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Aratus | ![]() |
![]() Aratus |
Ne voyez-vous pas, quand
la Lune![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Les douze portions du zodiaque
suffisent pour montrer la durée des nuits, et pendant toute l'année
[a], les saisons
[ Observez donc d'abord la Lune avançant ses
deux cornes : le soir diversifie beaucoup sa lueur en différents
temps. Elle prend en croisant des apparences bien variées, les unes
le troisième, les autres le quatrième jour, et par elles
vous pouvez juger de la température du mois qui commence. Car si
elle est bien effilée et claire, le troisième jour, elle
sera sereine; si elle est fine et presque rouge, elle présage des
vents; si ses bords ne se terminent pas net, et que ses cornes ne soient
pas bien pointues, mais que sa lueur au troisième jour soit faible,
c'est signe que le vent viendra du midi, ou que la pluie est près
de tomber. Si dans le troisième jour, ses deux cornes n'éprouvent
aucun changement, et qu'elle ne brille pas par le haut, mais que les pointes
de son croissant s'inclinent également droit de part et d'autre,
les vents du soir s'élèveront pendant cette nuit; mais si
c'est dans son quatrième jour, qu'elle a cette apparence, elle désigne
de la pluie amassée dans l'air; et si la corne supérieure
du croissant est abaissée, attendez-vous à un vent du nord.
Si au contraire cette corne se relève, vous aurez
un vent du midi; si quand, le troisième jour, elle montre un cercle
entier [ Ces annonces ne se font pas tous les jours, il n'y a que celles du troisième et du quatrième avant la dichotomie, et de la dichotomie à la Lune de la moitié du mois, ainsi que de cette moitié à la dichotomie décroissante, qui soient signifiantes. On atteint bientôt le dernier quart du mois, et ensuite le troisième on compte de la fin. Si elle est alors entourée de deux ou trois cercles, ou même d'un seul, le cercle unique est un signe de vent ou de calme; si le cercle n'est pas bien formé, il y aura du vent; s'il est faible, on aura du calme, mais deux cercles qui entourent la Lune sont les avant-coureurs d'un orage qui sera bien plus fort s'il y a un troisième cercle plus sombre et plus déchiré. Tels sont les présages que vous pouvez tirer de la Lune pour le mois. |
[a] Un
ancien astronome, Méton, a trouvé
par des calculs exacts la petite année, relativement à la
grande où tout se confond. Après lui, les astronomes ont
affiché dans les villes, des tables des révolutions [b] La lune dichotome, ou coupée par le milieu, est la quadrature, entre la nouvelle et la pleine Lune, ou entre la pleine et la nouvelle C'est ce que nous nommons vulgairement premier et second quartier, parce que nous ne voyons que la moitié de la face tournée vers le Soleil. (Halma). |
Ayez soin aussi de consulter
le Soleil aux deux points opposés, car les signes qu'il présente
sont les meilleurs. D'abord il faut que son disque soit bien pur quand
il touche les terres à l'horizon![]() ![]() Après une pluie qui a duré tout le
jour, examinez les nuées, cers le Soleil couchant. Si une nuée
noirâtre obscurcit le Soleil, et qu'elle soit traversée par
des rayons qui paraissent autour, de part et d'autre, vous aurez besoin
de vous mettre à couvert quand il se lèvera. Mais s'il se
plonge sans nuée dans le flot du soir, et que pendant qu'il se couche
et qu'il disparaît, des nuées rougeâtres s'approchent
de lui, vous pouvez ne pas trop craindre de pluie pour la nuit ni le lendemain.
Quand au contraire les rayons du Soleil en s'affaiblissant se dardent rapidement
du ciel, comme pour s'éteindre, lorsque la Lune opposée La mer gonflée et les sifflements qui se font entendre au loin sur ses rivages, dans un temps serein, et les sons aigus et prolongés qui viennent du haut des montagnes, sont encore des signes de vent. Quand le héron blanc vient à grands
cris, de la mer à la terre, contre sa coutume, la mer sera fort
agitée. Et souvent les foulques ou poules d'eau, quand elles volent
par un temps serein, se portent en foule contre les vents qui vont souffler.
Souvent aussi les canards sauvages ou les plongeons de mer, qui battent
la terre de leurs ailes, et les nuées qui se prolongent sur les
sommets des montagnes, et les fleurs qui tombent des plantes, avec le duvet
des acanthes blanches, et nageant à la surface de l'eau, avant ou
après, sont autant de signes de vent. En observant aussi, en été,
d'où partent les tonnerres et les éclairs, vous saurez
par là doit vient le vent. Et dans l'obscurité de la nuit,
vous aurez du vent des points où sont les étoiles tombantes Quand les éclairs [ |
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Les boeufs
même, sentant la pluie qui va tomber, élèvent leurs
têtes vers le ciel. Les fourmis emportent au plus vite leurs oeufs
de leur trou; les iules [c]
rampent sur les murs, ainsi
que les vers qu'on appelle les entrailles de la terre.
Les poules domestiques, engendrées par le coq, grattent et gloussent avec un bruit semblable à celui de l'eau qui tombe par gouttes sur de l'eau. Toutes les espèces de corbeaux Mais si les sombres nuées s'étendent le long des vallées des grandes montagnes, pendant que leurs sommets restent découverts, vous aurez un temps serein, de même que quand la nuée sera basse sur la vaste mer, et ne s'élèvera pas au-dessus de la surface de l'eau où elle restera étendue au niveau de la plage maritime. |
[c] L'iule, dit Théon est un ver à plusieurs pieds, il en a mille, comme les scolopendres et pourquoi on lui en donne le nom. On les nomme les entrailles de la terre, parce qu'ils y vivent, et à cause de leur forme longue et ronde. Tous ces signes, dit Théon sont causés par la disposition de l'air qui agit sur les objets intérieurs comme sur les extérieurs. (Halma). |
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Quand donc l'air est serein,
observez s'il ne se troublera point; et quand il est orageux, observez
s'il doit bientôt s'éclaircir. Pour cela, consultez la Crèche
que le Cancer![]() Avant le retour du calme, les grues s'envolent ensemble sans crainte, mais n'espérez point de beau temps si elles reviennent, non plus que si la clarté du ciel s'obscurcit sans qu'il y ait de nuées, ni d'autre obscurité d'ailleurs, ni de la Lune, mais si les étoiles sont sans éclat, tout cela ne peut vous présager un beau temps, mais de l'orage; ainsi que quand vous voyez des nuées dans un même lieu, et d'autres près d'elles, celles-ci passant, et les premières les suivant; et aussi quand vous entendez les oies qui crient en allant aux pâturages. Le cri nocturne de la corneille qui vit neuf âges, de la chouette qui se fait entendre le soir, et du passereau le matin tous les oiseaux qui s'éloignent de la mer, l'orchile et le rouge-gorge qui se retirent dans des trous, et les troupes de geais qui reviennent le soir de paître, vous offrent encore des signes de tempête. Les abeilles A quoi bon rapporter tous les autres signes que les humains peuvent remarquer? Il n'est pas jusqu'à la cendre que vous pouvez observer comme une neige légère, comme des grains de millet autour de la mèche ardente de la lampe allumée; ou comme de petits grêlons autour d'un charbon brûlant avec un nuage léger qui paraît au milieu tandis que le feu le consume en dedans. Les chênes chargés de leurs fruits, et les noirs lentisques, ne sont pas exempts de nous donner des signes à leur manière. Le cultivateur les examine souvent pour ne pas perdre ce que l'été lui promet. Les chênes bien garnis de glands annoncent un hiver rigoureux; que les campagnes ne soient donc pas trop couvertes, afin que les épis ne soient pas trop serrés. Le lentisque produit trois fois, et il porte en trois temps qui servent d'indications pour autant de sortes de culture. En effet, on divise en trois le temps de travailler à la terre, celui du milieu, et ceux du commencement et de la fin. D'abord ce sont le labourage et les semailles, ensuite la production des fruits, et enfin le terme. Tout cela est bien signifié par le lentisque dont la fécondité l'emporte sur tous les autres végétaux. Ses premiers fruits sont petits, les seconds sont moyens entre les premiers et les derniers. La squille, par ses trois temps de floraison, nous montre la même distribution des travaux de la terre; car ce que le cultivateur remarque dans la fructification du lentisque, il le retrouve dans la blanche fleur de la squille. Quand, dans la saison de l'automne, les guêpes se ramassent en plusieurs groupes, avant le retour des Pléiades au soir, on peut être certain que l'hiver suivant sera proportionné à la grosseur de ces pelotons. Les accouplements des truies, des brebis et des chèvres, recevant encore le mâle, au retour du pâturage. annoncent, comme les guêpes, une grande intensité de froid. Le pauvre se réjouit quand il voit les chèvres, les brebis et les truies ne s'accoupler que tard, parce que n'ayant pas de quoi se chauffer beaucoup, il prévoit par elles, que l'hiver sera doux cette année. Le laboureur aime aussi â voir des troupes de grues venir en leur temps, car quand elles se montrent hors de saison, les hivers arrivent aussi d'autant plus irrégulièrement, qu'elles se font voir avec plus de variations; car plus tôt et plus serrées elles paraissent, plus tôt aussi ils viennent après elles. Mais quand vous ne les voyez que tard et non en troupes, qu'elles volent plus longtemps et en petit nombre, le délai de l'hiver vous permettra d'achever vos derniers travaux. Si les boeufs et les béliers,
à la fin de l'automne, frappent la terre de leurs cornes, et élèvent
leurs têtes contre le vent du nord, les Pléiades à
l'occident vous amèneront un hiver orageux: qu'on n'ouvre pas trop
la terre, car il sera long et excessif; et il ne sera favorable ni aux
plantes, ni à la culture. Qu'une neige abondante couvre les vastes
campagnes, mais qu'elle ne tombe pas sur les moissons déjà
fortes et montées, afin qu'on puisse jouir de la fertilité
de cette année. Mais il ne faut pas qu'on voie au ciel une ou plusieurs
comètes Le cultivateur ne voit pas non plus avec plaisir, de dessus le continent, des troupes d'oiseaux se jeter des îles sur ces terres ensemencées, à l'approche de l'été; car il craint pour sa moisson, qu'elle ne soit dépouillée de grains, et frappée d'une rouille stérile. Mais le pasteur voit volontiers ces oiseaux, quand ils viennent en assez grand nombre, dans l'espérance qu'ils lui donnent qu'il y aura abondance de lait pendant l'année. C'est ainsi que nous vivons nous autres humains, en divers lieux, mais dans les mêmes variétés de peines, toujours attentifs à étudier les signes qui s'offrent devant tous, pour nous donner la connaissance de l'avenir. Les bergers observent les agneaux quand ils vont aux champs : d'un côté les béliers du troupeau, si de l'autre les agneaux jouent à se frapper, ceux ci avec leurs quatre pieds légers, ceux-là avec leurs deux cornes; ou si quelques-uns ne marchent pas volontiers hors du troupeau, broutant l'herbe çà et là, en retournant le soir à l'étable, quoique souvent rappelés par de petits cailloux qu'ils leur jettent. Les laboureurs et les bouviers apprennent aussi des
boeufs à prévoir l'orage qui va s'élever; quand les
boeufs lèchent les cornes de leurs pieds de derrière, ou
s'étendent dans l'étable couchés sur le côté
droit, le laboureur prudent diffère d'ouvrir la terre; ou quand
mugissant plus que de coutume, ainsi que les vaches
tristes au retour du pré et du pâturage, en signe de vouloir
se rassasier avant l'orage; et ni les chèvres,
si elles broutent les branches de chêne
ni les cochons, s'ils se vautrent dans la boue,
n'annoncent du beau temps.
Ni les rats même avec leurs cris sourds, n'ont paru aux Anciens ne pas vouloir annoncer quelque changement dans l'air, quand par un beau temps, on les entend ou qu'on les voit courir plus fréquemment comme dans une espèce d'agitation; ni les chiens, quand ils grattent la terre avec deux pattes, car alors le chien sent l'approche de la pluie. L'écrevisse alors sort de l'eau pour se retirer sur la terre avant que l'orage éclate. Les souris dans les maisons se préparent de leurs pattes un lieu pour s'y reposer quand elles ont un pressentiment de pluie, et c'est ainsi qu'elles la présagent. Ne négligez aucun de ces signes. Comparez-en deux l'un à l'autre; s'ils conspirent ensemble, vous serez plus sûr de l'avenir, mais assurez vous-en plus encore par un troisième. Vous pouvez compter tous les signes pendant le cours d'une année, en les comparant les uns aux autres pour voir au lever ou au coucher de quelle étoile un jour commence comme un signe l'annonce. Il sera plus sûr de faire ces observations aux quartiers de chaque Lune qui sont les temps des mois consécutifs, où l'air est le plus difficile à juger pendant les huit nuits de la présence ou de l'absence de la Lune. Ces observations faites sans interruption pendant toute une année, vous mettront en état de ne rien dire d'incertain sur l'état de l'air. Épilogue du scholiaste - Voilà mon cher Julien, ce que j'ai brièvement rassemblé pour vous. D'autres peuvent y ajouter beaucoup d'autres choses, comme l'a fait Aratus, qui, à l'occasion de Persée, rapporte tout ce qu'on a dit de ce héros; en parlant du Bouvier, tout ce qu'on en sait déjà; et en décrivait le vaisseau Argo, l'expédition des Argonautes. C'est l'usage de ceux qui veulent faire de gros livres. Pour moi, content de ne dire que ce qui est à propos et nécessaire, j'ai négligé tout le reste comme superflu. Je n'ai donné de détails que ceux qui conviennent à la science mathématique, sans égard pour les fables et les fictions; car à quoi bon s'engager dans les détails d'une érudition déplacée, réciter le nombre et l'espèce des étoiles de chaque constellation, marquer les positions des cercles divers qui n'importent en rien au sujet, et écrire sans fin et sans mesure, moins encore pour paraître savant, que pour faire parade de science? (Théon).Et que serait-ce donc s'il n'eût pas voulu être court? n'eût- il pas mieux fait, quoiqu'il en dise, de nous donner le nombre des étoiles de chaque constellation auquel il faut que je supplée maintenant par Eratosthène? (Halma). |
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