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Boulliaud,
Ismaël (1605-1694), plus connu sous le nom latinisé de Bulliarius,
né à Loudun en 1605, mort à Paris
en 1694, élevé dans la religion protestante, visita une partie
de l'Europe, voyagea dans le Levant, et se retira dans l'abbaye de Saint-Victor
après s'être converti au catholicisme. Malgré le titre
de son principal ouvrage, Astronomia Philolaïca, opus, in quo motus
planetarum per novam ac veram hypothesim demonstratur, etc., Paris,
1645, in-folio, l'auteur resta attaché au mouvement uniforme circulaire
des Anciens. Il adopta, il est vrai, les orbites
elliptiques des planètes; mais pour sauver les mouvements moyens,
qu'il regardait, contrairement à Kepler,
comme réels, il supposait avec Albert Curtius, que les planètes
se mouvaient inégalement autour du foyer qu'occupe le Soleil ,
et uniformément autour du second foyer. Ce second foyer rappelait
le centre de l'équant de Ptolémée.
On sait qu'en coupant un cône suivant une certaine inclinaison à
l'axe, on a une ellipse par le contour de la section. Or Boulliaud imagina
une section telle que l'un des foyers de l'ellipse, celui autour duquel
le mouvement est égal, se trouve dans cet axe. Il suit de là
que, quelle que soit l'inégalité de la marche d'une planète
dans son orbite elliptique, un œil placé au sommet du cône,
au terme de l'axe autour duquel les mouvements sont uniformes, voyant cette
orbite de côté, rapporterait tous ces mouvements dans la base
circulaire du cône et les verrait s'accomplir uniformément
dans un cercle.
Tel est ce que Boulliaud appelle son Hypothesis
nova et vera. Cette singulière hypothèse a inspiré
à Bailly les réflexions suivantes
:
"L'espèce
humaine, prise en masse depuis son origine, est attachée aux idées
de sa jeunesse […] Ni Boulliaud, ni Riccioli
n'entendaient Kepler. Ils ne parlent point des aires décrites autour
du foyer et proportionnelles au temps. C'est donc en vain qu'on découvre
des vérités; on parle à ses contemporains, ils n'écoutent
pas. " (Bailly, Hist. De l'Astronomie moderne, t. II, p. 210-211).
En expliquant les principales inégalités
de la Lune ,
Boulliaud se mit en contradiction avec Kepler. Ainsi, il suppose que le
foyer de l'orbite lunaire, où est placée la Terre ,
se dérange pour décrire un certain circuit par lequel le
foyer et le centre de l'ellipse se déplacent. Par suite de cette
altération de la courbe, la Lune ne resterait pas constamment au
foyer de l'ellipse de la Terre, comme le soleil au foyer des ellipses des
planètes.
Ces idées de Boulliaud provoquèrent
une vive polémique de la part d'un astronome anglais, Seth
Ward, auteur de l'Astronomia geometrica, qua primariorum planetarum
astronomia sive elliptica, sive circularis possit geometrice absolvi,
etc.; Lond., 1656. Cette polémique à propos d'un système
faux, n'offre aucun intérêt. (Hoefer).
Le
thermomètre fut inventé par Galilée
vers 1603; mais ce ne fut qu'en 1658 que I. Boulliaud commença à
Paris des observations thermométriques. Celles-ci ne devinrent précises
qu'à partir de 1671, quand D. Cassini
vint habiter l'Observatoire de Paris ;
de 1669 à 1754, elles furent faites successivement par P.
de La Hire, par son fils, par F. Maraldi
et par de Fouchy. (Lebon, 1899).
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