.
-

L'histoire de la Russie
La Russie depuis 1991
La Fédération de Russie
-
Aperçu
-
La Russie médiévale
Les Slaves*-
Le commencement
    de l'histoire russe
La monarchie moscovite
La Horde d'Or*-
-
Le XVIe siècle
Le XVIIe siècle
-
Le XVIIIe siècle
L'Empire de Pierre Ier
Le printemps des tsarines
Le règne de Catherine II
-
Le XIXe siècle
La Guerre de Crimée*
La Russie au XXe siècle
L'histoire de l'URSS
La Fédération de Russie
-
-
Et aussi...
La Sibérie*
La langue russe*
La littérature russe*
-
En décembre 1991 Gorbatchev démissionna. La Fédération de Russie, dirigée par Eltsine, devint la continuatrice d'une URSS qui avait cessé d'exister.

Boris Eltsine et le chaos.
D√®s le d√©but de 1992, la Russie s'engagea dans de profondes r√©formes √©conomiques, tandis qu'Eltsine se voyait confirm√© dans sa politique par un r√©f√©rendum tenu en avril 1993. Une nouvelle constitution fut √©labor√©e dans les mois qui suivirent. En septembre, Eltsine provoqua la dissolution des assembl√©es issues de l'√©poque sovi√©tique et convoqua de nouvelles √©lections, ce qui provoqua un conflit ouvert avec son opposition au parlement. Le 3 octobre, un groupe de parlementaires dirig√©s par le vice-pr√©sident Rusko√Į se barricada dans la Maison-Blanche (l'immeuble du parlement). L'Arm√©e intervint pour ma√ģtriser les insurg√©s. Apr√®s un si√®ge sanglant, Rusko√Į  et les parlementaires qui l'avaient suivi furent arr√™t√©s.  Le 12 d√©cembre, se tinrent les √©lections destin√©es √† former une nouvelle assembl√©e, compos√©e d'une douma d'√Čtat et d'un Conseil de la f√©d√©ration, en remplacement de celle qui correspondait encore au Congr√®s du peuple, h√©rit√© de l'√Ęge sovi√©tique. La nouvelle constitution fut √©galement adopt√©e par r√©f√©rendum ce m√™me jour. 

En 1994, la douma vota l'amnistie des putschistes de 1991 et des auteurs de la r√©cente r√©bellion parlementaire. Quant √† Eltsine, il dut faire face √† un autre probl√®me. Djokhar. Doudaev, le pr√©sident de la Tch√©tch√©nie, une r√©publique autonome consid√©r√©e par Moscou comme constituante de la f√©d√©ration de Russie, cherchait √† consolider une ind√©pendance proclam√©e d√®s 1991, mais sans susciter jusque l√† de grande r√©action. En d√©cembre 1994, Eltsine envoya la troupe et d√©clencha la Premi√®re guerre de Tch√©tch√©nie. L'Arm√©e russe se trouva confront√©e √† une solide r√©sistance et √©tait menac√©e d'enlisement quand l'approche de nouvelles √©lections pr√©sidentielle, pr√©vues pour juin 1996, motiva la recherche d'un cessez-le-feu peu avant le scrutin. Eltsine fut r√©√©lu et, en ao√Ľt 1997, un accord fut sign√© √† Khassaviourt, entre Russes et Tch√©ch√®nes, mettant fin √† la guerre. A d√©faut d'ind√©pendance, une large autonomie fut accord√©e √† la petite r√©publique, √† la t√™te de laquelle on fit √©lire un pr√©sident pro-Russe, Aslan Maskhadov. La Russie, cette m√™me ann√©e, int√©gra le G7 (groupe des 7 pays les plus industrialis√©s).

Malade, Eltsine s'√©tait retir√© pendant huit mois. Il ne revint sur le devant de la sc√®ne qu'en mars 1997. Il remania son Cabinet et amplifia le train de r√©formes, tout en essayant d'imposer un contr√īle sur les d√©rives de plus en plus patentes que connaissait alors la toute jeune √©conomie de march√©. En mars 1998, le gouvernement, jug√© inefficace, fut renvoy√©. Le premier ministre, Victor Tchernomyrdine fut remplac√© par Sergue√Į Kiriyenko. Mais rien n'y fit. Le rouble s'effondra, la crise financi√®re fut √† son comble. Eltsine limogea donc Kiriyenko et rappela Tchernomyrdine. Mais, le 11 septembre, la Douma r√©cusa celui-ci, et lui pr√©f√©ra l'ancien ministre des affaires √©trang√®res Evgu√©ni Primakov, qui accueillit deux ministres communistes dans son gouvernement. Le d√©sordre dans lequel √©tait alors tomb√© le pays incita aussi la Douma (mai 1999), √† essayer de renverser Eltsine en se fondant sur une s√©rie de reproches :  avoir provoqu√© la fin de l'URSS en 1991, avoir utilis√© la force contre le parlement en 1993, avoir men√© entre 1994 et 1996 une guerre d√©sastreuse en Tch√©tch√©nie, avoir appauvri le pays. La tentative √©choua. 

Eltsine restait arrim√© au pouvoir. Mais une autre menace commen√ßait √† peser sur lui : celle de la Justice. La politique √©conomique qu'il avait men√© depuis son arriv√©e au pouvoir avait √©t√© accompagn√©e d'un immense chaos. Une grande partie de la population avait sombr√© dans la mis√®re, tandis qu'une poign√©e d'individus, que l'on allait appeler les oligarques, s'√©taient enrichis au-del√† de toute mesure, souvent par les proc√©d√©s les plus malhonn√™tes. La crise financi√®re de 1998 avait mis au jour les agissements de ces oligarques et le haut de degr√© de corruption qui s'√©tait install√© dans le pays. Le terme de  ¬ę mafia russe ¬Ľ commen√ßa a √™tre utilis√© pour d√©signer les organisations criminelles qui avaient entrepris d'√©tendre leur emprise sur le pays. Or, l'entourage proche d'Eltsine, connu sous le nom (assez r√©v√©lateur) de ¬ę famille ¬Ľ, avait lui aussi b√©n√©fici√© d'un enrichissement d'origine douteuse. On avait bien essay√© de d√©stabiliser le procureur g√©n√©ral de Moscou, en montant contre lui une affaire de moeurs, l'√©tau ne s'en resserrait pas moins sur la ¬ę famille ¬Ľ. Il devenait urgent de se mettre √† l'abri, en cherchant √† Eltsine, trop malade d√©sormais pour faire remparts, un successeur compr√©hensif. Le premier ministre Evgu√©ni Primakov fut √©cart√© pour le remplacer par Sergue√Į St√©pachine, qui fut confirm√© par la Douma le 19 mai. Mais visiblement, il ne convenait pas non plus √† la ¬ę famille ¬Ľ. On le rempla√ßa, le 8 ao√Ľt, par un fonctionnaire qui ne payait pas de mine, mais qui avait su faire preuve de toute la docilit√© requise lorsqu'il avait √©t√© √† la t√™te du KGB : Vladimir Poutine. Le 31 d√©cembre1999, Boris Eltsine d√©missionna. Son nouveau premier ministre devint pr√©sident  de la Russie par int√©rim.

Vladimir Poutine ou le chaos
Vladimir Poutine se fit ais√©ment confirmer dans ses fonctions par le suffrage universel lors d'un scrutin tenu le 26 mars 2000. Le nouveau ma√ģtre du Kremlin tint ses promesses, autant qu'on puisse le comprendre,  envers la ¬ę famille ¬Ľ, qui ne fut plus inqui√©t√©e, mais pour le reste, il se r√©v√©la beaucoup moins effac√© que ce qui √©tait attendu. Comme premier ministre, il avait d√©j√† montr√© sa fermet√© envers la r√©bellion tch√©tch√®ne qui avait repris les armes d√®s le mois d'ao√Ľt 1999. La popularit√© acquise ainsi par Poutine ne fut pas m√™me √©rod√©e lors de l'accident du Koursk, un sous-marin nucl√©aire perdu en Mer de Barents  en ao√Ľt 2000, et √† l'occasion duquel les autorit√©s furent accus√©es de ne pas avoir √©puis√© toutes les possibilit√©s (en particulier en acceptant l'aide de secours √©trangers) pour sauver l'√©quipage qui avait tout entier p√©ri.

Lors de ce premier mandat, la politique de Poutine s'est caract√©ris√©e, √† l'int√©rieur du pays par la poursuite de la guerre en Tch√©tch√©nie (avec une brutalit√© r√©guli√®rement d√©nonc√©e par les organisations de d√©fense des droits des Humains), et par de mesures prises pour combattre la puissance de certains oligarques (les ennuis faits √† Mikha√Įl Khodorkovski, patron de la soci√©t√© Youkos, √©tant l'embl√®me de cette politique qui ressemble davantage √† la bataille d'un clan pour conserver le pouvoir qu'√† une v√©ritable lutte contre les enrichissements abusifs), des mesures qui sont aussi pass√©e par une reprise en main des grands m√©dias d'opposition, r√©duisant par l√† la libert√© d'expression dans le pays, tout en renfor√ßant le pouvoir personnel de Poutine. A l'ext√©rieur, la Russie √† cherch√© √† maintenir une forme de droit de regard sur les anciennes r√©publiques de l'URSS devenues ind√©pendantes, en particulier sur l'Ukraine, qui est le berceau historique de la Russie, mais qui regarde aussi de plus en plus vers l'Ouest. La Russie de Poutine a aussi cherch√©, apr√®s les ann√©es d'effacement qui avaient suivi l'effondrement de l'URSS, a retrouver une place parmi les grandes puissances internationales. Non plus d√©sormais en jouant de son importance militaire, mais gr√Ęce √† ses ressources √©nerg√©tiques (gaz, p√©trole), dont les revenus servent aussi √† financer le r√©armement du pays.

Poutine a √©t√© r√©√©lu pour un deuxi√®me mandat en 2004 avec une majorit√© √©crasante. Il a poursuivi ses politiques de centralisation et de contr√īle, tandis que la Russie a continu√© de b√©n√©ficier de la hausse des prix des mati√®res premi√®res, ce qui a permis une am√©lioration du niveau de vie et une r√©duction de la pauvret√©.
 

La guerre de Tchétchénie
La deuxi√®me guerre de Tch√©tch√©nie qui a d√©but√© en 1999 a eu pour causes le fait que Moscou n'ait pas rempli les engagements pris lors de l'accord  de Khassaviourt (investissements dans la reconstruction), ce qui avait affaibli la position du pr√©sident Alslan Maskhadov (√©lu en 1997), impuissant  face aux agissements des seigneurs de la guerre locaux et des bandes organis√©es qui vivaient du kidnapping. Le seul pouvoir organis√© en Tch√©tch√©nie semblait d√©sormais n'√™tre que celui des groupes islamistes salafistes (wahhabisme), dont la principale figure a √©t√© Shamil Bassa√Įev,  et qui avaient trouv√© dans le chaos ambiant un terrain favorable √† leur implantation. On a rang√© ici les principaux √©v√©nements de cette guerre en trois rubriques : la Tch√©ch√©nie m√™me, les petites r√©publiques du Caucase du Nord, voisines, et le reste de la Russie.

Tchétchénie

2002. - Un h√©licopt√®re russe s'√©crase en ao√Ľt : au moins 115 tu√©s. En d√©cembre, √† Grozny, le quartier g√©n√©ral du gouvernement Tch√©tch√®ne soutenu par Moscou est victime d'un attentat suicide √†  la bombe : 50 tu√©s.

2003. - En mars, la population tchétchène se prononce, lors d'un référendum tenu dans des conditions discutables pour le maintien de la Tchétchénie dans la Fédération de Russie. En mai un attentat suicide tue plus de 50 personnes au nord de la république. Deux jours plus tard, un nouvel attentat vise le nouveau président tchétchène (homme de paille de Moscou), Akhmad Kadyrov, qui y échappe, mais une dizaine de personnes sont tuées.

2004. - Kadyrov est tu√© par  l'explosion d'une bombe en mai.

2005. - En février, l'ancien président Aslan Maskhadov demande un cessez-le feu. Mashkadov est tué par les Russes en mars.

Le chef de guerre islamiste, Shamil Basa√Įev,  se d√©clare le chef de toutes les forces rebelles.


Caucase du Nord

2003. - En juin, un attentat suicide à la bombe contre un bus de militaires stationnés à Mozdok en Ossétie du Nord fait une vingtaine de morts.

2004 -Si√®ge de Beslan. - en septembre, plus de 330 personnes, dont de nombreux enfants, meurent lors de l'assaut russe, lors  de la prise d'otage d'une √©cole par les Tch√©tch√®nes √† Beslan, en Oss√©tie du Nord. Aslan Maskhadov, condamne cette prise d'otages, orchestr√©e par son rival Shamil Bassa√Įev.

2005. - En janvier, une vingtaine de personnes sont tuées dans des affrontements en Ingoutchie, au Daghestan, en Kabardino-Balkarie. Répression brutale par les forces russes.

2006. - Shamil Bassa√Įev est tu√© le 10 juillet en Ingoutchie.

En juin, au moins dix tu√©s dans une explosion au Daghestan. En octobre, encore une dizaine de morts dans des affrontements entre la police et militants √† Nalchik, la capitale de la Kabardino- Balkarie. 

Russie

2002. - En octobre, prise d'otages √† l'Op√©ra de Moscou par des Tch√©tch√®nes. Environ  800 personnes retenues. La plupart des rebelles et environ 120 otages sont tu√©s lors de l'assaut par les forces russes. 

2003. - En juillet, attentat suicide √† la bombe lors d'un festival rock pr√®s de Moscou : 15 tu√©s. En d√©cembre, 40 tu√©s dans l'attaque d'un train de passager au sud de la Russie. 

2004. -  En f√©vrier attentat suicide dans le m√©tro de Moscou, attribu√©e aux Tch√©tch√®nes : environ 40 morts. En ao√Ľt, deux avions de passagers s'√©crasent √† quelques minutes d'intervalle apr√®s leur d√©collage de Moscou : 89 tu√©s. Cette fois encore, les rebelles  tch√©tch√®nes sont accus√©s par les autorit√©s.

. Le contr√īle int√©rieur Les relations internationales
Les Institutions

D√©cembre 2003. - Les √©lections accordent √† Poutine une solide majorit√© au Parlement. 

F√©vrier 2004. Le premier ministre Mikha√Įl Kassianov est limog√©, puis remplac√©, en mars, par Mikha√Įl Fradkov, tandis que Poutine sort vainqueur des √©lections pr√©sidentielles.
 

Le pétrole et le gaz

Youkos. - En octobre 2003,  le milliardaire Mikha√Įl Khodorkovski, patron de la soci√©t√© p√©troli√®re Youkos, accus√© de fraude fiscale et d'√©vasion de capitaux est arr√™t√©. (Khodorkovski s'opposait aussi sur le plan politique √† Poutine, en soutenant l'opposition lib√©rale). Les autorit√©s russes prennent le contr√īle, en ao√Ľt 2004, de Youganskneftegaz, l'unit√© de production principale de Youkos √† titre de compensation des dettes dues √† l'√Čtat. En d√©cembre, la firme nationale Rosneft rach√®te Youganskneftegaz. L'essentiel de l'industrie p√©troli√®re russe ainsi renationalis√©e de fait. En mai 2005, Khodorkovski est condamn√© √† neuf ans (huit apr√®s appel) de prison. Il est transf√©r√© dans une colonie p√©nitentiaire, en Sib√©rie. En juillet 2006, la Justice a mis fin √† l'existence du groupe Youkos.

Gazprom. - En juin 2005, l'√Čtat prend le contr√īle de Gazprom, la premi√®re soci√©t√© gazi√®re du pays. En septembre, Gazprom ach√®te la soci√©t√© concurrente Sibneft. 
 

Les libertés

En janvier 2002, la derni√®re t√©l√©vision ind√©pendante (TV-6) est contrainte √† cesser d'√©mettre. Son autorisation lui sera rendue en juin, apr√®s un accord avec le Kremlin, qui un an plus tard contr√īlera compl√®tement le m√©dia (rebaptis√© TVS).

Janvier 2006. - Poutine signe une nouvelle loi visant à limiter les activités des organisations non-gouvernementales lorsqu'il est considéré qu'elles représentent une menace.

Octobre 2006. - Assassinat de Anna Politkovska√Įa, une journaliste connue pour ses critiques envers le r√©gime. Douze journalistes ont √©t√© assassin√©s en Russie depuis 2000.

L'étranger proche

Ukraine. - En octobre 2003, un conflit frontalier se d√©clare entre l'Ukraine et la Russie, √† propos de la construction d'une route sur le d√©troit de Kerch entre la c√īte russe et l'√ģle ukrainienne de Tuzla. Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, L√©onid Kuchma, finissent par s'entendre sur l'utilisation conjointe du d√©troit et sur le statut de la mer d'Azov. (L'√ģle de Tuzla n'est pas concern√©e par cet accord). Les relations avec l'Ukraine deviennent plus tendues apr√®s la R√©volution orange (novembre 2004). En janvier 2006, Moscou coupe pendant quelques jours l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, en pr√©textant des raisons techniques, mais rappelant ainsi implicitement la d√©pendance de l'Ukraine vis-√†-vis de la Russie. 

Chine. - En juillet 2001,  un trait√© d'amiti√© est sign√© entre la Russie et la Chine. En mars 2006, ce sont des accords √©conomiques avec la Chine (concernant notamment l'exportation future de gaz russe vers ce pays) qui sont conclus.

Kirghizistan. - En septembre 2003, le Kirghizistan donne son accord pour l'installation sur son sol d'une base militaire russe, qui doit accueillier une nouvelle force d'interventions rapide, dans le cadre de la lutte anti terroriste.

Iran. - En février 2005, un accord énergétique (nucléaire) est conclu avec l'Iran.

Géorgie - La détention, en septembre 2006, de quatre officiers russes accusés d'espionnage et l'expulsion, en représailles de centaines de ressortissants géorgiens de Russie accentuent les tensions qui existent entre Moscou et Tbilissi depuis 2003

L'Ouest

√Čtats-Unis, OTAN. - En mai 2002, accord est sign√© avec les √Čtats-Unis sur la r√©duction des armes nucl√©aires strat√©giques. Il est suivi d'un accord de s√©curit√© avec l'OTAN  concernant nottamment la coop√©ration dans la lutte contre le terrorisme.

Allemagne. - Un accord est conclu en septembre 2005 pour la construction d'un gazoduc sous la mer Baltique pour approvisionner l'Allemagne en gaz russe. 

Dmitri Medvedev en passant.
Poutine, limit√© par la constitution √† deux mandats cons√©cutifs, c√®de la place √† Dmitri Medvedev comme candidat √† la pr√©sidence en 2008. Medvedev est √©lu pr√©sident nomme Poutine Premier ministre. Medvedev lance des initiatives pour moderniser l'√©conomie russe, diversifier ses sources de revenus et r√©duire sa d√©pendance aux ressources naturelles. Il plaide pour une r√©forme judiciaire et la lutte contre la corruption. Il lance la Russie dans une contre la G√©orgie (7-16 ao√Ľt 2008), mais cherche √©galement √† am√©liorer les relations avec l'Occident, notamment en signant un nouveau trait√© de r√©duction des armes nucl√©aires avec les √Čtats-Unis (New START) en 2010. La p√©riode voit la une mont√©e des protestations contre la corruption et le manque de r√©formes politiques. Elles culminent avec des manifestations massives en 2011-2012 contre les r√©sultats des √©lections l√©gislatives et le retour annonc√© de Poutine √† la pr√©sidence.

Retour de Poutine.
Poutine est réélu président en mars 2012, après avoir modifié la constitution pour pourter la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans. Sa réélection a été marquée par des accusations de fraude électorale et des manifestations de l'opposition. Ce retour de Poutine est accompagné d'une répression accrue des mouvements d'opposition, avec des arrestations de manifestants et des lois restrictives visant à limiter la liberté d'expression et les activités des ONG.

En mars 2014, la Russie affiche ouvertement ses ambitions en direction de l'Ukraine : elle annexe la Crim√©e et attise dans l'Est du pays (Donbass) les combats les forces ukrainiennes et les s√©paratistes qu'elle soutien. Ces actions sont largement condamn√©es par la communaut√© internationale, et entra√ģne des sanctions √©conomiques de la part de l'Union europ√©enne et des √Čtats-Unis. Le soutien russe aux s√©paratistes  va conduire  √† un conflit prolong√©. Les Accords de Minsk, sign√©s en 2014 et 2015, visent √† mettre fin aux hostilit√©s, mais les combats sporadiques se sont poursuivis dans les ann√©es suivantes.

En septembre 2015, la Russie lance une intervention militaire en Syrie pour soutenir le r√©gime de Bachar al-Assad. Cette intervention change la dynamique du conflit syrien et permet au r√©gime syrien de reprendre le contr√īle de vastes territoires.

Pendant cette p√©riode, l'√©conomie russe continue d'abord √† cro√ģtre, mais la d√©pendance aux exportations de ressources naturelles et les d√©fis structurels ont persistent. Les sanctions √©conomiques impos√©es par l'Occident, combin√©es √† la chute des prix du p√©trole en 2014, conduisent √† une r√©cession √©conomique en Russie. Le gouvernement russe met en place des mesures d'aust√©rit√© et de diversification √©conomique pour att√©nuer les effets des sanctions.

Quatrième mandat de Poutine.
Vladimir Poutine est r√©√©lu en mars 2018 avec plus de 76 % des voix. Son nouveau mandat a √©t√© marqu√© par une poursuite des politiques de centralisation et de r√©pression de l'opposition. En 2020, des r√©formes constitutionnelles sont approuv√©es par r√©f√©rendum. Ces r√©formes permettent √† Poutine de potentiellement rester au pouvoir jusqu'en 2036.  La pand√©mie de covid-19 touche la Russie de mani√®re significative. Le gouvernement met en place des mesures sanitaires et √©conomiques pour faire face √† la crise, notamment par la production et la distribution du vaccin Sputnik V.

La p√©riode a √©t√© marqu√©e par des manifestations contre le gouvernement, notamment en r√©ponse √† l'arrestation de l'opposant Alexe√Į Navalny en 2021, qui mourra en d√©tentions en 2024, dans le centre p√©nitentiaire o√Ļ il vient d'√™tre transf√©r√©. Le gouvernement r√©pond, comme chaque fois, par une r√©pression accrue, avec des arrestations massives et des lois restrictives qui visent √† limiter l'opposition et la libert√© d'expression.

En f√©vrier 2022, la Russie lance une invasion √† grande √©chelle de l'Ukraine, d√©clenchant par l√† une guerre majeure en Europe. Des sanctions internationales suppl√©mentaires contre la Russie sont d√©cid√©es, ainsi qu'un soutien militaire et humanitaire massif √† l'Ukraine de la part des pays occidentaux. La guerre en Ukraine a des r√©percussions √©conomiques importantes pour la Russie (perturbations dans le commerce, inflation accrue et une fuite de capitaux). La soci√©t√© russe est √©galement  impact√©e par les pertes humaines et les restrictions croissantes sur les libert√©s civiles.

Cinquième mandat.
Poutine a été réelu le 17 mars 2024 avec 87 % des voix. Le régime prend chaque jour un tour plus autoritaire, la Guerre en Ukraine continue et la Russie ne semble plus savoir tenir une place sur la scène internationale autrement qu'en exerçant sa capacité de nuisance dans toutes les directions.

--
Laurent Vinatier, Russie, l'impasse tch√©tch√®ne, Armand Colin, 2007. -Les op√©rations engag√©es contre la Tch√©tch√©nie en 1994 √† la suite de la d√©claration d'ind√©pendance de la petite r√©publique, loin d'obtenir le r√©sultat escompt√© au vu du d√©s√©quilibre des forces, ont ouvert un conflit d'une complexit√© et d'une cruaut√© rares : d√©vastation de Grozny, terreur (exactions de l'arm√©e russe et des milices tch√©tch√®nes pro-russes) et contre-terreur (prises d'otages, radicalisation islamiste tch√©tch√®ne, etc.) Les solutions n√©goci√©es √† cette guerre instrumentalis√©e dans le cadre politique int√©rieur russe ont √©t√© au fur et √† mesure balay√©es. C'est qu'il s'agit co√Ľte que co√Ľte de r√©tablir une "normalit√©" dont l'√©puisement actuel des ind√©pendantistes n'est qu'un gage tr√®s incertain. Est-il concevable que la Russie parvienne enfin √† surmonter les blocages politiques et id√©ologiques qui entravent toute solution durable et humaine de la question? La recomposition d√©finitive de l'Etat russe et le solde du pass√© sovi√©tique ne se feront, en tout cas, qu'√† ce prix. (couv.).

Yulia Yuzik, Requiem pour Beslan, Actes Sud, 2006. - En septembre 2004, les 1er, 2 et 3, à Beslan, en Ossétie, une république caucasienne voisine de la Tchétchénie, une école était prise en otage par un commando "tchétchène". Plus de 1 000 personnes - enfants et adultes - venues pour la rentrée des classes restèrent enfermées trois jours sans eau ni nourriture, réduites au silence et tétanisées par des bombes prêtes à exploser sur un simple geste des "terroristes". Dès le deuxième jour, les personnes les plus affaiblies, en particulier des enfants, commencèrent à mourir des privations endurées.

Les t√©moins remarqu√®rent aussit√īt des anomalies dans le comportement des autorit√©s locales et ne pouvaient s'emp√™cher de craindre un d√©nouement tragique. Ainsi par exemple, on ne vit jamais arriver les troupes d'√©lites, du type du GIGN (d√©nomm√©es Alpha), si bien que l'issue annonc√©e d√©passa toutes les pr√©visions - l'√©cole fut prise d'assaut au milieu de terribles explosions et pr√®s de 400 personnes, pour la moiti√© des enfants, p√©rirent carbonis√©es, y compris le commando terroriste. Le traumatisme en Russie fut √©norme, √©gal √† celui du 11 septembre aux Etats-Unis.

Une jeune journaliste de vingt-quatre ans, Yulia Yuzik, décida un peu plus tard d'aller enquêter sur place et d'interroger les parents des enfants, des otages survivants (enfants et adultes), des spécialistes du terrorisme... De ces témoignages regroupés par thème (l'eau, l'air, Tchétchènes...), il ressort l'impression très nette que la version officielle n'était pas la bonne (le nombre des terroristes, la fuite organisée d'une partie d'entre eux...), que derrière les apparences se cachait une énorme manipulation comme sait si bien le faire la police de ce pays depuis l'époque tsariste. Le pouvoir russe aurait ainsi décidé de mettre de cette façon la Russie au nombre des pays victimes du terrorisme islamique pour faire taire les critiques occidentales contre ses méthodes en Tchétchénie. En plus de nous plonger au coeur de la tragédie - les larmes vous viennent aux yeux devant tant de malheurs -, l'auteur, par petites touches, nous laisse entrevoir le fonctionnement de tout un système, celui du président Poutine qui se sert du drame tchétchène pour renforcer chaque fois davantage son pouvoir.

Une leçon de journalisme subjectif dans la veine du travail de Svetlana Alexiévitch, l'auteur de La Supplication, qui signe la préface. (couv.).

.


[Histoire politique][Biographies][CartothŤque]
[Aide][Recherche sur Internet]

©Serge Jodra, 2008- 2024. - Reproduction interdite.