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Thuringe,
en allemand Thüringen. - La Thuringe est aujourd'hui un land
de l'Allemagne
( 16200 km², 2,45 million d'habitants; capitale : Erfurt). Dans
le passé, cette contrée, située dans la Haute-Saxe,
entre la Werra, la Saale, le Harz et le Thuringerwald, a eu des limites
variables, et quise sont étendues, lorsqu'elle était un puissant
royaume, jusqu'à l'Elbe d'un côté, et jusqu'au Danube
de l'autre. La Thuringe tire son nom des Thuringiens, Thuringi ou
Thoringi,
qui sont mentionnés pour la première fois par Végèce,
au commencement du Ve siècle de
J. C.; on les rattache aux Hermundures, mélangés de Semnons.
Leur royaume s'étendait de la plaine septentrionale occupée
par les Saxons jusqu'au Danube et même au delà du Rhin.
Le roi franc Clovis,
après avoir annexé . d'abord ce district (491), s'attaqua
au royaume principal, dont le souverain, Hermanfrid, invoqua l'aide de
Théodoric
l'Ostrogoth. Cela ne fit que retarder sa ruine; en 531, il succomba dans
la bataille de Burgscheidungen, sur l'Unstrut, et son royaume fut partagé
: le Nord revint aux Saxons, le Sud, le bassin du Main aux Francs et forma
la Franconie
orientale. Le nom de Thuringe fut limité au pays entre Werra et
Saale, où l'on institua des ducs, probablement afin de résister
aux Sorbes; Dagobert reconnut ce titre à
Ratolf (630), dont les successeurs furent à peu près autonomes
dans leur résidence de Wurzbourg; mais leur dynastie s'éteignit
au XIIIe siècle, et la grande entreprise
de la conversion chrétienne amalgama Thuringiens et Francs.
La Thuringe fut gouvernée par des
comtes francs dont la lutte contre les Sorbes fut la tâche principale;
en 805, on cite Madalgaud, établi à Erfurt; plus tard, ils
prennent le titre de margraves; le premier semble avoir été
Thakulf (849-873); son successeur, Ratolf, défit les Sorbes de la
Mulde; puis vint Poppo de Babenberg, supplanté
par Conrad; puis Otton, le puissant duc de Saxe, étendit son autorité
sur la Thuringe; son fils Henri s'y installa fortement à Mersebourg.
A partir de ce moment, la Thuringe est demeurée dans l'orbite de
la Saxe. Elle appartint aux margraves de Misnie ,
notamment à ceux de la maison de Weimar
(XIe siècle). Des seigneurs locaux
obtinrent, en 1130, la dignité de landgraves de Thuringe, avec pour
capitale Mittelhausen; Erfurt et Eisenach étaient les villes principales;
les principaux landgraves furent Louis II (1140-1172), Louis III (1172-1190),
son frère Herrnann Ier (1190-1217),
Louis IV (1217-1227), mari de sainte Elisabeth; Henri
le Raspon qui évinça celle-ci et son fils et prétendit
à l'Empire. A sa mort (1247), la dynastie étant éteinte,
la Thuringe fut revendiquée par le margrave Henri de Misnie, qui
en resta maître après des guerres acharnées.
Les empereurs Adolphe de Nassau et Albert
Ier de Habsbourg
tentèrent de s'emparer de la Thuringe, mais ce dernier en fut expulsé
par les frères Frédéric le Mordu et Diezmann, petit-fils
de Henri de Misnie .
Dès lors, l'histoire de la Thuringe se confond avec celle des princes
de la maison de Wettin, margraves de Misnie et ducs de Saxe. Frédéric
le Sérieux (1324-1349), fils de Frédéric le Mordu,
se consolide; ses fils, Frédéric le Sévère
(1349-1381), Balthasar (13491406) et Wilhelm le Borgne, (1349-1406), acquièrent
une partie du comté de Henneberg, Cobourg ,
démembrent l'avouerie de Plauen; ils se partagent leurs domaines,
Balthasar prenant la Thuringe, Frédéric l'Osterland et Wilhelm
la Misnie. A Balthasar succède Frédéric le Pacifique
qui hérite de Dresde et de la moitié de la Misnie et laisse
à son tour son héritage, en 1340, à ses cousins, les
fils de Frédéric le Belliqueux, l'électeur Frédéric
Il de Saxe et Wilhelm III; ce dernier se voit attribuer la Thuringe au
partage de 1445. Il meurt sans enfants (1482), et la Thuringe revient à
ceux de son frère, Frédéric II, Ernest et Albert,
lesquels procèdent, en 1485, au partage définitif, d'où
sont issues les lignes de la maison de Wettin. La Thuringe fut attribuée
à la ligne Ernestine, sauf certaines parties que la Prusse s'est
annexées en 1845. (A.-M. B.). |
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