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Les langues
Les langues ouralo-alta√Įques
Langues ouraliennes
Langues finno-permiennes Langues finno-volga√Įques
Balto-Finnois
finnois (kven, tornedalien), carélien, estonien, ingrien, liv, ludien, livvi, veps, vod.
Volga√Įque :
mordvine (mordove), tchérémisse (mari).
Langues permiennes :
votiak ou udmurt, komi (dialectes : zyriène, permyak, zodzyak).
Langues ougriennes Hongrois

Langues Ob-ougriennes :
vogul ou mansi, ostiak ou khanty. 

Autres Lapon (saami) :
lapon de Norvège, lapon de Suède, dialectes lapons de russie et de finlande (kildin, skolt, inari).

Samoyède :
enets, nenets, nganasan, selkup.

Youkaghir :
Yougahir de la Kolyma, Y. de la toundra.

Langues alta√Įques
Langues turques Turc, gagaouze, kirghiz, ouzbek, kazakh, ou√Įghour, yakoute, hunnique, etc.
Langues mongoles Mongol, kalmouk, bouriate, etc.
Langues toungouses Toungouse ( = evenki), nana√Į, orotch, mandchou, etc.
Le groupe des langues que l'on qualifie ici d'ouralo-alta√Įques sont parl√©es sur un territoire immense qui englobe presque toute la Sib√©rie, une partie de l'Europe du centre et du Nord, la Turquie, les steppes d'Asie centrale, la Mongolie, la Cor√©e, le Japon... Cela fait beaucoup, et peut-√™tre trop. De fait, ce regroupement para√ģt plut√īt artificiel.  Le lien entre les langues ouraliennes et alta√Įques n'est pas v√©ratiblement √©tabli, et √† l'int√©rieur m√™me des langues alta√Įques, les langues turques, mongoles et toungouses, semblent tr√®s distinctes.
Dans le pass√©, l'appellation de cette famille a d'ailleurs beaucoup vari√©. On parlait par exemple de langues ougro-japonaises, ougro-tartares, finno-tartares. Une multiplicit√© qui exprimait qu'on leur reconnaissait des points communs, mais qu'on √©tait pas d'accord sur ceux qui √©taient pertinents. On y reconnaissait √©galement des sous-ensembles √† l'int√©rieur desquels les apparentements semblaient mieux √©tablis. Ainsi, les premiers linguistes qui se sont occup√©s de classer ces langues ont-ils pu proposer la division suivante : 
1¬į le groupe ougrien, comprenant l'ostiak, le samoy√®de, le vogoul, etc.; 2¬į le groupe tartare, dont font partie le mongol, le mandchou, le turc; 3¬į le groupe japonais, comprenant le japonais et le cor√©en; 4¬į le groupe finnois ou tchoude, auquel appartiennent le suomi ou finlandais, le lapon, l'estonien; 5¬į le magyar ou hongrois. 
Toutes ces langues sont incorporantes et c'est le motif principal qui a port√© √† les ranger ensemble, mais cette incorporation ne s'√©tend pas jusqu'au r√©gime indirect. Un autre trait g√©n√©ral commun √† ces langues, c'est l'harmonie des voyelles: la voyelle du radical √©tant a ou e, celles des suffixes devront √™tre assonantes √† a et e suivant une loi constante. Mais l'appartenance √† une m√™me famille linguistique en est-elle pour autant garantie. Le botanistes savent bien que les couleurs du lilas et de la violette ont beau √™tre proches, cela n'en fait pas des plantes de la m√™me famille. Les philologues comparatistes du XIXe si√®cle, qui ont jet√© les bases de la linguistique moderne, avaient un pr√©jug√© de cette sorte. En constatant que les langues dont il est question ici avaient pour caract√®re principal d'√™tre toutes agglutinantes, ils consid√©raient qu'elles devaient √™tre rang√©es dans une m√™me famille (dans laquelle devraient figurer aussi, par exemple, le basque, l'eskimo, le maya ou le hottentot...). D√®s le d√©but du XXe si√®cle, des linguistes tels que Edward Sapir, on mis √† mal cette conception. La typologie des langues ainsi d√©finie revient par trop √† les classer selon des crit√®res comparables √† "la couleur des fleurs". Un constat qui ne r√©sout certainement pas la question pos√©e par la familiarit√© ou non des langues dites ouralo-alta√Įques, mais qui au moins permet de relativiser la classification qui sera en d√©finitive adopt√©e.

Si l'on conserve celle qui est annonc√©e par le tableau qui ouvre cette page, il convient de distinguer pour commencer deux ensemble bien s√©par√©s. Les langues ouraliennes, d'une part, avec des subdivisions dont il existe toujours des variantes chez les auteurs contemporaines, et les langues alta√Įques d'autre part, avec trois groupes bien nets, ceux-ci (langues, turques, mongoles et toungouses), et auxquels on rattache de fa√ßon plus discut√©e les langues parl√©es Cor√©e et dans l'archipel japonais.

De nombreuses de cette famille sont considérées comme en danger, avec une baisse du nombre de locuteurs et un manque de reconnaissance officielle dans de nombreux pays. Par exemple, le khanty, le mansi, le mandchou et l'evenki, ne sont plus parlées que par quelques milliers de personnes et sont menacées d'extinction. D'autres langues, qui sont aussi des langues officielles de pays, à l'image du finnois, de l'estonien, du turc et du coréen font montre d'une grande vitalité. Elles sont parlées par des millions de personnes à travcers le monde.

Le jeu des ressemblances

Il est aisé, écrivait Abraham Kellgrén (1822-1856) de découvrir entre tous ces idiomes comme une affinité primitive dans une multitude de racines communes; peut-être même serait-il possible de ramener à un seul et même thème primitif la plupart des suffixes grammaticaux d'un emploi analogue. Dans toutes ces langues, consonnes et voyelles restant en regard l'une de l'autre dans la syllabe avec une même importance, et les voyelles ne pouvant être absorbées par les consonnes, la rencontre de plusieurs consonnes dans une syllabe est un fait anormal.

Dans toutes, la racine est invariable et immuable, et, dans la fusion d'un suffixe avec la racine, c'est le premier qui s'harmonise et au besoin se modifie; le radical, toujours plac√© devant, gouverne, les autres parties composantes du mot. Aucune de ces langues n'admet de pr√©fixes, et, dans la plupart d'entre elles, l'accent d√©terminant du mot repose invariablement sur la premi√®re syllabe, c.-√†-d. sur le radical; les syllabes qui viennent ensuite perdent leur propre accent, et se soumettent au radical qui domine le mot. Dans toutes aussi, r√®gne la loi de l'harmonie vocale, c.-√†-d. que le mot devient un tout, un ensemble dont toutes les parties se fondent dans un seul ton, et que les voyelles rudes et les douces ne doivent jamais se trouver r√©unies dans le m√™me mot. 

Toute signification d√©tourn√©e du radical, tout rapport nouveau du mot constitutif est indiqu√© par l'adjonction d'un nouveau suffixe; ces suffixes se rangent r√©guli√®rement l'un apr√®s l'autre, chacun √† sa place d√©termin√©e, et se fondent selon les lois des sons. Jamais le sens du mot n'est modifi√© d'une fa√ßon embl√©matique par un changement dans le radical. Les substantifs n'y ont pas de genre. Ces langues n'ont toutes qu'un tr√®s petit nombre de particules, d√©faut compens√© par une grande richesse de formes d√©rivatives du verbe, de participes, de g√©rondifs et de formes infinitives. 

M√™mes lois dans la formation des p√©riodes : les propositions ne s'y enchev√™trent pas les unes dans les autres, comme cela a lieu dans les langues rang√©es dans la famille indo-europ√©ennes; mais chaque proposition se joint, en quelque sorte √† la mani√®re d'un suffixe, √† celle dont elle forme le compl√©ment imm√©diat, ce qui produit une cha√ģne continue de membres de phrases s'engrenant les uns dans les autres et se succ√©dant dans l'ordre naturel de la pens√©e. Mathias Castr√©n (1813-1852) abondait dans le m√™me sens. Comparant les vieux chants de peuples si distants les uns des autres, y trouvait une inspiration identique.

Systèmes d'écriture.
Plusieurs alphabets sont utilis√©s pour transcrire les langues ouralo alta√Įque. Le finnois, l'estonien, le sami,  le turc, l'azerba√Įdjanais et le mongol, utilisent d√©sormais l'alphabet latin, tandis que d'autres, telles que le car√©lien russe et les langues ougriennes, utilisent l'alphabet cyrillique. Autrefois le mongol utilisait aussi l'alphabet cyrillique. L'ou√Įghour utilise l'√©criture arabe. 

Les langues ouraliennes (finno-ougriennes)

On range sous la banni√®re des langues ouraliennes, les langues finno-ougriennes proprement dites et d'autres langues (lapon, samoy√®de, youkaghir), sur la place exacte desquelles des discussions subsiste. 

Histoire des langues ouraliennes.
La langue proto-finno-ougrienne ou proto-ouralienne pourrait avoir été parlée dans la région autour des montagnes de l'Oural en Russie vers 3000 avant notre ère. Une origine antérieure, dans les régions du nord-est de l'Europe, est également envisageable.

Au fil du temps, la famille des langues ouraliennes s'est scindée en plusieurs branches. La branche ougrienne comprend des langues telles que le hongrois, le khanty et le mansi, tandis que la branche finnoise comprend le finnois, l'estonien, le carélien, le veps et plusieurs autres langues. Les langues sami, parlées par le peuple indigène sami du nord de la Scandinavie et de la Russie, sont également considérées comme faisant partie de la famille ouralienne.

Caractéristiques des langues ouraliennes.
L'une des caract√©ristiques des langues ouraliennes est la pr√©sence de l'harmonie vocalique :  les voyelles utilis√©es dans les mots sont influenc√©es par les autres voyelles du m√™me mot. Par exemple, en finnois, les mots sont form√©s en combinant des racines et des suffixes, et les voyelles des suffixes changent pour correspondre aux voyelles de la racine.

Une autre caract√©ristique des langues ouraliennes est l'utilisation de l'agglutination, ce qui signifie que les mots sont form√©s en ajoutant des suffixes √† une racine, plut√īt qu'en infl√©chissant la racine elle-m√™me. Il en r√©sulte des mots longs aux structures complexes.

Les langues alta√Įques

Les linguistes ont rang√© dans la famille des langues alta√Įques une soixantaine de langues parl√©es par plus de 250 millions de personnes sur l'immense espace organis√© autour des steppes d'Asie centrale, et qui va en gros de la Turquie actuelle √† la Mandchourie (Nord-Est de la Chine). Cela repr√©sente trois groupes de langues, chacun assez homog√®ne, les langues turques (turc, kirghiz, ouzbek, etc. ), mongoles (mongol, kalmouk, bouriate, etc.) et toungouses (Toungouse, mandchou, etc.). Les ressemblances entres les langues turques et mongoles sont largement redevables √†  l'histoire commune des populations qui les parlent .

Histoire des langues alta√Įques:
Les origines de la famille des langues alta√Įques font toujours l'objet de d√©bats parmi les linguistes. Certaines th√©ories sugg√®rent que la langue proto-alta√Įque √©tait parl√©e dans la r√©gion autour des montagnes de l'Alta√Į en Asie centrale vers 5000 avant notre √®re, tandis que d'autres proposent une origine ant√©rieure dans les r√©gions du nord-est de la Chine.

Au fil du temps, la famille des langues alta√Įques s'est scind√©e en plusieurs branches. La branche turque comprend des langues telles que le turc, l'azerba√Įdjanais et le ou√Įghour, tandis que la branche mongole comprend le mongol, le bouriate et plusieurs autres langues. La branche toungousique comprend des langues telles que le mandchou et l'evenki, tandis que la branche cor√©enne comprend le cor√©en.

Caract√©ristiques g√©n√©rales des langues alta√Įques.
L'une des caract√©ristiques les plus notables des langues alta√Įques est, comme les langues ouraliennes, leur grammaire agglutinante, o√Ļ les mots sont form√©s en ajoutant des affixes √† un mot racine.

Ces langues ont également tendance à avoir une grammaire relativement simple, avec peu d'inflexions et une concentration sur l'ordre des mots. Cela les rend plus faciles à apprendre pour les locuteurs d'autres langues.

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