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La Guerre de Sécession II - L'encerclement du Sud |
| Le
blocus des côtes
Le gouvernement fédéral eut,
dès le début des hostilités, une supériorité
de forces maritimes si marquée sur la Confédération
qu'il fut en mesure, non seulement de déclarer le blocus des côtes
de la région insurrectionnelle, mais de rendre en peu de temps ce
blocus effectif, sur une étendue totale de plus de 3 000 milles.
Tous les phares et fanaux avaient été éteints par
les confédérés eux-mêmes depuis la baie de Chesapeake
jusqu'aux frontières du Mexique.
Un grand nombre de bâtiments de
Jefferson Davis avait envoyé en Europe, en qualité de chargés d'affaires de la Confédération du Sud, l'un à Paris, l'autre à Londres, deux hommes qui avaient embrassé avec ardeur la cause de la sécession, Slidell, ancien sénateur pour la Louisiane, et Mason, ancien plénipotentiaire des États-Unis en France. Ces agents s'étant embarqués le 7 novembre 1861 à la Havane sur un paquebot anglais le Trent, une frégate fédérale, le San Jacinto, capitaine Wilkes, arrêta le lendemain 8, le Trent en pleine mer, et l'officier nordiste vint enlever de force les représentants de la sécession du bâtiment britannique. L'acte audacieux du capitaine Wilkes suscita dans le Nord un grand enthousiasme; son auteur fut félicité par le Congrès et promu commodore. En Angleterre, naturellement, l'impression fut aussi vive, mais dans l'autre sens. Un cri unanime d'indignation s'éleva contre l'insulte faite au pavillon national; le gouvernement réclama la reddition des prisonniers et une réparation, et commença de formidables préparatifs de guerre, qui ne coûtèrent pas moins, assure-t-on, de 300 millions de F. Les autorités de Washington ne pouvaient courir le risque de voir la lutte contre les rebelles du Sud se doubler d'une guerre avec l'Angleterre. Comme cette puissance réclamait les prisonniers en vertu du droit des neutres, que les États-Unis avaient constamment soutenu contre la Grande-Bretagne elle-même, le gouvernement fédéral prit le parti de céder. Mason et Slidell furent mis en liberté le 1er janvier 1862. Ce danger d'une intervention active de
l'Angleterre écarté, le blocus des côtes des États
confédérés devint plus rigoureux de jour en jour.
Les croiseurs du Nord capturèrent un grand nombre de steamers appartenant
à des négociants et à des armateurs du Sud et chargés
de riches cargaisons. D'autre part, bien que la neutralité adoptée
par les puissances européennes rendit très difficile l'armement
et le ravitaillement des bâtiments du Sud qui entreprenaient la course,
quelques-uns de ces derniers, le Nashville, le Sumter, l'Alabama
et le Florida, commencèrent à infliger de grandes
pertes au commerce du Nord.
Pour entraver l'industrie très active
des bâtiments violateurs de blocus (blokaderunners), les escadres
du Nord cherchèrent à fermer l'accès des ports en
coulant dans les passes de vieux bâtiments chargés de pierres;
ce procédé, employé notamment devant Charleston et
Savannah, ne fut pas aussi efficace qu'on l'avait espéré,
les coques étant emportées peu à peu par le courant.
Bombardement des défenses de Charleston par les premier croiseurs cuirassés. On revint au système des expéditions mi-partie terrestres et maritimes. En février 1862, Burnside avec 12 000 hommes entra dans les baies intérieures de la Caroline du Nord, enleva les forts élevés sur l'île de Reanoke, théâtre de l'infructueux essai de colonisation de Raleigh, et occupa sur la côte Elizabeth City et Edenton. De février à avril, Burnside s'empara encore de New Bern, de Beaufort et du fort Macon. En mars, le commodore Dupont s'empara de plusieurs places sur les côtes de la Géorgie et de la Floride, notamment de Fernandina, dans l'île Amelia, et Saint-Augustine, la plus ancienne ville des États-Unis. Le 10 avril, le général Sherman faisait capituler le fort Pulaski, à l'entrée de la baie de Savannah. Le Mississippi. Le Sud cerné La plus importante de ces expéditions
fut celle qui eut pour objectif la Nouvelle-Orléans.
De formidables ouvrages, deux forts, une chaîne portée par
des pontons et barrant la largeur du fleuve, en arrière de cette
ligne, des brûlots, des canonnières cuirassées, commandaient
le cours du Mississippi Le 18, les bâtiments fédéraux ouvrirent le feu contre les deux forts; le 25, Farragut avec cinq corvettes et neuf canonnières s'élança à toute vapeur contre les obstacles, brisa la chaîne, parvint en amont des forts, et, après un combat acharné, détruisit la flottille confédérée. Continuant sa route vers la Nouvelle-Orléans, Farragut menaça la ville du feu de ses canons. Nulle résistance ne fut tentée, mais le général sudiste, Lowell, ne voulant pas capituler, se retira sur Jackson, après avoir brûlé les magasins d'approvisionnements et 1 200 balles de coton. Butler débarqua et occupa la ville le 27 avril; les deux forts, dont la résistance devenait inutile, se rendirent. Ces faits se passaient quelques jours après la bataille de Pittsburg Landing alors qui, les canonnières sudistes tenaient encore Memphis. La flottille fédérale remonta le Mississippi, prit Bâton-Rouge, capitale politique de la Louisiane, et fut arrêtée par Port Hudson du côté du Sud comme les canonnières fédérales l'étaient à peu près dans le même temps du côté du Nord par Vicksburg. Les places de Vicksburg et de Port Hudson
étant très fortes, il ne pouvait être question de les
enlever par un coup de main. Elles exigeaient un siège en règle
qu'on ne put entreprendre que plus tard; les confédérés
restèrent maîtres de la partie du Mississippi L'évacuation de Corinth (30 mai) et la retraite de Beauregard vers Richmond semblaient ouvrir aux fédéraux les deux États du Mississippi et d'Alabama, outre celui du Tennessee dont ils pouvaient se croire maîtres. Cependant la place n'était pas vide. Braxton Bragg, successeur de Beauregard, organisait une nouvelle armée dans le Tennessee oriental; Price, Van Dorn et Lowell rassemblaient des corps épars de confédérés dans le Nord du Mississippi. Depuis juillet 1862, Halleck n'était plus à l'armée de l'Ouest. Le gouvernement de Washington l'avait appelé pour lui conférer le grade de général en chef de toutes les forces de terre et de mer (11 juillet). Le général Grant lui succéda sur le Mississippi; ses lieutenants étaient les généraux Schofield, Sherman, Rosecrans et Buell. Au moment où Grant, ayant bien en main ses troupes reposées et tous les corps reconstitués, se disposait à prendre la route de Vicksburg, Braxton Bragg sortant de son immobilité, envahit subitement le Kentucky et s'avança vers le Nord jusqu'à Francfort (capitale politique du Kentucky). Buell réussit à lui couper la retraite en s'établissant sur ses derrières, Braxton Bragg, presque cerné à Perryville (8 octobre 1862), se fraya un chemin après un combat qui dura tout le jour et rentra dans les montagnes de l'Est du Tennessee. Quatre jours avant la bataille de Perryville, Rosecrans repoussait à Corinth (4 octobre 1862) une attaque des chefs sudistes, Price, Van Dorn et Lowell. Les armées régulières du Sud cessèrent quelque temps de tenir la campagne dans l'Ouest, mais elles laissaient derrière elles des corps de partisans commandés par des chefs d'un indomptable énergie, Morgan, Forrest, Van Dorn, Wheeler, qui harassaient l'armée nordiste et jetaient la terreur dans les régions restées fidèles du Kentucky, du Tennessee et du Missouri. Souvent dispersées, les bandes se reformaient immédiatement pour porter un peu plus loin leurs déprédations. A la fin de 1862,
la situation était déjà devenue très grave
pour la sécession. Dans le voisinage de la capitale fédérale
seulement, l'équilibre des forces respectives ne semblait pas s'être
sensiblement modifié, non plus que celui des positions stratégiques.
Les confédérés occupaient la Virginie depuis l'embouchure
du Rappahannock à l'aile droite jusqu'aux défilés
des Alleghanies (Appalaches) à l'aile gauche, couvrant Richmond,
capitale de la sécession. Devant eux se déployait l'armée
fédérale, ayant à dos le Potomac et la capitale de
l'Union. Partout ailleurs les forces nordistes avaient fait d'énormes
progrès : toutes les côtes bloquées, un grand nombre
de points occupés, la Nouvelle-Orléans
reconquise; dans le grand espace entre les Appalaches |
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