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Le Dragon

Draco, Draconis, Dra

Constellation du Dragon.



Découverte
Le Dragon, qui serpente entre les constellations boréales, ne possède pas d'étoile vraiment brillante.

Aldhibah = Nodus I est une étoile de magnitude apparente 3,17. sa magnitude absolue de -1,92 correspond à un éclat 500 fois supérieur à celui du Soleil. distance : 300 années-lumière.

Nodus II est située à 99 années-lumière. Cette étoile, brillante comme cinquante soleils, avec sa magnitude absolue de 0,63, nous apparaît avec une magnitude de 3,07.

Ed Asich, quarante fois plus lumineuse que le Soleil (magnitude absolue 0,81), n'affiche plus, vue de 100 années-lumière, qu'une magnitude de 3,29.

Eta Draconis est une étoile de magnitude apparente 2,73. Sa magnitude absolue est de 0,58. Elle brille comme 50 soleils et se situe à 88 années-lumière.

Quelques étoiles multiples :

A 150 années-lumière de nous, Etamin est une géante rouge de magnitude apparente 2,24. Sa magnitude absolue est de -1,04, soit l'éclat de 220 soleils. L'étoile possède 7 composantes.

Alwaid = Rastaban est double. Elle est située à 400 années-lumière. Sa magnitude absolue est de -2,43, soit l'éclat de 800 soleils. sa magnitude apparente est de 2,79.

Thuban est une étoile de type spectral A. Elle affiche une magnitude apparente de 3,6 et éclat absolu équivalent à celui de 500 soleils. L'astre se situe à 200 années-lumière et possède un compagnon (invisible) dont la révolution s'effectue en 51 ans.

[Les étoiles]
[Les étoiles multiples]

Exploration
D'autres étoiles doubles méritent d'être signalées dans cette constellation : Arrakis (dont le nom rappellera quelque chose aux lecteurs de Frank Herbert...), Kuma, (accessible avec des jumelles), ainsi que Phi Dra, ou encore Tyl, dont les composantes sont séparées de 3".
RY Dra est une variable rouge dont la période est de six mois. [Les étoiles variables]
NGC 6543 = l'Oeil de Chat est une nébuleuse planétaire de magnitude 8,80 et de faible diamètre angulaire, distante de 3000 années-lumière et située actuellement tout près du pôle nord écliptique. La magnitude de son étoile centrale est de 11. 

NGC 6543 : l'Oeil de Chat
Vue d'ensemble de NGC 6543.
Source : heic; Crédit : Nordic Optical Telescope et Romano Corradi (Isaac Newton Telescopes, Espagne).

L'enveloppe gazeuse que constitue cette nébuleuse a une vitesse d'expansion d'une quarantaine de kilomètres par seconde et a un diamètre de 3 années-lumière environ. Elle est formée d'immenses quantités de gaz expulsées depuis 50 000 ans ou davantage par l'étoile centrale au cours de diverses épisodes, espacés d'environ 1500 ans.

NGC 6543
Zoom sur la région centrale de NGC 6543.
Crédit : NASA, ESA, HEIC, et The Hubble Heritage Team (STScI/AURA)
R. Corradi (Isaac Newton Group of Telescopes) et Z. Tsvetanov (NASA).

Les images de la nébuleuse publiées en septembre 2004 montrent l'extraordinaire complexité de ses régions centrales. On distingue des coquilles concentriques, des jets bipolaires, projetant du gaz à grande vitesses, et à l'origine de la formation de nodosité brillantes, ainsi qu'un réseau compliqué de bulles imbriquées. Cette structure traduit pense-t-on généralement les phases par lesquelles est passée la formation de la nébuleuse depuis plusieurs dizaines de milliers d'années, mais ce passé n'est pas facile à déchiffrer. 

L'intervalle de 1500 ans révélé par les coquille concentriques laise supposer, par exemple, que les éjections de l'étoiles centrales pourraient être reliées à un cycle magnétique (comparable au cycle undécennal du Soleil). Mais il se pourrait aussi que cela corresponde à la période orbitale d'un compagnon (Les étoiles doubles). Celui-ci se rapprochant périodiquement de l'étoile principale déstabiliserait alors son enveloppe et provoquerait les expulsions de matière. Selon certains astronomes, il n'y aurait eu en fait aucun épisode d'éjection, l'expulsion de matière étant régulière : les formes apparaissant dans la nébuleuse seraient dans ce cas tardives, et les mécanisme impliqués dans ce modelage encore à élucider.

NGC 6543
Très gros plan sur la région centrale de NGC 6543.
Crédit : NASA, ESA, HEIC, et The Hubble Heritage Team (STScI/AURA), etc.

[Les nébuleuses planétaires]
M 102  ( = NGC 5866 = Galaxie du Fuseau) est une galaxie spirale de type S0, située à une cinquantaine de millions d'années-lumière. Magnitude photographique : 11,10. On ajoutera qu'il sagit aussi d'une radiogalaxie.

NGC 4236 est une galaxie spirale de type Sc et de magnitude 10,58. Elle est distante d'environ 10 millions d'années-lumière. On y a identifié de nombreux rémanents de supernovae, témoignages d'un important épisode de formations stellaires relativement récent.
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M102.
La galaxie spirale M 102.
M102.
NGC 4236.

NGC 5907 (= NGC 5906 = Galaxie lame de couteau) est une galaxie spirale  vue par la tranche et appartenant au superamas de la Vierge. De magnitude 10,4 , elle est distante d'une quarantaine de millions d'années-lumière. Son disque très fin est affectée d'une légère déformation attribuable au interactions gravitationnelles avec des galaxies du voisinage.

NGC 5985 est une belle galaxie spirale de type SBbc, de magnitude 11, et éloignée de 120 millions d'années-lumière. Il s'agit d'une galaxie à noyau actif (galaxie de Seyfert). Elle est le membre le plus oriental d'un petit alignement auquel appartiennent NGC 5981 (spirale de type Sab vue par la tranche) et NGC 5982 (Elliptique à noyau actif, LINER).
 

NGC 5906.
NGC 5985.

NGC 6090, situé à 400 millions d'années-lumière de nous et de magnitude 13,5,  correspond à un couple de galaxies spirales en train de fusionner et dont les noyaux ne sont séparés que par une distance de 10 000 années-lumière. La collision est à l'origine d'une forte activité de formations stellaires. Les effets de marée expliquent par ailleurs les deux extensions de matière émanant de ces galaxies.
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NGC 6090.
Crédits : NASA , ESA , the Hubble Heritage (STScI / AURA)-ESA/ Hubble Collaboration,
A. Evans (University of Virginia, Charlottesville/NRAO/Stony Brook University), 
et G. Ostlin (Stockholm University)

Autres galaxies observables dans la constellation du Dragon : NGC 4319 (spirale barrée, membre d'un gropue de près d'une vingtaine de membres); NGC 6643 (spirale de type SAc); NGC 4125 (de type SA0, et formant une paire avec NGC 4121, un objet très peu lumineux).

[Les quasars]
[Les quasars]

Curiosités
Le quasar-3C 351. Sa magnitude est de 15,3 et son décalage spectral de 0,371 en fait un objet qui pourrait se situer à une distance de l'ordre de 7 milliards d'années-lumière.

Abell 2218 (16h 35 mn 56s, +66° 12.0') est un amas de galaxies de magnitude 17,7 et situé à un redshift de z = 0,171. Il est rendu particulièrement remarquable par l'ensemble d'arcs gravitationnels qu'il occasionne. Ces arcs des images très déformées de galaxies appartenant à un autre amas situé derrière celui-ci (Les grandes structures).

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Abell 2218 et ses arcs gravitationnels. (Coordonnées : 16h 35mn 56s, +66° 12,0').
Crédit : European Space Agency, J.-P. Kneib (Observatoire Midi-Pyrénées) et CFHT.

Selon une annonce faite à la mi-février 2004, c'est également dans cette direction que peut s'observer la double image d'un arc et un point (montage ci-dessous) de la galaxie, qui, au moment de sa découverte par Jean-Paul Kneib, Richard Ellis, Michael Santos et Johan Richard, était la plus lointaine connue - Le record ne tiendra que deux semaines et sera pulvérisé (z = 10) par une galaxie située dans la direction d'Abell 1835 (constellation de la Vierge). L'objet, dont la lumière très rouge est amplifiée par l'effet de lentille gravitationnelle, se situerait selon les estimations des chercheurs à un redshift compris entre z = 6,6 et z = 7,1. Si l'on adopte les paramètres cosmologiques les plus courants, cela la place à plus de 13 milliards d'années-lumière de nous. Très petite (2000 années-lumière de diamètre) et compacte,  encore engagée très activement dans sa première phase de formations stellaires, cette galaxie serait  née seulement  quelque 750 à 800  millions d'années après le big bang.
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L'image (en rouge), amplifiée et fractionnée
par une lentille gravitationnelle, d'un très lointaine galaxie.
A noter aussi, l'essaim d'étoiles filantes des draconides qui a son radiant dans cette constellation. Son activité, maximale vers le 1er ou le 2 juillet est variable et connaît un regain tous les treize ans. L'orbite de l'essaim est aussi celle de la comète Giacobini-Zinner, qui est donc à l'origine des poussières qui le constituent.

Repérages
Le tableau ci-dessous donne les coordonnées (époque J2000,0) des objets du ciel profond mentionnés dans cette page :
Nom Ascension droite Déclinaison
NGC 6543 17h58m32s 66°37'56"
3C 351 17h04m38s 60°44'29"
M 102 15h06m32s 55°45'05"
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.