Dictionnaire des Oeuvres
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Sirvente, nom donné par les troubadours à toute poésie lyrique qui ne roulait pas sur l'amour, et qui, par cela même, était, suivant eux, d'un ordre inférieur, une poésie de servant d'armes (sirventese, de sirvent), par opposition avec la poésie noble, qui roulait sur l'amour, et qui était appelée cansò. Les sirventes sont donc de caractères et de tons fort divers. La plupart appartiennent au genre satirique; mais beaucoup sont des chants de guerre, des appels à la croisade, des manifestes politiques; quelques-uns sont des élégies (planhs). Le sirvente satirique dut être d'abord pour les troubadours. un moyen d'exprimer leurs passions haineuses contre ceux qui les avaient excitées; mais il servit bientôt à censurer les désordres des différentes classes de la société, à reprocher aux seigneurs, aux souverains, au Saint-Siège même, leurs vexations, leurs torts, leurs erreurs. Un des troubadours qui réussirent le mieux en ce genre fut Bertrand de Born; il florissait en 1060. Villemain (Littérature au Moyen âge, t. 1er) a donné une belle traduction d'un de ses chants de guerre. Bertrand de Born a laissé aussi une admirable élégie sur le trépas de Henri Court-Mantel, mort en 1183.


En bibliothèque - E. Baret, Espagne et Provence, Paris, 1857, in-8°.

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