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Iéna.
- Ville d'Allemagne
(Thuringe ),
anciennement dans le grand-duché de Saxe-Weimar, située à
158 m au-dessus du niveau de la mer, sur la rive gauche de la Saale, affluent
gauche de l'Elbe, et entourée de montagnes; 102 000 habitants environ.
La ville est entourée d'une enceinte de murailles; ses rues sont
assez étroites et les maisons ne présentent que peu d'intérêt
archéologique : on peut citer cependant l'église de Saint-Michel
qui date du XVe siècle et a une
tour de 97 m de haut, et le château
qui de 1672 à 1690 a été la résidence des ducs
de Saxe-Iéna. Sur la place du marché s'élève
depuis 1858 la statue en pied de l'électeur Jean-Frédéric
qui a fondé l'université. Iéna a été
la capitale judiciaire des états thuringiens. Mais la principale
importance d'Iéna tient historiquement à son université
fondée le 9 août 1558, et la plus fréquentée
des écoles d'Allemagne au XVIIe
siècle; la bibliothèque contient plus de 200 000 volumes.
Dans les environs de la ville les points les plus pittoresques sont le
Hausberg avec le Fuchsturm, les villages de Ziegenhain et de Lichtenhain,
le Lobdaburg, etc.
Iéna n'obtint ses droits de ville
qu'au XIIIe siècle. Elle appartenait
alors aux seigneurs de Lobdaburg, Elsterburg et Arnshaugh. Au commencement
du XIVe siècle elle passa aux margraves
de Meissen, en 1411 à Guillaume, margrave de Thuringe ,
en 1423 à l'électeur Frédéric de Saxe. En 1578,
l'université a été déplacée pendant
une année à la suite d'une contagion. Bernard, l'un des fils
du duc Guillaume Weimar eut Iéna en héritage (1662). Son
fils Jean Guillaume mourut en 1690 sans héritiers, et Iéna
passa d'abord à Eisenach puis en 1741 revint aux ducs de Weimar
de la ligne principale. C'est sur le plateau voisin de Weimar que se livra
le 14 octobre 1806 la bataille remportée par Napoléon
sur les Prussiens, victoire qui décida du sort de la monarchie prussienne.
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Armes
d'Iéna.
Bataille
d'Iéna.
On trouvera à la page sur Auerstaedt
l'indication des manoeuvres de la campagne de 1806, qui aboutit aux grandes
batailles d'Iéna et d'Auerstaedt. Le corps du prince de Hohenlohe,
placé près d'Iéna, devait couvrir le mouvement de
flanc de l'armée et avait l'ordre d'éviter la bataille. Le
général Ruchel occupait Weimar avec 30 000 hommes. Le 14
octobre, le général en chef (duc de Brunswick) commença
son mouvement et fut battu par Davout. Pendant
ce temps, Napoléon avait marché
sur léna, évacué par l'avant-garde prussienne (Tauentzien),
et occupé avec sa garde le Landgrafenberg, position stratégique
qui dominait toutes les routes, et rendu celles-ci praticables à
l'artillerie. Le 5e corps (Lannes) prit
les devants; les autres suivaient; à six heures du matin, l'empereur
donna le signal de l'attaque. Elle eut lieu par un épais brouillard,
à un moment où le prince, en pleine sécurité,
s'occupait de ne pas fatiguer ses troupes. Ses avant-gardes furent culbutées
(vers huit heures et demie du matin) par la division Suchet, la cavalerie
prussienne refoulée dans le défilé de Rodchen, l'infanterie
sur les hauteurs de Stobra; Ney accourut au canon avec 4000 grenadiers
et concourut, avec Soult et Augereau, à compléter ce premier
succès. La brigade saxonne de Cerrini était détruite,
l'armée prussienne concentrée à Vierzehn-Heiligen.
Ce fut autour de ce village que se décida la bataille.
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La
Bataille
d'Iéna, d'après Horace Vernet.
La cavalerie de Colbert fut refoulée,
mais Ney et Lannes reprirent l'attaque; le second tourna la gauche ennemie,
tandis que le premier, soutenu par Napoléon, qui lui envoyait Augereau
avec la division Desjardins et la brigade Wedel de la division Suchet,
emportait le village et celui d'Isserstaedt. Soult, passant sur le corps
d'Holtzendorf, délogé des hauteurs de Stobra, écrase
l'aile gauche des Prussiens. La déroute
fut complète, l'artillerie prise. Vainement les Prussiens se reforment
entre Gross et Klein-Rompstad, vainement, à deux heures de l'après-midi,
Ruchel leur amène 15 000 hommes de renfort. Ils sont culbutés.
La division saxonne, restée sur le champ de bataille, près
d'Isserstaedt, est rompue et presque anéantie. Des 60000 Allemands
successivement entrés en ligne, un tiers à peine est encore
en état de combattre. Quand ces fuyards rencontrèrent l'autre
armée battue par Davout, il s'ensuivit
une panique qui paracheva la ruine de l'armée de Frédéric
Il et décida l'effondrement de sa monarchie. |
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