| Dictionnaire | |
Saint Christophe,
Christophorus,
Christoferus,
martyr, patron des portefaix. Il fut baptisé par saint Babylas,
évêque d'Antioche« Par la vertu de Jésus-Christ, je ne sens point tes tourments. »Il fut attaché à un poteau, et on tira sur lui un million de flèches : pas une seule ne l'atteignit. Au contraire, il y en eut une qui revint dans l'oeil d'un des bourreaux et le creva. Mais cet homme se frotta avec le sang du martyr, que le fouet avait fait jaillir sur la terre, et il fut guéri. Il ne restait plus qu'à couper la tête de Christophe; quand on le décapita, il avait converti quarante-huit mille personnes. D'après une légende reproduite dans la Nouvelle Anthologie uniate d'Arcudius et mentionnée dans le Ménologe de Basile, Christophe aurait été d'abord une espèce d'ogre, à tête de chien, dévorant les humains. Quand il fut baptisé, il reçut une face humaine et le nom sous lequel il est maintenant honoré. Les traits principaux de ces légendes sont résumés dans le Missel et le Bréviaire mozarabiques et dans le trente-troisième sermon de Pierre Damien. Mais tout cela fut éclipsé par un récit que Jacques de Voragine, le compilateur de la Légende dorée (mort en 1298) assure avoir lu in quibusdans gestis : Reprobus (premier nom de notre saint) était un géant de douze coudées, lequel cherchait partout un homme plus fort que lui. Il quitta le service du roi de Chaman, parce que ce roi craignait le nom de Satan; et le service de Satan, parce que ce diable craignait la croix. Il fut converti par un ermite; mais comme il n'avait pas le don du jeûne ni la conception de la prière, il se voua à une oeuvre de charité, transportant les voyageurs d'une rive à l'autre d'un fleuve. Un jour, un enfant sollicite le passage. Christophe le prend sur ses épaules; mais au milieu du fleuve, il se sent fléchir, comme écrasé par un fardeau accablant. Quand il eut atteint le bord opposé, il dit à l'enfant : « Tu m'as mis en grand danger, car si j'avais porté le monde entier sur mes épaules, il ne m'aurait pas pesé plus lourd que toi ».L'enfant répondit : « Ne t'étonne point; car tu as porté le monde et celui qui l'a créé ».Ce récit valut à saint Christophe une immense popularité, non seulement en Espagne, où ses reliques étaient depuis longtemps vénérées à Tolède, et en Italie, mais en Allemagne et en France. Les Allemands le mirent au nombre des saints secourables; à Notre-Dame |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.