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| Arrière-plans | ||
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La Guerre de Sécession I - Le déclenchement des hostilités |
| La question de l'esclavage
n'avait cessé de divisé le pays depuis sa fondation.
Depuis le compromis de 1850 qui avait apaisé pour un temps les luttes violentes au sein du Congrès, dans la presse et dans toutes les manifestations de la vie politique et sociale entre les adversaires et les défenseurs de l'esclavage, la lutte avait repris, plus ardente que jamais, aux élections de 1856, où un président démocrate, Buchanan, fut nommé, et elle atteignit son maximum d'acuité en 1860, lorsque le parti républicain du Nord triompha avec son candidat, Abraham Lincoln, pour la présidence. Le 10 novembre 1860, lorsque le résultat de l'élection fut connu, la législature de la Caroline du Sud ordonna l'élection d'une Convention chargée de considérer la question de la sortie de l'Union. Elle fit le choix de la scission entre les États du Sud, partisans de l'esclavage, et les États du Nord, opposés à cette institution. Dix États les deux Carolines, la Floride, la Géorgie, l'Alabama, le Mississippi, la Louisiane, le Texas, l'Arkansas, le Tennessee, et une partie de la Virginie, déclarèrent successivement (20 décembre 1860-12 juin 1861) se détacher de l'union, se constituèrent en gouvernement séparé : la Confédération sudiste. Une constitution fut adoptée, et on nomma Jefferson Davis comme président et Alexander Stephens comme vice-président. Les Sudistes adoptèrent une nouvelle capitale (Richmond), et opposèrent une armée à celle de l'Union. A Washington, le Congrès, pendant les dernières semaines de la présidence de Buchanan, tenta quelques mesures de conciliation qui ne purent aboutir. Il quitta la Maison-Blanche le 4 mars 1861, léguant à son successeur et à son pays ce qui allait être une effroyable guerre civile. La guerre fut engagée à partir du bombardement du fort Sumter, 12 avril. Au cours de ce mois, la Virginie et le Tennessee, en mai l'Arkansas et la Caroline du Nord, se joignirent aux autres États déjà confédérés, ce qui en porta le nombre à onze. Le Congrès confédéré s'ajourna à Montgomery, le 21 mai, et se réunit le 20 juin à Richmond. La constitution définitive était à ce moment ratifiée par tous les États. Ayant désormais les mains libres, le gouvernement confédéré, sous la direction omnipotente de Jefferson Davis, mena à partir de là les opérations de guerre avec une extrême énergie et délivra des lettres de marque et de représailles. Il ne réussit pas cependant à faire reconnaître en Europe la Confédération comme puissance indépendante, malgré les sympathies qu'ils trouva de la part de la France et de l'Angleterre. Pendant 4 ans, les Confédérés, commandés par Beauregard, Jackson et Lee, livrèrent aux Fédéraux, commandés par Scott, Mac Clellan, Burnside, Sherman et Grant, une suite de batailles meurtrières, où les succès et les revers se balancèrent longtemps. La résistance du Sud contre les masses sans cesse renouvelées du Nord commença à cependant s'épuiser après la bataille de Gettysburg et la prise de Vicksburg (1863). L'expédition de Sherman dans le Sud et les victoires répétées de Grant autour de Richmond eurent enfin raison du courage désespéré des derniers régiments levés par Jefferson Davis et commandés par Lee. Dans les premiers mois de 1865 la prise de Richmond amena la reddition de Lee et la chute définitive du gouvernement confédéré. Les États qui avaient fait sécession en 1860 et 1861 furent tour à tour réintroduits dans l'Union entre 1865 et 1870. Dates-clés : 1857 - Publication de la Case de l'Oncle Tom; montée de l'abolitionnisme. |
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| Le
parti républicain
Le bill du Kansas, au nom du principe nouveau de la Squatter Sovereignty (souveraineté du pionnier), laissait à la population des deux Territoires le soin de décider si l'esclavage serait établi ou non dans le Kansas et le Nebraska. Aussitôt les efforts des deux partis se portèrent sur le peuplement du Kansas, le Nebraska, situé plus au Nord, étant en fait hors de cause. Le territoire fut envahi par des maîtres d'esclaves du Sud et par des Yankees de la Nouvelle Angleterre et des États du Nord-Ouest. Une guerre civile éclata, localisée dans le Kansas, et se termina par la victoire des gens du Nord qui demandèrent l'admission du Kansas comme État avec une constitution interdisant l'esclavage (1856). De 1854 à 1856, la lutte étant rouverte entre les deux causes de la liberté et de l'esclavage, le parti anti-esclavagiste se reconstitua avec de nouveaux adhérents enlevés aux deux partis nationaux sous le nom de « parti républicain ». C'est à cette époque (20
mai 1856) que Sumner au Sénat
fut assailli et à moitié assommé à coups de
canne par Brooks de la South Carolina, que tout le Sud acclama comme un
héros. Le nouveau parti réussit à faire élire
un de ses membres président de la Chambre des représentants
en 1855-56.
Quant à la masse du parti whig, elle se fondit dans une organisation
nouvelle, appelée le « parti américain » parce
qu'elle avait pour objet la lutte contre les influences étrangères
et spécialement contre l'influence du catholicisme, connue aussi
sous le nom de « parti Know Nothing» à cause
de ses allures de société secrète. Pour l'élection
présidentielle de 1856, trois
candidats se trouvèrent en présence, Buchanan pour le parti
démocrate (avec le programme de 1852
et l'exaltation de l'act du Kansas-Nebraska), Fillmore pour le «
parti américain » (même programme plus adouci) et Fremont
pour le « parti républicain », avec un programme proclamant
la nécessité absolue de la suppression dans les Territoires
de ces deux vestiges de la barbarie, la polygamie et l'esclavage (la polygamie
était en usage chez les Mormons
James Buchanan. Fremont avait
en celles de onze des États libres. Deux nouveaux États libres
furent admis dans l'Union, le Minnesota (1858)
et l'Oregon (1859), et la controverse
sur l'esclavage continua de faire rage au Kansas, dans le Congrès,
dans la presse, dans toutes les réunions publiques, dans les législatures
de tous les États. Elle inspira la Case de l'oncle Tom de
Harriet
Beecher Stowe (1857). Un grand
nombre de législatures dans le Nord votèrent des lois locales
pour empêcher l'action de la législation fédérale
sur les esclaves fugitifs, comprise dans le compromis de 1850.
Ces lois, appelées personal liberty laws, furent déclarées
nulles par une décision que rendit le chief justice de la cour suprême,
Taney, dans l'affaire du Noir Dred Scott (1857).
Le parti démocrate se divisa, sur ces entrefaites, à propos
d'un bill proposant l'adoption d'une nouvelle constitution rédigée
à Lecompton (Kansas) par une minorité esclavagiste de la
population du Territoire. Douglas devint le chef d'une des deux fractions
du parti, Breckinridge celui de l'autre fraction, représentant les
idées extrêmes du Sud. En 1859,
John Brown, anti-esclavagiste du Kansas, fit une tentative armée
contre l'arsenal fédéral de Harper's Ferry et appela les
esclaves à la liberté. Arrêté par les autorités
de Virginie, il fut condamné et pendu le 2 décembre 1859.
On sait l'immense sensation causée dans tout le pays et en Europe
par cette exécution. L'administration de Buchanan ne vit pas la
fin de l'imbroglio du Kansas, qui ne se dénoua qu'en janvier 1861,
par l'admission du Kansas comme État libre.
Les derniers moments de John Brown (1800 -1859). Tableau de Hovenden, Metropolitan Museum of Art, New York. La Confédération
sudiste.
« l'Union existant actuellement entre la Caroline du Sud et les autres États, sous le nom d'États-Unis d'Amérique, est dès à présent dissoute ».La résolution était fondée sur divers considérants, entre autres sur l'affirmation que quatorze États avaient formellement refusé, depuis de longues années, de remplir leurs obligations constitutionnelles (loi sur la reddition des esclaves fugitifs). Les autres États esclavagistes suivirent bientôt l'exemple de la Caroline du Sud. Le Mississippi sortit de l'Union le 9 janvier 1861 la Floride le 10, l'Alabama le 11, la Géorgie le 19, la Louisiane le 26, le Texas le 1er février. Dans tous ces États, les douanes, les arsenaux, les forts et tous autres établissements fédéraux furent saisis par les séparatistes. Quelques forts seulement, comme celui de Sumter à Charleston, restèrent aux mains des garnisons fédérales. Le 4 février 1861 un Congrès séparatiste, composé de délégués de la Caroline du Sud, de la Géorgie, de la Floride, de l'Alabama, du Mississippi et de la Louisiane, se tint à Montgomery (Alabama) et choisit pour président Howell Cobb, ex-ministre des finances de l'Union. Ce Congrès forma une constitution pour les « États confédérés d'Amérique ». La constitution sudiste ne différait que par quelques points de l'instrument fédéral; les ministres, ou premiers agents des départements du pouvoir exécutif, pouvaient siéger dans les deux Chambres. Il était interdit au gouvernement d'établir aucun droit à l'importation pour encourager ou protéger une branche d'industrie. Jamais il ne serait porté atteinte, dans aucun des États confédérés, au droit de propriété sur les esclaves. L'institution de l'esclavage était de droit dans les nouveaux Territoires. Le président de la constitution, élu pour six ans par le Congrès confédéré, ne serait pas rééligible. Le Congrès élut, à l'unanimité, pour président, Jefferson Davis, et pour vice-président Alexandre H. Stephens. Cette élection avait eu lieu immédiatement après l'adoption de la constitution provisoire, et Jefferson Davis était installé le 18 février, quinze jours avant son rival du Nord, Abraham Lincoln. Les ministres furent Toombs, Memminger, Walker, Reagan, Mallory, Benjamin. Une armée confédérée fut organisée et placée le 3 mars sous le commandement du général Beauregard. Les
premiers combats
Le 17 avril, une Convention réunie
à Richmond votait la sécession de la Virginie qui avait hésité
jusqu'alors. Des miliciens et des volontaires virginiens marchèrent
aussitôt sur l'arsenal de Harper's Ferry (Potomac) et sur le port
militaire de Norfolk (Elisabeth River, baie de Chesapeake), deux postes
fédéraux que leurs garnisons abandonnèrent après
avoir tout incendié ou détruit. Le gouvernement fédéral
n'était plus séparé de la rébellion que par
le Potomac. Il faillit même se trouver bloqué à Washington.
Le 19 avril, en effet, les autorités de Baltimore Les États-Unis ne possédaient que 15 000 hommes de troupes régulières, dispersées sur les points extrêmes du territoire, et dont une grande partie se joignit au mouvement sudiste. Aussi, les confédérés, au début de la lutte, semblaient-ils avoir de nombreux avantages, les meilleurs officiers, une population habituée aux armes, une grande abondance de matériel et de munitions, grâce à la trahison du ministre de la guerre, Floyd, et du ministre de la marine de Buchanan. Ils avaient pris possession de plus de 40 millions de dollars de propriétés fédérales, et mis eu campagne environ 20 000 hommes, dont plus de la moitié en Virginie, sur une ligne irrégulière, de Harper's Ferry à Norfolk. Jefferson Davis envoya en Russie et en Belgique deux délégués (Mason et Slidell) pour demander la reconnaissance du nouvel État américain, fit éteindre tous les feux sur les côtes depuis Hampton Roads (embouchure de la James River) jusqu'au rio Grande, et délivra des lettres de marque pour faire la course contre la marine fédérale. Dès le 15 avril, Lincoln
avait appelé sous les armes 75 000 miliciens, et convoqué
le Congrès en session extraordinaire pour le 4 juillet. Le général
Scott, âgé de soixante-quinze ans, fut nommé commandant
en chef de l'armée fédérale, qu'il dut organiser avant
de songer à la conduire à l'ennemi. Tout était à
créer on plutôt à recréer; l'administration
militaire existait à peine, les arsenaux et magasins du Nord étaient
démunis, les états-majors faisaient défaut, un assez
grand nombre des officiers sortis de l'école militaire de West Point
étaient allés offrir leur service au gouvernement confédéré
(200 environ sur 950), parmi eux, le colonel Lee, chef d'état-major
de Scott, Virginien comme son chef, et l'un des officiers les plus distingués
de l'armée américaine. Les milices du Massachusetts et de
la Pennsylvanie, avec des volontaires organisés à la hâte
dans les États du Nord, formèrent le noyau de l'armée
fédérale. Le 3 mai, une nouvelle proclamation de Lincoln
appela 82 000 volontaires (64 000 pour l'armée de terre et 18 000
pour la marine) dont l'enrôlement devait être fait pour la
durée de la guerre. La forteresse de Monroe (baie de Chesapeake)
fut ravitaillée, les ports du Sud déclarés en état
de blocus. A cette même date, Beauregard, appelé au commandement
de l'armée sudiste, occupait, en Virginie, des positions faisant
face à Washington avec 25 000 hommes. A la fin du mois, les troupes
fédérales commencèrent à franchir le Potomac,
occupant les hauteurs d'Arlington, Alexandria Les unionistes, dès le début,
avaient attaché une grande importance à la possession de
la partie de la Virginie située au delà des montagnes, à
cause du chemin de fer Baltimore Le premier combat, en rase campagne, de la guerre civile, fut livré à Philippi, où le colonel Kelley battit les confédérés, ce qui le rendit maître du chemin de fer (3 juin). Les confédérés furent encore battus à Romney le 11 juin; ils durent évacuer Harper's Ferry et reculer à Winchester, où Joseph C. Johnston vint se mettre à leur tête. Patterson, avec 14 000 fédéraux, traversa le Potomac et s'établit à Martinsburg; Mac Clellan et Rosecrans infligèrent encore quelques défaites aux sudistes; au milieu de juillet, les troupes du Sud avaient évacué le territoire de la Virginie occidentale. Cette suite de succès allait être bientôt effacée par le premier revers important des fédéraux. La 4 juillet, le Congrès fédéral se réunit à Washington; on connaissait déjà les déclarations de neutralité de l'Angleterre (mai) et de la France (juin). Le Congrès approuva l'appel de milices et de volontaires fait par le président, et l'autorisa à constituer une armée de 500 000 hommes. Toutes les propositions financières du secrétaire du Trésor, Chase (impôts et emprunts), furent adoptées. Bull's Run.
Jefferson Davis ne fit pas poursuivre ce grand succès. Peut-être ne le pouvait-il pas, les provisions et toute organisation administrative faisant encore défaut. La capitale fédérale serait peut-être tombée sans combat entre les mains de Beauregard, s'il avait pu franchir le Potomac à la suite des fuyards. Tout au moins le président sudiste, qui avait assisté à la fin de la bataille, envoya-t-il dans les États sécessionnistes un message pompeux de victoire qui excita un enthousiasme extrême dans toute la Confédération. La campagne de
la James River.
Johnston, dès le 9 mars, évacua les lignes de Menassas et se replia sur Richmond. Il avait reçu avis du projet de Mac Clellan, de transporter la plus grande partie de son armée au sud de cette ville, sur la rive droite de la James River. Mac Clellan fit immédiatement embarquer ses troupes à Alexandria pour Fort Monroe, poste fédéral situé à l'extrémité de la presqu'île du York et de la James. Le plan primitif comportait une attaque directe sur Richmond par une flottille remontant la rivière James, tandis que les troupes s'avanceraient sur les deux rives. Mais comme le Merrimac, ancienne frégate fédérale que les confédérés avaient recouverte de fer et armée de canons de gros calibre, venait de couler deux frégates dans la rade de Hampton Roads et n'était rentré à Norfolk que devant l'apparition du Monitor, petit bâtiment cuirassé à tourelle appartenant à la flotte fédérale, Mac Clellan résolut de tenter une opération par la rive septentrionale de la James. L'armée fédérale s'ébranla le 4 avril, franchit le 4 mai, après un mois de siège, les retranchements de Yorktown, et, le lendemain, délogea, de Williamsburg, après un très vif combat, l'armée confédérée qui dut se replier sur Richmond. Mac Clellan établit ses troupes (16 mai) sur les deux rives du Chickahominy (affluent de la rive gauche de la James River). Il avait donné rendez-vous en ce point à trois corps fédéraux convergeant de trois directions différentes, Fremont des montagnes virginiennes, Banks de la vallée de Shenandoah et Mac Dowell de Fredericksburg. Mais le général confédéré Stonewall Jackson portait en ce moment même l'épouvante dans le Nord par une pointe d'une extrême hardiesse qui remit un moment en ses mains Harper's Ferry. Mac Dowell fut appelé à la défense du Potomac, les deux autres colonnes tenues immobiles. Jackson, au contraire, put se dérober, échapper aux forces qui le cernaient, et arriver à temps sur le champ de bataille où Mac Clellan et Johnston étaient aux prises. Johnston avait fait évacuer Norfolk
et tous les postes détachés en aval de Richmond. Le 31 mai,
il livra une bataille furieuse à l'aile gauche de l'armée
fédérale, à Fair Oaks. La lutte dura deux jours, fut
très meurtrière, mais non décisive. Le 2 juin, les
deux armées avaient repris leurs anciennes positions. Johnston,
grièvement blessé à Fair Oaks, était remplacé
par le général Robert Lee, le descendant d'une des
familles les plus célèbres de la Virginie, gendre de Custis
qui était fils adoptif de Washington. Renforcé par Beauregard
et par Jackson, Lee, le 26 juin, attaqua Mac Clellan sur le Chickahominy,
au moment où le général fédéral préparait
une marche de flanc pour se rapprocher de la James River. L'effort des
confédérés porta, dans cette première journée,
appelée bataille de Mechanicsville, sur l'aile droite de l'armée
fédérale, qui fut battue et rejetée sur Gaines' Milll,
où une seconde bataille fut livrée le lendemain 27. Sous
les efforts combinés de Lee, Longstreet, Hill et Jackson, les troupes
nordistes furent complètement battues.
Robert Lee. Mac Clellan opéra cependant une habile retraite, repoussa les confédérés à Savages Station et à White Oak Swamp (29 et 30 juin) et rallia ses troupes à Harrison's Landing sur la James River, où il retrouva l'appui des canonnières fédérales et un ravitaillement facile. Les confédérés avaient tenté encore contre les lignes de Mac Clellan, le 1er juillet, à Malvern Hill, une attaque qui fut aussi sanglante qu'inutile. Lee ramena toutes ses forces dans les retranchements de Richmond. Mac Clellan disposait sur la James River de 24 chaloupes canonnières, de 3 bâtiments cuirassés, d'une flottille à mortiers et de nombreux transports entre Newport News et Harrison's Landing. C'était peut-être l'occasion d'une audacieuse irruption de bâtiments forçant les passages à toute vapeur, et bravant le feu des batteries placées sur les rives. C'est par ces moyens que le Mississippi devait être conquis sur la Confédération; l'entreprise ne fut pas tentée sur la James. A Washington, le gouvernement, effrayé, ne songeait qu'à concentrer toutes ses forces pour la défense de la capitale. Les trois corps de Fremont, de Banks et de Mac Dowell furent réunis en une seule armée sous le commandement du général Pope qui, menacé par Jackson sur son aile droite, recula au Nord du Rappahannock. Mac Clellan reçut l'ordre de ramener son armée sur le Potomac et évacua Harrison's Landing le 16 août. Sur le Rappahannock, Pope, pris entre Lee qui l'attaqua en tête, et Jackson qui, par un détour du côté des montagnes, menaçait le flanc droit et les lignes de communication de l'armée fédérale, Lutta avec vigueur le 28 et 29 août, mais fut écrasé le 30 à la seconde bataille de Bull's Run. Les débris de l'armée fédérale durent chercher un refuge sous les fortifications de Washington, avant abandonné à l'ennemi les approvisionnements et l'artillerie. Mac Clellan, qui venait d'arriver de la baie de Chesapeake, recueillit ces débris dans les rangs de son armée encore solide et vaillante, et reçut le commandement en chef de toutes les forces fédérales. Il lui fallait tenir tête à l'invasion du Maryland tentée par les confédérés après leur seconde victoire de Bull's Run. Lee ne pouvait songer à aborder de front la capitale fédérale; il résolut de la tourner par les vallées du Blue Ridge. Le 12 septembre, Jackson attaqua Harper's Ferry, tandis que les corps de Hil et Longstreet passaient le Potomac et s'avançaient jusqu'à Frederick à 70 kil. de Washington. Mac Clellan avait eu le temps de disposer ses troupes en tel ordre que les généraux confédérés reconnurent la nécessité de rentrer en Virginie. Ils ne purent le faire qu'en repoussant l'assaut violent que leur livra le 17 septembre (bataille d'Antietam) toute l'armée de Mac Clellan. Malgré les résultats indécis de cette journée meurtrière, les confédérés se hâtèrent de repasser le 19 au Sud du Potomac. Mac Clellan établit son quartier général à Harper's Ferry. Le dernier incident de la campagne fut un raid, du général de la cavalerie sudiste, Stuart, le 8 octobre, en Pennsylvanie jusqu'à Mercersburg. La guerre dans l'Ouest. Shiloh Dès le début de la guerre,
le gouvernement sécessionniste, maître de l'embouchure du
Mississippi et de son cours inférieur par la Nouvelle-Orléans
Ulysses Grant. Sur la rive droite du Mississippi, une petite armée de sudistes, formée de volontaires du Missouri, de l'Arkansas et du Tennessee battit les fédéraux; le général Lyon fut tué. Fremont, nommé commandant en chef des troupes fédérales du haut Mississippi, s'établit à Saint-Louis; mais, ayant lancé intempestivement, au jugement des autorités de Washington, une proclamation sur l'affranchissement des esclaves, il fut remplacé par le général Halleck. Prise, chef des confédérés du Missouri, fut aisément contenu et peu à peu rejeté dans l'Arkansas. Sur la rive gauche, le Kentucky servait
de champ de bataille aux troupes des deux partis. Grant, établi
à Cairo et à Paducah sur le bas Ohio, résolut d'attaquer
les forts Henry et Donelson, qui commandaient les deux rivières
de Cumberland et de Tennessee, à peu de distance de leur confluent
avec l'Ohio. Du 6 au 15 février 1862,
il s'en empara avec l'aide d'une flottille de canonnières commandée
par Foote. Les confédérés laissaient 13 000 prisonniers
aux mains des fédéraux, et le Kentucky était
conservé à la cause fédérale. Grant, poursuivant
sa victoire, marcha immédiatement vers le Sud, entra dans le Tennessee
et occupa, le 24 février, sans combat, la capitale de l'État,
Nashville. Pendant ce temps, le général sudiste, Polk, ancien
évêque, était obligé d'abandonner Columbus à
l'approche des canonnières de Foote, et de se retirer jusqu'à
Memphis, en brûlant partout les provisions de coton. Beauregard,
appelé au commandement de l'armée confédérée
du Mississippi, concentra 60 000 hommes à Corinth, au Sud du Tennessee,
centre de chemins de fer, et y établit un camp retranché.
Chute du fort Donelson. Price et les autres généraux confédérés de la rive droite du Mississippi, repoussés dans l'Arkansas, y furent battus à Pea Ridge par le général nordiste Curtis. Foote et ses canonnières, descendant le Mississippi, délogèrent encore les confédérés de New Madrid (rive droite, au Missouri), mais se trouva (15 mars) arrêté devant l'île n° 10, qu'il dut assiéger en règle avec l'aide du général Pope. Il creusa un canal entre les deux extrémités d'une courbe du fleuve, et put ainsi tourner les ouvrages de l'ennemi. Le 7 avril, les défenseurs de l'île n° 10 capitulèrent, et les canonnières de Foote furent maîtresses de tout le cours supérieur du Mississippi jusqu'à Memphis. Dans le Tennessee, Grant et Buell s'étaient mis en mouvement pour opérer leur jonction sur la rivière Tennessee, derrière laquelle se tenait Beauregard. Le général Halleck, commandant en chef, avait lui-même quitté Saint-Louis pour rejoindre ses deux généraux. Grant, arrivé le premier, passa le Tennessee à Pittsburg Landing, et attendit le corps de Buell. Mais il fut attaqué dans cette position le 6 avril par les sudistes (Johnston et Beauregard) et presque jeté dans la rivière à la fin de la première journée (bataille de Shiloh). La présence de deux canonnières fédérales et l'arrivée des troupes de Buell sauvèrent l'armée de Grant. Le lendemain 7, la bataille recommença; les troupes fraîches de Buell décidèrent la victoire en faveur des Nordistes. Beauregard ramena ses troupes épuisées dans le camp retranché de Corinth, d'où il se tenait en communication avec les troupes confédérées et les canonnières sudistes réfugiées à Memphis et au fort Pillow qui protégeait cette ville. Halleck, avant rejoint Grant et Buell,
prit le commandement supérieur et bloqua Beauregard dans Corinth.
Le général confédéré, craignant de se
voir coupé de toutes communications, évacua la place le 30
mai 1862. Une partie de ses troupes
fut dirigée sur la place forte de Vicksburg (rive gauche du Mississippi,
en aval de Memphis); il emmena le reste à Richmond, où les
confédérés étaient vivement serrés par
Mac Clellan. Depuis le 10 mai, les canonnières fédérales
avaient forcé let confédérés à abandonner
le fort Pillow. Le 6 juin, ils durent encore évacuer Memphis après
la destruction de presque toute la flottille sudiste, et les canonnières
fédérales, descendant le fleuve, ne furent plus arrêtées
que par la place de Vicksburg |
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