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Roumélie orientale.
- Pays de l'ancienne Turquie d'Europe dont la situation en droit était
absolument différente de la situation en fait : en droit, la Roumélie
orientale était, de par le traité de Berlin
(1878), une principauté autonome, sous la suzeraineté du
sultan d'Istanbul; en fait, et après la révolution du 18
septembre 1885, à la suite de ce coup d'Etat, naturellement inspiré
par le parti « Grand-Bulgare », elle devint tout simplement
part intégrante de la Bulgarie .
Des divers gouvernements de l'Europe ,
aucun ne reconnut officiellement ce nouvel ordre de choses : il n'en exista
pas moins jusqu'à la fin de la Première guerre mondiale.
La Bulgarie ,
telle que l'avait constituée ce même traité de Berlin
en 1878, comme royaume sous la suzeraineté de la Turquie, comprenait
63 160 km². La Roumélie orientale l'augmenta soudainement de
plus de moitié, de 33 500 km² (35 900 d'après un autre
document) et lui ajouta près d'un million d'hommes : exactement
975 030, suivant le dénombrement du 13 janvier 1885.
Comme coordonnées géographiques,
la Roumélie, orientale allait de 41°31' à 42°59'
de latitude Nord et de 21°13' à 25°36' de longitude Est.
Longueur maxima, de à l'Est-Nord-Est « des sommets glacés
du Rhodope » ou Despoto-Dagh à la côte au Nord du golfe
de Bourgas, 360 kilomètres; du Nord au Sud la largeur variant entre
80 et 140 kilomètres, avec moyenne de 100, plus ou moins. On comptait
375 kilomètres de son chef-lieu, Plovdiv (Philippopoli), à
la capitale de l'empire, Istanbul. Comme limites : à l'Est, la mer
Noire; au Nord, la Bulgarie
proprement dite; au Sud, les vilayets on provinces d'Andrinople
et de Salonique, portions de ce qui fut jadis Thrace et Macédoine.
Pourtour, à très grands traits, sans l'infinité des
sinuosités et sous-sinuosités secondaires : 1000 kilomètres
.
A qui regarde une carte de la péninsule
des Balkans au début du XXe siècle,
il ne peut échapper que cette carte ne contient pas de pays appelé
Roumélie occidentale. Pourquoi donc une Roumélie orientale?
Parce que s'il n'y a plus alors de Roumélie occidentale, il y avait
avant le traité de Berlin
une Roumélie, une Grande Roumélie soumise aux Turcs
et comprenant à peu près dans ses limites ce qui avait formé
de tout temps les contrées portant les deux noms de Thrace (à
l'Est) et de Macédoine (à l'Ouest). Le susdit traité
de Berlin ayant détruit cette Roumélie majeure en en distrayant
ce qu'il appella « province autonome » et ce qui devint sept
ans plus tard un complément de la Bulgarie ,
on nomma cette province autonome : Roumélie orientale, parce que
c'était bien, en effet, bordant la mer Noire, la portion orientale
de ce qui venait de cesser d'être la Roumélie tout court et
dont le reste (le plus grand reste) avait été partagé
en trois vilayets ou provinces : Andrinople, Salonique et Monastir ou Bitolia.
La Roumélie orientale confrontait
à la rive occidentale de la mer Noire, mais bien peu, par une côte
qui n'avait pas 70 kilomètres à vol d'oiseau, du Nord au
Sud; en revanche, le golfe de Bourgas indente très profondément
ce littoral, découpé en une foule de baies, d'anses, avec
petits ports, dont plusieurs excellents; il pénètre dans
les terres à une quarantaine de kilomètres jusqu'à
la ville de Bourgas, port florissant, dont la population tripla ou
quadrupla en peu d'années, et qui était, après Varna,
le principal emporium des Bulgares sur la mer Noire. Malheureusement, les
navires n'y trouvaient pas un abri bien sûr.
La Maritza, fleuve de 450 kilomètres
à peu près de développement traverse l'ancienne
Roumélie de Ouest-Nord-Ouest à l'Est-Sud-Est, et elle y arrose
une vallée qui est plutôt, en amont commue en aval de Philippoli,
sur 100 kilomètres de longueur, une magnifique plaine de 15 kilomètres
de largeur, alluvions merveilleusement fécondes qui ont fini par
combler un antique lac; c'est bien là le meilleur
de toute la Roumélie orientale. C'est le centre de l'ancienne
Thrace chantée par les poètes antiques; les innombrables
tumulus, presque tous inexplorés, que l'on y rencontre encore, témoignent
de l'importance qu'eut cette région aux premiers temps de l'histoire
européenne. La Maritza est la rivière des jadis fameux
champs de rosiers de Kazanlik; elle rejoint la Maritza hors des
limites de la Roumélie orientale, dans la province, dans la ville
même d'Edirne (l'ancienne Andrinople ). |