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Le
Mariage de Figaro ou la Folle Journée, comédie
en cinq actes, en prose, de Beaumarchais.
repré sentée dans la nouvelle salle de la Comédie-française
(Odéon), le 27 avril 1784. - C'est la suite du Barbier de Séville .
La scène est au château d'Aguas-Frescas,
à trois lieues de Séville, chez le comte Almaviva, grand
corrégidor d'Andalousie. Lindor a épousé Rosine. La
comtesse a pour première camériste la sémillante «
riante et verdissante » Suzanne, qui est fiancée à
Figaro, resté au service du comte en qualité de valet de
chambre et de concierge du château. Le grand seigneur, volage et
libertin, délaisse sa femme, trouve Suzon fort à son goût,
et les ruses qu'em ploie l'inventif barbier pour déjouer les projets
de son maître sur sa fiancée forment un imbroglio qui se dénoue
heureusement par le mariage de Suzanne et de Figaro, et « tout finit
par des chansons », comme dit le vaudeville final, bouquet de ce
brillant feu d'artifice.
Esprit, gaieté,
verve endiablée animent un dialogue étincelant. Le style
est inégal, souvent incorrect et vulgaire, mais toujours vivant
et pittoresque. On retrouve le Basile et le Bartholo du Barbier; on y voit
pour la première fois la délicieuse figure de Chérubin,
le petit page dont le coeur s'éveille aux regards de sa belle marraine.
et l'amusante silhouette du juge Brid'oison. Mais l'intérêt
exceptionnel de cette pièce célèbre réside
surtout dans l'audace et la portée sociale de la satire. Dans un
cadre espagnol, c'est une charge à fond de train contre la no blesse
et la magistrature de la France. Louis XVI jugeait
la pièce trop dangereuse pour en permettre la représentation
publique :
Il
faudrait, dit le roi après en avoir entendu la lecture, que d'abord
la Bastille fût renversée!
La pièce, restée
cinq ans en portefeuille, fut enfin répétée à
l'hôtel des Menus, essayée à Gennevilliers chez le
comte de Vaudreuil et jouée enfin à Paris
avec un éclatant succès, A sa 108e
représentation, la Bastille
n'existait plus. (NLI). |
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