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Dictionnaire
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| La Nouvelle-Orléans
(New Orleans). - Ville des États-Unis Le quartier français ou créole, appelé « Vieux Carré», est séparé par la grande voie commerciale Canal Street de la ville nouvelle ou quartier américain, situé au Sud-Ouest du quartier créole et dont les plus belles habitations se trouvent dans l'avenue Saint-Charles, parallèle au fleuve. Le « Vieux carré » a longtemps été presque exclusivement habité par des créoles, c.-à-d. par des descendants des colons français, nés en Amérique. La langue française (cajun) y est encore répandue. Les édifices, et dans une bien moindre mesure, les moeurs, les coutumes y ont conservé le caractère des premiers habitants, Français et Espagnols, Les principales rues y portent les noms de Chartres, Royal, Bourbon, Dauphine, Rampant, Marais, Ursulines, Dumaine, La Harpe, Lapérouse, d'Abadie, Aubry, Carondelet, Esplanade, La Fayette, La Force, Libéral, Ferdinand, Montégut, Clouet, etc. On retrouve là les façades en stuc blanchies à la chaux, les jalousies, les portes cochères, les arcades, les balcons, des anciennes villes d'Espagne ou de la France méridionale, le tout encadré d'une végétation tropicale aux fleurs élégantes. Les maisons sont de construction légère, en bois ou en briques. Les édifices publics reposent sur des pilotis enfoncés de 20 ou 25 m dans le sol. L'intérieur de la ville est sillonné de canaux dérivés du bayou Saint-John. A l'Est de la ville, les rues principales sont : l'avenue La Fayette, l'avenue Saint-Bernhart et les Elysian Fields (= Champs-Elysées). toutes voies perpendiculaires au fleuve, près duquel leurs extrémités se rapprochent. La disposition en échiquier est à peu près complète dans le quartier français, entre l'avenue Saint-Bernhard et la rue du Canal. Le quartier neuf ou américain présente l'aspect d'un grand éventail ouvert dont la poignée est la jonction des rues Julia et Carrollton, et dont les branches sont les rues se dirigeant vers les divers points de la courbe convexe du Mississippi. Les principales de ces voies sont l'avenue Tulane, la rue Melpomène, la route de la Félicité, les avenues Washington, Toledano, Louisiana, Napoléon, le parc de l'Exposition, et enfin, tout à l'Ouest, l'avenue Carrollton. Ces voies sont coupées par une grande quantité de rues parallèles au fleuve dont elles reproduisent la courbe; les principales sont les avenues Prytania, Saint-Charles, Clayborne et Broad. C'est dans ces quartiers du Sud-Ouest que se trouvent les maisons les plus élégantes, entourées de plantations d'orangers, de jasmins, de magnolias, etc. Les principaux édifices publics
hérités des siècles passés, cathédrale
de Saint-Louis (construite de 1792 à 1794 dans le style hispano-créole),
douane, poste, hôtel de ville, archevêché (un vieux
couvent d'ursulines), Bourse des produits, Bourse du coton, Bourse du sucre,
Monnaie, Grand Opéra, Académie de musique, tribunaux (cabildo
espagnol), salle des Odd Fellows La ville possède d'assez nombreux squares ornés de statues de personnages célèbres, un petit nombre de jardins, le City Park au Nord (60 hectares), l'Exposition Park à l'Ouest, longue et étroite bande de terrain boisée qui s'étend du fleuve à près de 4 kilomètres dans l'intérieur, des cimetières, qui sont une des curiosités de La Nouvelle-Orléans, les corps y reposant non sous terre, mais dans des tumuli ou mounds, monticules artificiels, parce que le sol est trop marécageux pour que l'on y puisse creuser des tombes : Cypress Grove Cemetery, près de City Park, Greenwood Cemetery, où un monument a été élevé à des soldats confédérés; dans la rue Esplanade, de vieux cimetières français. A 8 kilomètres au Nord de la vieille ville s'étend le lac Pontchartrain, long de 65 kilomètres sur 40 de large. Le bayou Saint-John s'y jette. Au Nord-Ouest se trouvent les jardins, dits Carrollton Gardens. La Nouvelle-Orléans a dû sa
prospérité et son développement à sa magnifique
position commerciale qui, dès le commencement du XIXe
siècle, attirait le long de ses quais les produits de toute la vallée
du Mississippi, même des régions riveraines de l'Ohio. Il
est vrai que ces produits étaient encore peu importants, et la brillante
période de l'ancienne métropole de la Louisiane française
a été celle du prodigieux développement de la culture
du coton et de l'expansion de l'esclavage dans le Sud des États-Unis La Nouvelle-Orléans a été
fondée en 1748 par Jean de Bienville, gouverneur du petit établissement
français qu'il avait lui-même créé depuis 1690
à Biloxi. En 1721, elle fut élevée au rang de capitale
de la Louisiane, alors que cette colonie, livrée à la compagnie
du Mississippi, venait de servir aux spéculations de Law (1717-21),
puis de passer à la Compagnie française des Indes. La ville
ne se développa que très lentement. Elle fut cédée
par la France à l'Espagne, avec la partie de la Louisiane située
à l'Est du Mississippi, en 1763 après la guerre de Sept ans.
Les habitants s'organisèrent en gouvernement autonome et ne reconnurent
qu'en 1769 la juridiction espagnole. En 1800, le traité de Saint-Ildefonse
rétrocéda La Nouvelle-Orléans à la France,
qui vendit, en 1803, la Louisiane aux États-Unis |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.