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Les Frères Moraves, ou Frères de Bohême et frères de l'Unité, all. Mährische Brüder ou Böhmische Brüder, étaient des sectaires issus des débris des hussites de Bohème. Ils refusèrent d'accepter le concordat, appelé Compactata, accordé en 1433 par le concile de Bâle aux hussites modérés nommés Calixtins, prirent d'abord pour maître un cordonnier qui leur fit un corps de doctrine, et commencèrent à former en 1457, sous la direction d'un curé, Michel Bradacz, une secte séparée. Ils ne retinrent guère des hussites, dit Bossuet, que la désobéissance à l'Eglise romaine, et, tout en reconnaissant Jean Huss pour un docteur évangélique, ils rejetèrent la messe qu'il avait dite jusqu'à la fin de ses jours, prétendant "qu'il n'avait fait que commencer le rétablissement de l'Evangile, et qu'il aurait changé bien d'autres choses, si on lui en eût laissé le temps.'"

Expulsés en grande partie de la Bohème par l'empereur Ferdinand Ier, ils se réfugièrent en Pologne et en Prusse. Ceux qui étaient restés en Bohème obtinrent plus de liberté sous l'empereur Maximilien Il. Ils avaient leur principal siège à Fulnek en Moravie, et furent appelés Frères Moraves. 

Dans une profession de foi rédigée en 1504, ils retenaient les sept sacrements. Mais ils acceptèrent ensuite une confession de foi réformée par Luther, où les sacrements sont réduits à deux, le baptême et la cène. Ruinée en Bohème par suite de la guerre de Trente Ans, cette secte se dispersa. Quelques-uns de ses adhérents se réfugièrent sur les terres du comte N. L. de Zinzerdorf dans la Haute-Lusace, où ils fondèrent, en 1722, dans son domaine de Berthelsdorf, la colonie et la petite ville de Herrnhut, et furent le noyau d'une nouvelle secte de frères Moraves, ou Herrnhutes, appelée Unité des frères, Brüderunität, et composée de membres de toutes les communions protestantes.

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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