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Avatar.
- Forme francisée du sanscrit avatâra, qui signifie
descente en général, mais qui désigne particulièrement
la descente sur Terre d'êtres divins. La
doctrine des avatars ou incarnations est un élément naturel
des religions brahmaniques
( Hindouisme)
où nulle ligne de démarcation absolue ne sépare le
divin de l'humain, le monde céleste du monde terrestre, ou toutes
les créatures entraînées dans un perpétuel tourbillon
d'existences passent sans relâche par des conditions diverses et
toujours transitoires. C'est dans le mythe de Vishnou
que cette conception a atteint son plus riche développement et son
expression la plus élevée. Les avatars de Vishnou ne sont
pas des métamorphoses de hasard;
le dieu ne s'incarne que pour le bien de la Terre. Le nombre de ses avatars
est incertain; on en reconnaît généralement dix :
1° sous forme de poisson
(Mataya);
2° sous forme de tortue (Kurma);
3° en sanglier (Varâha);
4° en homme- lion
(Nara-Simha);
5° en nain
(Vamana);
6° sous la figure de Parasourâma;
7° sous les traits de Râma-Chandra;
8° dans la personne de Balarâma;
9° sous le nom de Krishna.
Le dixième avatar est à
venir; Vishnou doit
s'incarner en Kalki
Parfois on attribue à Vichnou jusqu'à
vingt-deux et même vingt-quatre avatars, et les textes shivaïtes
citent vingt huit avatars du dieu Shiva.
La doctrine des avatars, si souple et si
accommodante, a été et est encore un des agents les plus
efficaces du développement du brahmanisme.
A l'époque où le bouddhisme
subsistait encore en Inde, les brahmanes ne
faisaient pas de difficulté à reconnaître le Bouddha
comme un avatar de Vishnou.
Ils se contentaient d'ajouter que les dieux, menacés dans leur empire
par les puissantes austérités des ascètes, avaient
imploré Vishnou et que ce dieu pour les sauver avait sous les traits
de Bouddha prêché l'erreur et le mensonge aux humains; séduits
par sa voix, les sages avaient abandonné le chemin du ciel. La manoeuvre
des brahmanes était habile; elle permettait aux bouddhistes de revenir
à l'orthodoxie sans renier leurs croyances antérieures, et
jetait en même temps le discrédit sur ces croyances. (Sylvain
Lévi). |
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