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Bellovèse

Bellovèse, chef gaulois. - Tite-Live raconte qu'Ambigat, roi des Gaules, avait deux neveux, Bellovèse et Sigovèse, qui s'illustrèrent par de grandes et lointaines expéditions, devenues nécessaires lorsque la population se fut accrue outre mesure dans le royaume de leur oncle. Tandis que Sigovèse prenait le chemin de la Germanie, Bellovèse, à la tête d'une armée, composée de Bituriges, d'Arvernes, de Senons, d'Eduens, d'Aulerques, d'Ambarres et de Carnutes, se dirigeait vers l'Italie. Avant de traverser les Alpes, il combattit les Salluvii, alors en guerre avec les Phocéens qui venaient de débarquer sur la plage, où ils allaient fonder la ville de Marseille. Après cette diversion, Bellovèse prit sa route par le pays des Taurini, pour passer le mont Genèvre, indiqué par l'historien romain sous le nom de Alpes Juliae, désignation éphémère qui peu de temps après fut remplacée par celle de Cottiae Alpes. De là les Gaulois descendirent dans cette partie de l'Italie septentrionale, qui prit plus tard le nom de Gaule cisalpine. Après avoir battu les Etrusques près du Tessin, ils s'établirent dans le canton appelé le Champ des Insubres, où ils fondèrent la ville de Mediolanum (Medland = centre de pays, Milan). Bellovèse favorisa une seconde expédition de Gaulois, qui vinrent fonder peu de temps après les villes de Brixia (Brescia) et de Vérone dans le pays qu'on a appelé depuis le territoire des Cénomans (L'Italie antique).

Ce texte de Tite-Live, reproduisant et arrangeant des traditions ou des légendes héroïques, originaires, selon toute apparence, de la Gaule elle-même, a été chez les historiens du XIXe siècle le sujet de controverses intéressantes. Les uns, comme Amédée Thierry, se conformant jusqu'à un certain, point aux données de l'historien de Padoue, en acceptent la chronologie, et placent l'expédition de Bellovèse à l'époque de la fondation de Marseille par les Phocéens, c.-à-d. vers l'an 600 avant notre ère. D'autres auteurs, par contre, attribuent un caractère légendaire au récit de Tite-Live, et essaient d'en dégager le noyau historique. Th. Mommsen, le premier est entré dans cette voie; il prétend que la tradition gauloise qui sert de base au récit, ne pouvait pas avoir fourni de données chronologiques; mais que la chronologie avait été arrangée après coup par Tite-Live lui-même et que celui-ci, sans raison plausible, a mis l'invasion des Gaulois en Italie en rapport avec la fondation de Marseille. L'historien estime que l'établissement des Gaulois dans le Nord de l'Italie est de date plus récente, qu'il doit coïncider avec la chute de la domination des Etrusques dans la plaine du Pô, fait qui ne se serait accompli que dans la seconde moitié du IIIe siècle de la fondation de Rome, soit vers l'an 400 avant notre ère. L'opinion de Mommsen, adoptée par d'Arbois de Jubainville, a été combattue par Maximin Deloche qui, à l'Académie des inscriptions, dans la séance du 28 juillet 1876, s'est prononcé pour l'année 534 av. J.-C. Cramer et Wickham, de leur côté, ont essayé de démontrer que Bellovèse n'avait pas passé le mont Genèvre. D'après eux, il aurait traversé le pays des Salasses, pour se rendre par le Petit Saint-Bernard dans la vallée du Pô. Ils admettent que Tite-Live a indiqué le nom de la montagne, non d'après l'ancienne tradition qui était sa source, mais d'après ses suppositions personnelles. (L. Will).

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