, entre l'avenue de Saint-Ouen et la rue du Ruisseau, s'appelait le chemin des Boeufs. Ce chemin des Boeufs se prolongeait jusqu'au boulevard Bessières. En 1856, tout le chemin des Boeufs prit le nom de rue Marcadet, et en 1890 on lui a retranché la partie qui s'étend à l'Ouest de l'avenue de Saint-Ouen et qui est devenue la rue de La Jonquière. Le nom de Marcadet vient d'un lieudit : la Mercade à la Chapelle, ou du mot Mercadius désignant un marché.

N° 38. Façade ornée d'un médaillon (vierge à l'enfant), à l'angle de la rue des Poissonniers.

N° 71. Emplacement de l'hôtel Labat (remplacé par un bloc immeubles modernes). Ce n'était pas, comme on l'a dit, la maison dite de la Couronne de France. Jean Bidus, écuyer, fut adjudicataire en 1694, comme créancier privilégié de Michel Gelée, plâtrier. A la mort de Jean Bidus, la maison passa à Pierre Bouclier, mercier. En 1742, les héritiers de ce dernier vendent à Eloi Houssu, marchand bouclier. En 1757, la veuve de ce dernier vend à J.-B. de Beaucousin, officier des gentilshommes du prince de Conti. Son épouse, dame Rosalie Guéret, le vend à Jeanne Charpin qui en reste propriétaire jusqu'en 1782. Elle le revend à Pierre Lefèvre, conseiller du roi, qui passe déclaration à Pierre Brasdor, chirurgien des armées, qui vend en 1794 au citoyen Gorisse. A sa mort en 1797, sa fille Julie, qui avait épousé Jean Labat, devint propriétaire. Son fils, Achille Labat. L'Hôtel Labat, dont il ne reste plus rien, était occupé encore au début du XXe siècle par un externat de jeunes filles, dirigé par Mme Véron.

N° 75, à l'angle du passage Ramay. Appartenait à la fin du XVIIIe siècle au sieur Mathagon, receveur général des domaines. Vendu en 1816, par Pierron de Montdésir à Mme veuve Delaborde. Devint une institution de jeunes filles, dirigée par Mme d'Arembole, veuve de Michel de Tretaigne. Au premier étage, parquets et cheminées en marbre rose de l'époque Louis XIV.

N° 101. Emplacement de la maison seigneuriale de Clignancourt. L'abbaye de Saint-Denis avait vendu la terre et la seigneurie de Clignancourt en 1569 à Jacques Liger qui mourut en 1581. Son fils, Jacques Il Liger, lui succéda et ce fut lui qui fit son manoir d'une maison acquise de l'abbesse de Montmartre, Marie de Beauvilliers, manoir qui s'élevait ici. Jacques II Liger mourut en 1620. Sa soeur aînée, Marie Brisard lui succéda. (Sa soeur Geneviève fut la grand-mère du maréchal Catinat).  Après Marguerite Brisard, la seigneurie de Clignancourt passa à l'un de ses fils, Julien, abbé de Saint-Prix, qui demeurait à Saint-Germain-des-Prés. Son neveu Claude Brisard, conseiller au Parlement, lui succéda. L'abbé de Saint-Denis, qui était alors le cardinal de Retz, lui en retira la possession en 1666 et revendit la seigneurie à l'abbesse de Montmartre en 1669. Par suite de cette vente, la prévôté de Clignancourt, qui appartenait primitivement aux religieux de Saint-Denis, fut remise à celle de l'abbaye de Montmartre. Jusqu'à l'époque de la Révolution, la seigneurie de Clignancourt ne cessa d'appartenir à l'abbaye de Montmartre (Françoise-Renée de Lorraine, Marie-Anne d'Harcourt, Marie de Bellefond, etc.). Les dames de Montmartre louèrent l'ancienne maison des Liger à différents particuliers; elles la réparèrent en 1787. Bien national en 1792 et adjugé à Etienne Basset, plâtrier. Le manoir fut racheté en 1808 par M. de Romanet, et son fils le vicomte de Romanet le possédait encore en 1861. Remplacé vers 1880 par des immeubles modernes.

N° 103. Tourelle, peut-être d'un ancien colombier, à l'angle de la rue du Mont-Cenis, ou peut-être un moulin dépendant de la manufacture de porcelaine de Clignancourt.

N° 110. Emplacement d'une propriété et d'un hôtel disparu qui en 1706 appartenait à Mlle de Watteville, et en 1711 à Philippe Le Roux, conseiller du roi.

N° 110. Rue Lapeyrere (1902). Nom du propriétaire, entrepreneur. Cette rue a été percée sur l'emplacement de l'hôtel de Tretaigne.

N° 112. Rue de Trétaigne (1902). Nom en mémoire du baron Michel de Trétaigne, chirurgien des armées (1780-1865) et propriétaire de l'hôtel sur l'emplacement duquel la rue a été ouverte.

N° 112. Emplacement de l'hôtel de Trétaigne démoli en 1904. Cet hôtel, dit la maison de la Boule d'Or, était formé de deux maisons distinctes réunies en 1736 entre les mains des héritiers de Jean Chevenot. La propriété tout entière fut adjugée en 1759 à Marie Goguelet qui la vendit en 1768 à Marie-Anne Feraudy, épouse séparée de biens du comte d'Artanne, écuyer. Elle la céda en 1771 à Agirony de Corsé, comte du Saint-Empire et grand maître des eaux et forêts de la principauté de Bouillon. Celui-ci transforma la propriété qui devint une folie qui fut vendue en 1788 au sieur Hubert Thory, demeurant rue Meslay, l'un des douze marchands de vins privilégiés du roi, qui mourut en 1809. La propriété fut vendue à la requête de son fils Thory de Lafosse, commissaire des guerres, à Louis-François Cordier, régent de la Banque de France (1811), qui mourut en 1817. Elle resta indivise jusqu'en 1837. Vendue en 1839 au baron Michel, maire de Montmartre et ancien médecin principal des armées du premier Empire, mort en 1865. Son fils, Michel de Trétaigne, historien de Montmartre, y mourut en 1876. Sa veuve y habita ensuite, ainsi que son gendre le marquis de Courcival. Démoli (1904). On notera les ornementations du premier étage de l'immeuble actuel.

N° 117. Rue Cyrano-de-Bergerac (1902). Nom en l'honneur de l'écrivain (1616-1(365) que la pièce d"Edmond Rostand a tiré de l'oubli, à défaut de lui rendre justice. Cette rue possède un escalier, qui monte en direction de la rue Francoeur. Juste après celui-ci, au 3, s'ouvre la rue Jules-Jouy (1902) qui doit son nom au chansonnier montmartrois (1855-1897). Les maisons de ces deux rues ont été construites avec des matériaux provenant de l'ancien Palais de l'Industrie.

N° 125. Rue Diard. Autrefois sente du Beau-Mur en 1843. Doit son nom aux anciennes carrières de M. Diard. Elle aussi a un escalier côté rue Francoeur.

N° 143. Rue de la Fontaine-du-But

N° 159. Rue des Cottages, qui doit son nom aux petites villas qui la bordaient encore au début du XXe s.

N° 178. Rue Achille-Martinet (1881). Nom en mémoire du graveur A. Martinet, membre de l'Institut (1806-1877).

N° 190. Passage des Cloys. Son nom vient d'un lieu dit des Cloys. Cet étroit passage qui mène à la rue Montcalm est assez curieux.

N° 197-199. Polyclinique Henri de Rothschild. Se partage aujourd'hui en divers établssements médicaux (clinique Paris-Montmartre, cabinet de radiologie, etc).

N° 212, angle de la rue Eugène-Carrière. Emplacement de la Hutte-aux-Gardes, qui était le lieu d'habitation des gardes-chasses des remises et garennes royales de Montmartre et de la plaine Saint-Denis. Cette maison était déjà indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort de 1672 sous le nom de logette du garde-chasse. Elle appartint à l'abbaye de Montmartre depuis le commencement du XVIIIe siècle jusqu'à la Révolution. Saisie comme bien national elle fut mise en vente en l'an IV.

N° 205. Rue  Carpeaux (1880). Nom en l'honneur du sculpteur (1827-1875). Au 12 était une caserne monumentale de pompiers (1901). Au 2 est situé l'hôpital Bretonneau (1898) qui doit son nom au médecin Pierre Bretonneau (1771-1862). On a inauguré en 1907 le square Carpeaux qui se trouve situé entre les rues Carpeaux, Marcadet et de Joseph-de-Maistre. Dans le square se trouve la statue de la Montmartroise due au sculpteur Camel (1907).

N° 235. Rue Coysevox (1889). Nom en l'honneur du sculpteur (1640-1720).

N° 239. Rue d'Oslo, inaugurée en 1907 (elle portait alors le nom de rue de Christiania, de l'ancien nom de la capitale norvégienne)..

N° 233. Rue de Joseph-de-Maistre. (F.de Rochegude).

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Dictionnaire Villes et monuments
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