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Hôtel
Carnavalet, Paris
(IVe arrondissement).
- Cet hôtel, situé au n° 23 de la rue
de Sévigné, joint a l'Hôtel Le Peletier de saint-Fargeau
qui le jouxte, a été transformé en bibliothèque
et musée de la Ville de Paris depuis 1866. Il doit son nom à
celui (déformé) d'une famille de Bretagne
à laquelle il a appartenu au XVIe
siècle, les Kernevenoy. Les Kernevenoy,
qui ont eu l'honneur de perpétuer ainsi leur souvenir, bien qu'altéré,
n'étaient pas cependant les premiers possesseurs de ce bel édifice.
ll avait été construit, vers 1550, par Pierre
Lescot, pour Jacques de Ligneris, président au parlement, dont
le fils, Théodore, le céda en 1578 à Françoise
de la Baume, veuve de François de Carnavalet depuis 1571.
De cette époque
datent les plus belles parties du monument, dont certaines supportent la
comparaison avec les meilleurs chefs-d'oeuvre de la Renaissance
et ont été attribuées à Jean
Goujon. Au siècle suivant, en 1660, Mansard fut chargé
d'agrandir l'hôtel en construisant une nouvelle façade (moins
le portail qui date de l'origine) et en élevant
d'un étage les trois autres côtés. C'est quelques années
après que Mme de Sévigné
vint l'habiter en qualité de locataire; elle y demeura de 1677 à
sa mort en 1696; on a conservé dans son intégralité
le salon de la célèbre marquise (actuellement salle des Estampes
de la Bibliothèque). Au XVIIIe siècle,
l'hôtel Carnavalet eut surtout pour habitants des gens de finances.
Sous la Révolution, l'École des ponts et chaussées
y fut installée et y resta jusqu'en 1830. Après elle, deux
pensionnats de garçons l'occupèrent. Enfin, en 1866, la ville
de Paris
en fit l'acquisition pour y établir, comme on l'a dit, sa bibliothèque
et son musée historiques.
La bibliothèque
peut être considérée comme un modèle de bibliothèque
spéciale; elle se compose de 80000 volumes environ et de 600 manuscrits,
dont la majeure partie a trait à l'histoire de Paris
et de ses environs, et les autres à l'histoire générale
et à la curiosité littéraire. Le musée historique
a, de même, un caractère presque exclusivement parisien. On
y conserve surtout en très grand nombre des tableaux, gravures,
faïences, médailles, se rapportant à l'époque
révolutionnaire. En 1888-1889 a été entrepris un nouvel
agrandissement de l'édifice, dans le style général
de la construction, en façade sur les rues des Francs-Bourgeois
et Payenne. (Fernand Bournon). |
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