 |
Ces
langues, parlées en Océanie, appartiennent à la famille
des langues malayo-polynésiennes ( langues
austriques), sont pauvres de formes; les catégories grammaticales
sont faiblement accusées, et le même mot appartient souvent
à différentes parties du discours. Il arrive que le genre
et le nombre ne sont même pas indiqués. La structure des mots
est fort simple : la syllabe ne peut être terminée par une
consonne, ni en renfermer deux; elle se compose toujours d'une consonne
suivie d'une voyelle, ou n'est formée que d'une seule voyelle.
Les langues polynésiennes ont fréquemment recours à
la répétition d'une même syllabe pour former des mots
nouveaux. Elles sont privées de sifflante, et tendent à faire
disparaître les consonnes qui ont une individualité trop prononcée.
On y remarque une double forme du pluriel, indiquant si la personne à
laquelle on s'adresse est comprise dans le nous, ou en est exclue. Il y
a de même un double duel.
Parmi les principales
langues polynésiennes, on citera :
Le Tahitien,
parlé à Tahiti et dans les autres îles de la
Société, ainsi que dans les Tuamotu. C'est
la plus douce des langues polynésiennes, paraît-il. En aucun
cas on n'y rencontre deux consonnes de suite. Il lui manque les sons représentés
par nos lettres c, f, g, k, s. Sa déclinaison a un duel. Les plus
petits changements dans la prononciation des mots modifient leur valeur.
Le marquésan est la langue
parlée aux îles Marquises. Elle n'est ni flexive, comme les
langues
indo-européennes, ni purement agglutinative, comme les langues
austrasatiques et amérindiennes,
mais agglutinative à relations, c.-à-d. que non seulement
il y a addition successive de divers mots ou suffixes, mais que chacun
des mots, n'étant en lui-même ni substantif, ni adjectif,
ni verbe, ni conjonction, peut devenir l'un ou l'autre selon le mot dont
il est précédé ou suivi, et celui-ci à son
tour doit à ce nouveau rapprochement sa signification particulière.
L'hawaïen,
parlé à Hawaii, c'est une langue proche du Marquésan,
et c'est, avec son million de locuteurs, la plus parlée des langues
polynésiennes. Il n'a que deux pronoms personnels, et deux particules
pour déterminer le temps de l'action, l'une pour le futur, l'autre
pour le passé.
Le tongien est une des
langues parlées dans l'île Tonga et dans les îles du
même archipel. Elle a peu de prépositions, et un seul article,
indéclinable comme toutes les autres parties du discours; mais le
tongien possède trois nombres pour les verbes et pour les pronoms
personnels. La déclinaison compte sept cas; la conjugaison est dépourvue
de passif. La prononciation est plus aspirée et moins douce que
celle du tahitien.
|
|