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Les modes de vie traditionnels des Mongols
La  Mongolie, pays de steppes, est traditionnellement parcourue par les  nomades-pasteurs vivant de leurs troupeaux : le mouton domine, avec la chèvre au Sud, avec le cheval au Nord. Les grands propriétaires possèdent jusqu'à 20 000 chevaux. Chez les Kalmouk, par exemple, le bétail - chameaux, moutons, chèvres, chevaux - fournit non seulement la nourriture (lait et viande), la matière première pour la préparation de vêtements et la construction de demeures (laine et feutre), mais encore les moyens de transport et le chauffage (bouses ou fumier séché). Les Bouriates vivent également de la pêche, de l'agriculture et la chasse des animaux à fourrures. Ils ont créé une race de chevaux durs à la fatigue et fort remarquables. 

L'habitat consiste le plus souvent en tentes en feutre que l'on peut construire ou démonter en une heure; chaque tente est occupée par une famille et servait dans le passé d'unité pour la perception de l'impôt en Chine comme en Russie. Plusieurs tentes constituent un aïmak et plusieurs aïmaks forment un oulous ou khochoun (bannière), administré par un prince (van ou noïon). Ceux-ci étaient placés sous la surveillance des employés russes ou chinois, suivant les localités. 

La condition des femmes était généralement meilleure chez les Mongols que chez leurs voisins ; le mariage se concluait moyennant une petite redevance (kalym) chez les Kalmouks volgaïques, sans cette redevance chez les Torgotes de la Dzoungarie.

L'habillement traditionnel

Jusqu'au début du XXe siècle, les hommes se rasent la tête et ne laissent qu'une queue comme les Chinois et les Mandchous. Les femmes font deux tresses de leurs cheveux et les laissent pendre de chaque côté de la poitrine; quelquefois, elles ne portent qu'une seule tresse dans le dos. Elles se mettent sur la tête des plaques d'argent incrustées de morceaux de corail, elles ont les doigts chargés de bagues et portent beaucoup de bracelets. Le vêtement des hommes consiste en un kaftan de cotonnade bleue avec de grandes manches qui dépassent les mains, des bottes chinoises et un chapeau conique à bords de fourrure qu'on peut lever ou baisser à volonté. Ils ne portent généralement pas de caleçons ni de chemises; en hiver, ils ont en plus des culottes, une pelisse et un bonnet de peau d'agneau. Les femmes portent des robes flottantes et une sorte de gilet sans manches.

A une époque plus ancienne encore, les auteurs décrivent des un habillement de meilleure qualité.  L'archevêque de Sultaniyé dit que, comme ils avaient peu de lin, ils portaient des chemises de soie et que leur drap était fait chez eux. Quant à la soie et au coton qu'ils employaient, ils venaient et viennent encore de Chine ou de Russie. Ils tiraient leurs pelleteries du pays des Kirghiz. Rübrück raconte qu'ils portaient en hiver deux pelisses, le poil de l'une d'elles était en dedans, celui de l'autre en dehors; le choix de la fourrure leur était indifférent, ils se servaient également de celles du renard, du chien et de la chèvre. 
 

La nourriture

Les mêmes auteurs nous apprennent que les Mongols n'étaient pas gens difficiles pour la nourriture. Traditionnellement, elle se compose surtout de lait de brebis, de chèvre, de vache, de jument, de chamelle et de koumis, et de n'importe quelle viande, cheval, chien, rat, loup, renard. On cite même quelques faits d'anthropophagie, mais il est vrai dans des contextes extrêmes ou exceptionnels dont des exemples existent aussi en Occident (Abaga et ses officiers, par exemple, mangèrent sans doute de la chair d'un vizir du pas de Boum qui avait trahi les Mongols, mais on ne peut vraiment pas parler pour autant de mode d'alimentation!).  Les nomades des steppes manquaient souvent de vivres, et Plan Carpin avoue que plus d'une fois, lui et ses compagnons ont failli mourir de faim quand ils étaient réduits à l'ordinaire des Mongols. Guillaume de Rübrück raconte également qu'en quatre jours on lui donna pour toute nourriture un peu de koumis et qu'il faillit mourir d'inanition. Marco Polo dit également qu'ils restaient fort bien un mois sans manger de viande, et qu'ils se contentaient d'un peu de lait de jument. 

Cela restait encore vrai à une époque récente. Mais, notent aussi les voyageurs de ce temps, quand ils en trouvaient l'occasion ils mangeaient comme des gloutons. Il y en avait, rapportent-ils, qui mangent 5 kilogramme de viande, et même un mouton dans leur journée. Un seul mouton donnait à manger à cinquante et même à cent hommes, s'il faut en croire Guillaume de Rübrück; on le découpait en très petits morceaux que l'on mettait bouillir dans un grand chaudron avec de l'eau et du sel; quand ce mélange était cuit, chacun venait puiser un ou deux morceaux, suivant le nombre des convives. Si le maître de la maison offrait lui-même un morceau de viande à quelqu'un, ce dernier était tenu de le manger seul et de n'en donner à personne. S'il en avait de trop, ce qui devait être rare avec un pareil menu, il devait le serrer dans sa bourse et le garder pour plus tard. Quand un de leurs boeufs ou de leurs moutons venait à mourir, ils découpaient sa chair en lanières, et la faisaient sécher au soleil sans sel; ils réservaient le produit ainsi obtenu pour l'hiver. Avec les boyaux de cheval, ils faisaient des andouilles que Guillaume de Rübrück trouvait supérieures à celles de porc et qu'ils mangeaient toutes fraîches. En hiver, ils buvaient du vin et une sorte d'eau-de-vie de grain.

Avec le lait de leurs nombreux troupeaux, les Mongols faisaient beaucoup de beurre qu'ils ne salaient pas, mais qu'ils renfermaient dans des ventres de bélier, dans le but de le conserver pour l'hiver. Ils faisaient bouillir le petit-lait, de façon à le réduire en une sorte de fromage qui, suivant l'expression de Guillaume de Rübrück, était aussi dur que des scories de fer (sicut scoria ferri). Ils le réservaient également pour l'hiver, à l'époque où leurs troupeaux ne leur donnaient point de lait; ils le faisaient alors dissoudre dans de l'eau chaude à laquelle cela communiquait un goût aigre. On voit que cette préparation, que les Mongols buvaient à défaut de lait, est loin du lait concentré dont Pauthier leur a attribué gratuitement l'invention. Aujourd'hui la boisson courante des Mongols est le thé. Pour faire le thé, on jette dans une casserole de métal pleine d'eau bouillante qu'on ne lave jamais, mais qu'on frotte de temps en temps avec de la fiente de chameau on de cheval, un morceau de thé en briques. L'eau qui sert à faire ce thé est salée; on y ajoute souvent du millet et de la graisse de mouton. Les Mongols boivent de vingt à trente tasses de ce mélange par jour, ce qui ne les empêche pas à l'occasion de se griser avec de la mauvaise eau-de-vie que les Chinois ou les Russes leur ont pendant longtemps payer très cher.

L'alcoolisme a fait parmi les Mongols beaucoup de ravages. Et, à côté qui a touché les populations entières, l'on cite quelques cas historiques : le successeur de Gengis Khan, Ogotaï, buvait si immodérément, dit-on, qu'il en mourut, et Toulou était aux trois quarts paralysé, par suite semble-t-il, de ses propres excès. Les mêmes habitudes d'intempérance furent fatales à Houlagou, et Abaga, son fils, mourut fou après une nuit qu'il avait passée à boire et à festoyer. Enfin, Gouyouk ruina sa santé par l'ivrognerie, et Djagataï, qui était un modèle d'habileté et de prudence politique, s'enivrait régulièrement... 

Les habitations

Pendant très longtemps, les Mongols ( pas plus que les Turks) n'ont habité dans des villes. Celles-ci ne furent chez eux que l'exception, et ils ne les connurent guère qu'à l'époque où ils entrèrent en relations avec les peuples  du Sud et du Sud-Ouest de la Mongolie, c.-à-d. sous le règne de Gengis Khan. Il faut cependant remarquer que l'on trouve déjà dans les inscriptions des princes turcs Kül-tigin et Bilga-Kagan (VIIes.) la mention de la ville de Beshhaleuk (La Pentapole). La seule ville, ou à peu près, qu'eurent  jamais les Mongols, est celle de Karakoroum. Marco Polo donne à cette ville une étendue de 3 milles; voici ce qu'en dit Guillaume de Rubrück

« Vostre Majesté sçaura, qu'excepté le palais du Cham, elle n'est pas si bonne que la ville de Sainct-Denis, en France, dont le monastère vault dix fois mieux que tout le palais de Mangu. Pour le palais du Cham, il ressemble à une église ayant la nef au milieu et aux côtez deux ordres de colonnes en pilliers et trois grandes portes vers le Midy. »
Les Mongols avaient pour demeure des tentes placées sur des chariots; l'ensemble des chariots d'une famille formait la yourte, et la réunion de toutes les familles descendant d'un même ancêtre composait la tribu (aïmak). On appelait aussi yourte la localité  où campait une famille; il était très rare que les Mongols ou les Turks oubliassent sa position exacte (yourt-i-asli), comme on le voit par de nombreux passages de l'historien persan Rachid-ed-Dîn. Aujourd'hui encore, ceux des Mongols qui sont restés nomades ont pour toute habitation des tentes rondes de 4 à 5 m de diamètre, et d'environ 3 m de haut, ouvertes à la partie supérieure pour laisser échapper la fumée. Ces tentes ne diffèrent pas de celles dont les anciens voyageurs nous ont laissé la description.

D'après Plan Carpin et Marco Polo, les maisons des Mongols étaient rondes comme des tentes (c.-à-d. coniques) et faites de branchages; Il y avait à la partie supérieure une ouverture ronde qui servait à la fois d'issue à la fumée et de fenêtre. C'est bien ainsi qu'elles sont représentées dans des manuscrits de l'histoire des Mongols de Rachid-ed-Dîn. Les tentes des princes étaient différentes et se rapprochaient plutôt du pavillon que de ces grossières demeures. La carcasse en était formée par des branches d'arbres que l'on recouvrait de feutre noir imperméabilisé avec du suif. C'est ce que Marco Polo appelle des « maisons de verges ». Ces sortes de tentes se chargeaient sur des chariots traînés par des boeufs ou des chameaux qui accompagnaient les Mongols, même quand ils allaient en guerre. Elles avaient quelquefois de très grandes dimensions; Rubruquis raconte, en effet, que l'intervalle de deux ornières creusées par les roues d'un de ces chariots était de 20 pieds, et que la tente qu'il portait devait déborder de 5 à 6 pieds de chaque côté du bâti, ce qui donne un diamètre d'environ 40 m à cette maison. 

Pour traîner de pareilles masses, il fallait jusqu'à 22 boeufs, et il compare le timon du chariot à une antenne de navire. Quand ils étaient arrivés au terme de leur voyage et qu'ils descendaient leurs maisons à terre, ils avaient toujours soin de les placer de telle façon que la porte regardât le Sud; ils rangeaient leurs chariots à un demi-jet de pierre de chaque côté, de telle façon que leurs tentes se trouvaient entre deux rangs de chariots comme entre deux murs. Quand un Mongol avait plusieurs femmes, la première déposait sa maison le plus à l'Ouest, et ainsi de suite, de telle façon que la dernière avait la sienne à l'Est (G. de Rubrück). Un riche Mongol pouvait posséder jusqu'à cent ou deux cents de ces maisons mobiles; Rubrück raconte que chacune des trente et une femmes de Batou en avait une pareille, et qu'il leur en fallait deux cents pour leur domesticité. L'entrée de la tente du prince était également au midi, les tentes de ses femmes occupaient dans le campement une ligne droite orientée de l'Est à l'Ouest, et elles étaient distantes les unes des autres d'à peu près un jet de pierre.

Quand les troupeaux avaient brouté toute l'herbe d'un canton, les Mongols attelaient leurs chariots et allaient à la recherche de nouveaux pâturages; on comprend combien ces migrations continuelles rendent difficile la détermination exacte des frontières des différentes tribus. En hiver, les Mongols allaient camper dans les plaines et les endroits relativement chauds, où ils trouvaient une pâture suffisante pour leurs troupeaux, et en été ils se rendaient dans les montagnes. Le campement d'été se nommait en mongol tchosalkya, en turc oriental yilak, et le campement d'hiver abouldjyan (de aboul, hiver), en turc kishlak

Les assemblées plénières où s'élisaient les empereurs se tenaient en plein champ. Haïthoum, qui assista deux fois à l'élection du Khan, raconte ce qui suit : 

« llz s'assembloient en un grant champ et cellui qui devait estre leur seigneur, ilz le faisaient asseoir sur un feutre noir, et mettoient un riche siège au milieu d'eulx, Après venoient les batik hommes et ceulx du lignage et le levoient en haut et le mettoient asseoir sur le siège. Et puis lui faisoient toute révérence et honneur comme à leur seigneur naturel ».
Rachid-ed-Dîn raconte que, quand un prince était élevé à la dignité de khan en Perse, deux de ses parents le tenant chacun par une main le menaient s'asseoir sur le trône, et qu'à ce moment tous les Mongols présents jetaient leur ceinture sur leur épaula et s'agenouillaient en faisant retentir l'air de leurs acclamations. 

La famille et la propriété

Les Mongols pratiquaient au moins depuis le Moyen âge le mariage par achat. Les parents et amis du mari faisaient une grande fête le jour des noces, tandis que ceux de la femme prenaient des marques de deuil comme si elle était morte. Si le mari mourait avant sa femme, elle ne pouvait retourner chez ses parents, mais ceux du mari la mariaient à leur guise, à moins qu'elle ne restât dans sa maison, isolée. Durant la vie de leurs maris, les femmes n'étaient point malheureuses, car elles avaient la haute main sur la maison et faisaient à peu près ce qui leur convenait. 
Les Mongols pouvaient prendre autant de femmes qu'il leur faisait plaisir, à condition toutefois de pouvoir les nourrir et de n'en négliger aucune. Quand un Mongol avait passé la nuit chez l'une de ses femmes, c'était chez celle-là que les autres se rendaient pour prendre leur repas. La première des femmes épousées était la femme légitime, et les autres n'étaient regardées que comme des concubines; les empereurs mongols pouvaient avoir plusieurs femmes légitimes (Khatoun) et un nombre illimité de concubines (Koumaï); la première épousée était celle dont les fils pouvaient succéder au père, à leur défaut, c'étaient les fils de la seconde femme et ainsi de suite. Les mariages consanguins n'étaient pas interdits; il était permis d'épouser sa cousine, sa soeur de père, mais non sa soeur de mère. On pouvait, aussi épouser les deux soeurs, la femme de son frère défunt, et même la belle-soeur de son père. Toulou Khan et Djoudji Khan, fils du Khan Gengis, épousèrent, le premier, Syourkoukciti Beigi, et le second, Bigtoutmich Koutchin, soeurs d'Abiga, épouse de leur père. Suivant Guillaume de Rübrück, les veuves ne devaient pas se remarier, parce que toutes les personnes qui avaient servi un homme durant sa vie devaient également le servir dans l'autre monde, et il est clair qu'une femme ne peut appartenir à la fois à deux maris. Cependant, il était permis à un fils d'épouser une ou plusieurs de ses belles-mères, parce que, dans ce cas, il était censé régir les affaires de son père pour les lui remettre quand il mourrait à son tour.

Marco Polo dit qu'il n'y a que le fils aîné qui pouvait agir ainsi, mais non les autres. Aujourd'hui les Mongols n'ont qu'une femme légitime, mais ils sont assez libéraux quant au nombre de maîtresses qu'ils peuvent entretenir. Le mari paie une dot aux parents de la fiancée qui, en retour, doit apporter un mobilier. Le divorce est permis, mais celui qui le demande doit laisser à l'autre conjoint une partie de ce qu'il a apporté.

Il y avait chez les Mongols des mariages fictifs qui jouaient un grand rôle dans les relations des diverses tribus entre elles. Il arrivait, en effet, que deux tribus ou deux familles ennemies scellaient leur réconciliation par un mariage entre les enfants des chefs. Quand une fille et un jeune homme étaient morts avant d'être mariés, on rédigeait un contrat de mariage à leur nom, on peignait sur des feuilles de soie les objets qui constituaient leur dot et on jetait le tout dans le feu. A partir de ce moment, ils étaient considérés comme mariés. Marco Polo et les historiens musulmans signalent l'existence de ces mariages rétrospectifs. Au témoignage de tous les voyageurs, les femmes mongoles étaient chastes et honnêtes quoique d'une telle liberté dans leur langage, qu'elle effarouchait la pudeur de Plan Carpin; par la suite, au contraire, leurs moeurs seront assez libres. Elles se tenaient du côté gauche de la maison, tandis que les hommes prenaient la droite; elles s'occupaient du ménage et de la cuisine, car leurs maris ne faisaient guère que chasser et fabriquer les armes; néanmoins, au témoignage de Plan Carpin, elles n'étaient nullement embarrassées pour monter à cheval et tirer de l'arc quand il en était besoin. Ce n'était cependant que l'exception, et le plus souvent elles se bornaient à préparer les peaux qui devaient servir à la confection des vêtements, à conduire les chariots et à les poser à terre. Elles faisaient des souliers avec de la peau de cheval; les vêtements qu'elles confectionnaient se composaient de deux pelisses à longues manches, qui dépassaient de beaucoup les doigts ; le poil de l'une était tourné en dedans, celui de l'attire en dehors. Elles étaient en renard, en chien, ou en chèvre, suivant les moyens de ceux qui les portaient.

Entre eux ils étaient toujours d'une très grande honnêteté; les rixes étaient rares, même après les orgies où tout le monde était ivre. Il y avait peu de voleurs, aussi ne fermaient-ils jamais leurs portes ; ils se rendaient mutuellement leurs bêtes quand elles s'échappaient. Le vol était d'ailleurs puni d'une façon très sévère : de mort quand l'objet dérobé avait quelque valeur, et de coups de fouet dans le cas contraire, au nombre de 7, 17, 27, 37, 47, 57, 67, 77, 87, 97,107, suivant la gravité du larcin. On ne dépassait jamais le nombre de 107, sans doute parce que ce supplice, qui devait assez ressembler à celui du knout pratiqué en Russie, tuait le patient au delà d'une certaine limite. Guillaume de Rübrück rapporte qu'il fallait autant de bâtons qu'il y avait de coups à donner. Toutefois on pouvait échapper à cette fustigation en payant neuf fois la valeur de l'objet volé.

L'adultère était presque inconnu; son flagrant délit était puni de la mort des deux complices; le viol entraînait le même châtiment. En général, on ne punissait de mort que les coupables pris sur le fait; cependant, si quelqu'un était accusé par plusieurs personnes dignes de foi, on lui donnait la torture pour le faire entrer dans la voie des aveux. L'homicide était puni de mort, ainsi que les sortilèges ou le mensonge qui consiste à répandre de fausses nouvelles. Pour mettre à mort un prince, on le renfermait entre deux feutres, et on le secouait jusqu'à ce qu'il ait expiré; on ne voulait point, dit Marco Polo, que le Soleil et le ciel vissent couler son sang. C'est ainsi que Mangou fit périr l'impératrice Oghoulghatmich. L'homme qui refusait d'aller à la guerre était puni de cent coups de bâton. Les princes mongols considéraient les trésors comme des choses parfaitement inutiles; Ogotaï disait qu'il ne comprenait pas pourquoi l'on amassait des pièces d'or et des bijoux que l'on ne pouvait emporter au jour de sa mort, et qu'il valait mieux distribuer le tout aux gens qui avaient besoin. C'était aussi le raisonnement d'Houlagou qui demanda au calife s'il se nourrissait des monceaux d'or que lui et ses ancêtres avaient accumulés dans Bagdad.

Les héritages étaient très simples : on donnait au plus jeune fils la maison de son père, ainsi que les ustensiles du ménage et les autres se partageaient le reste. Ce fait est attesté par tous les auteurs, tant orientaux qu'occidentaux.

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