 |
Aksoum (orthographe
éthiopienne) ou Axoum, Axum (orthographe grecque).
- Ville d'Ethiopie (41 000 habitants en 2006), capitale de l'ancienne Ethiopie ,
ou plutôt, du royaume des Aksoumites qui faisait partie de l'Ethiopie,
car ce dernier mot n'avait pas, dans le passé, une qualification
bien précise au point de vue géographique. Elle est située
à 2170 mètres à 20 kilomètres à l'Ouest
d'Adoua .
Les premières mentions d'Aksoum et du royaume des Aksoumites se
trouve dans le Périple de la mer Erythrée et dans
le géographe Ptolémée,
on retrouve ensuite ce nom dans Procope,
Cosmas
; dans Nonnosos). La ville était, d'après
le Périple, à huit jours de marche d'Adulis ,
dans les terres. Le roi Zoscalès y régnait vers l'an 80 ap.
J.-C. pendant que Charibaël régnait chez les Homérites
(Himayrites) et les Sabéens
Aksoum est célèbre dans l'épigraphie
de la haute Egypte
par une inscription bilingue (guez et grec) dont il ne reste plus que la
partie grecque en 31 lignes, découverte en 1805 par le voyageur
Salt, et par deux inscriptions, en guez découvertes en 1833 par
Rüpell. L'inscription grecque raconte les hauts faits du roi Aeizanas
qui est probablement le même que le Aizanas de la lettre de Constance;
et les deux textes guez sont du roi Tazênâ, de deux siècles
postérieurs. Les rois d'Aksoum s'intitulaient en même temps
rois des Éthiopiens
et des Homérites, seigneurs de Raïdan, de Saba et de Silhen,
ce qui prouve les rapports qui ont duré pendant plusieurs siècles
entre l'Ethiopie et le Yemen. Les deux inscriptions guez d'Aksoum sont
très importantes au point de vue de l'histoire de l'écriture
sud-sémitique, car ce sont les seules écrites en caractères
éthiopiens archaïques, qui sont presque de l'himyarite, mais
avec les voyelles adhérentes.
Outre les inscriptions monumentales, nous
avons quelques monnaies des rois aksoumites : les unes, les plus anciennes,
antérieurement au IVe siècle
de notre ère, sont en caractères grecs très corrompus,
ce qui preuve qu'elles ont été gravées par des artistes
ignorants et à une époque où le grec n'était
plus la langue courante; les autres en caractères guez qui sont
les mêmes que ceux des inscriptions, mais sans les voyelles. Les
souverains y prennent le titre de Basileus axomiton, Negush Aksum.
On a déchiffré les noms de Aphilas, Bakhasa, Gersem, Ouzas,
Nezana (ou Aizana ?) Oulzeba, Azaël, Okhsas, Esbaël et Aleb pour
les monnaies à légendes grecques, et Mhigsn, Armah, Hataz,
Ela-Ats, et Zwazan pour les monnaies guez. Presque aucun de ces noms ne
se retrouve sur les listes de rois que nous ont conservées les manuscrits
éthiopiens.
Il existe encore à Aksoum un obélisque
et des colonnes d'ordre grec, le tout anépigraphe. On y voit également
des ruines de l'époque portugaise, notamment une église
datant de 1657. La ville a cessé d'être la capitale politique
depuis qu'elle a été détruite au XVIe
siècle par Gragne (Mohammed le Gaucher). Le siège du gouvernement
a été transféré successivement à Gondar
et à Adoua ,
avant qu'Addis Abeba ne devienne sous Ménélik
(en 1894) la capitale de l'Ethiopie, mais Aksoum est restée la ville
sainte, la ville du clergé et c'est là que, après
la chute de Theodoros, le prince du Tigré s'est fait couronner en
1869 sous le nom de Jahnes negush negushti z Iatiapia ( = Jean,
roi des rois d'Ethiopie). ( E. Drouin). |
|