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La langue espagnole
L'espagnol est une langue indo-europ√©enne qui appartient √† la famille des langues italiques modernes (langues n√©olatines). L'espagnol standard correspond au castillan, qui est le principal dialecte de cette langue. C'est une langue qui ne fut, pendant longtemps, qu'un des idiomes n√©o-latins parl√©s dans la p√©ninsule ib√©rique, et devint la langue dominante de l'Espagne lorsque ce pays n'eut plus d'autre capitale que Madrid. 
Selon les estimations les plus récentes, il y a environ 580 millions de locuteurs natifs et non natifs de l'espagnol dans le monde entier. Cela fait de l'espagnol la deuxième langue la plus parlée au monde en termes de nombre de locuteurs natifs, après le chinois mandarin. En outre, l'espagnol est l'une des langues les plus répandues en termes de locuteurs non natifs, en raison de son statut de langue officielle dans de nombreux pays et de sa popularité croissante en tant que langue seconde ou étrangère.
Histoire de la langue espagnole.
Si l'on remonte encore plus loin, il ne para√ģt pas que la P√©ninsule ib√©rique, ant√©rieurement √† la conqu√™te romaine, aient poss√©d√© une langue unique. Un √©crivain du VIIIe si√®cle, Luitprand, parle de dix idiomes que l'on aurait parl√©s encore au temps de l'empereur Auguste. Il ne cite que le cantabre, le celtib√©rien, et l'espagnol ancien; mais on ne saurait dire si le cantabre est reproduit sans beaucoup d'alt√©rations dans le basque, et si, sous le nom d'espagnol ancien, il faut entendre le turditain, le bastule ou tout autre dialecte. Le ph√©nicien et sa variante carthaginoise durent influer plus ou moins sur les idiomes primitifs de l'Espagne; mais √† la suite de la conqu√™te romaine, la division m√™me de ces idiomes, qui n'avaient ni la force d'un lien social, ni l'int√©r√™t d'une litt√©rature, favorisa les progr√®s du latin, qui ne tarda pas √† les supplanter. Toutefois, ils ne disparurent pas compl√®tement dans la population indig√®ne, puisque l'on trouve, sur certaines m√©dailles de l'Empire romain, le bastule employ√© concurremment avec Ie latin. 

Les Su√®ves, les Alains, les Vandales et les Wisigoths, en envahissant l'Espagne au commencement du Ve si√®cle de l'√®re chr√©tienne, apport√®rent avec eux leurs langues germaniques : les trois premiers peuples s'√©tant assez promptement effac√©s, et le quatri√®me ayant eu plus d'inclination √† prendre les moeurs et la langue des vaincus qu'√† leur imposer les siennes, le latin demeura, malgr√© l'introduction de quelques √©l√©ments tudesques, le langage dominant du pays. 

Les Arabes exerc√®rent une influence beaucoup plus consid√©rable : lors de leur arriv√©e, au VIIIe si√®cle, ils poss√©daient d√©j√† une langue cultiv√©e et une litt√©rature pleine d'avenir. L'arabe se r√©pandit rapidement dans toutes les parties de l'Espagne; dans les villes soumises √† la domination musulmane, il fut compris et parl√© par les indig√®nes et, m√™me dans les √Čtats chr√©tiens une  foule de m√©dailles du Moyen √Ęge pr√©sentent des l√©gendes tant√īt latines et arabes, tant√īt enti√®rement arabes. Cette langue, qui re√ßut le nom de romanzo, est une des langues romanes ou n√©o-latines : comme les autres langues du m√™me groupe, elle s'est form√©e du latin, qui en est le fond principal, et de quelques √©l√©ments germaniques; mais elle a pour trait distinctif l'addition d'un √©l√©ment arabe. 

Avec l'unification politique de l'Espagne au XVe siècle sous les Rois catholiques, l'espagnol a été promu comme langue officielle de l'ensemble du royaume. Cela a contribué à standardiser et à répandre la langue à travers tout le territoire espagnol. Au cours de l'époque moderne, l'expansion coloniale de l'Espagne en Amérique, en Afrique et en Asie a contribué à répandre la langue espagnole dans le monde entier. L'espagnol est devenu comme on l'a dit la deuxième langue la plus parlée au monde.

Ecriture et phonologie

L'alphabet
L'écriture de l'espagnol utilise l'alphabet latin, tout comme le français et de nombreuses autres langues. Voici les lettres de l'alphabet espagnol (minuscules et majuscules) :
a b c d e f g h i j k l m n √Ī o p q r s t u v w x y z
A B C D E F G H I J K L M N √Ď O P Q R S T U V W X Y Z
On notera que le tilde (~) au-dessus du n sert √† former une lettre suppl√©mentaire  (√Ī, √Ď). En revanche, les combinaisons ch, ll et rr, consid√©r√©es depuis el XVIIIe si√®cle comme des lettres distinctes n'ont plus ce statut depuis 2010.

En plus de ces lettres, l'espagnol utilise également des accents sur les voyelles pour indiquer l'accentuation tonique sur certaines syllabes, ainsi que le tréma (¨) :

√°, √©, √≠, √≥, √ļ √ľ
√Ā √Č √ć √ď √ö √oe
La ponctuation.
La ponctuation en espagnol suit g√©n√©ralement les m√™mes r√®gles qu'en fran√ßais et dans d'autres langues, avec l'utilisation des signes de ponctuation courants tels que le point (.), la virgule (,), le point d'interrogation (?), le point d'exclamation (!), les deux-points (:), le point-virgule (;), les parenth√®ses (), les guillemets (""), etc. On doit cependant noter l'existence des  points d'interrogation et d'exclamation invers√©s. Les points d'interrogation (¬Ņ) et d'exclamation (¬°) sont plac√©s au d√©but et √† la fin des phrases interrogatives ou exclamatives, respectivement. Exemple : ¬ŅC√≥mo est√°s? (comment vas-tu?), ¬°Qu√© sorpresa! (quelle surprise!).

La phonologie.
La langue espagnole est remarquable par sa richesse, sa gravit√©, son √©nergie qui n'exclut pas la gr√Ęce. Moins sourde que le fran√ßais, elle n'a pas la mollesse un peu fade de l'italien. Cette langue fut longtemps en faveur en France dans les hautes classes de la soci√©t√©. Depuis Henri II jusqu'√† la mort de Marie-Th√©r√®se d'Autriche, femme de Louis XIV, il fut de mode en France de conna√ģtre la langue et la litt√©rature de l'Espagne. On sait le parti qu'en a tir√© Corneille. Il existe 7 ou 8 grammaires castillanes qui datent de cette √©poque. La plupart des ouvrages espagnols se traduisaient alors presque aussit√īt en fran√ßais.  (B). (E. B.).

L'espagnol poss√®de cinq phon√®mes vocaliques principaux : /a/, /e/, /i/, /o/, /u/. Ces voyelles peuvent √™tre courtes ou longues, mais la longueur vocalique n'a g√©n√©ralement pas de distinction de sens.  Il existe √©galement des voyelles diphtongu√©es, qui sont des combinaisons de deux voyelles, comme /ie/ dans "cielo" (ciel) ou /ue/ dans "fuerte" (fort).  L'espagnol poss√®de un syst√®me de consonnes relativement simple par rapport √† d'autres langues. Les consonnes peuvent √™tre occlusives, fricatives, nasales, lat√©rales et vibrantes. Une caract√©ristique distinctive de l'espagnol est la distinction entre les consonnes dentales et alv√©olaires, notamment dans les sons /t/ et /d/.

On remarque dans l'espagnol une aspiration gutturale fr√©quente, transcrite par le j (jota), comme dans hijo (fils), et par le g, comme dans girasol (tournesol). Cette aspiration est regard√©e par les uns comme une importation arabe, par les autres comme un vestige du ch allemand; beaucoup de raisons font penser qu'elle est indig√®ne, et ant√©rieure √† toute conqu√™te de la p√©ninsule ib√©rique par des √©trangers. On doit encore observer que le z a le son du th anglais; que la double l (ll) a le son de notre I mouill√©e; que la lettre n accentu√©e (√Ī) r√©pond √† notre nasale gn dans bagne, digne, etc.

La prononciation des lettres.
La prononciation des lettres en espagnol est g√©n√©ralement phon√©tique, ce qui signifie que chaque lettre est prononc√©e de mani√®re coh√©rente et pr√©visible (contrairement √† l'anglais, par exemple), ce qui r√©duit consid√©rablement les difficult√©s orthographiques et rend la lecture relativement facile une fois que l'on conna√ģt les r√®gles de base.

Cas général.
La plupart des lettres se prononcent toujours √† peu de chose pr√®s de la m√™me mani√®re (sauf variantes dialectales)  :

A se prononce [a] comme dans casa (maison); B se prononce [b] comme dans bien (bien); D se prononce [d] comme dans dedo (doigt) ou [√į] comme dans salida (sortie); E se prononce [e], "√©", comme dans "elefante" (√©l√©phant); F se prononce [f] comme dans fuego (feu); H est muet en espagnol, sauf dans les cas de mots emprunt√©s √† d'autres langues o√Ļ il peut avoir une valeur aspir√©e; I se prononce [i] comme dans iglesia (√©glise); J se prononce [x] ou [Ōá], "kh", selon les r√©gions, comme dans jirafa (girafe); K se prononce [k] comme dans kilo (kilogramme); M se prononce [m] comme dans manzana (pomme);  O se prononce  [o] comme dans oso (ours); P se prononce [p] comme dans perro (chien); Q, toujours suivie d'un "u",  se prononce comme en fran√ßais [k]. Exemples : queso (fromage) ou quince (quinze). S se prononce [s], "ss",comme dans sol (soleil); T se prononce [t] comme dans taza (tasse); U se prononce [u], "ou", comme dans uva (raisin), sauf dans les combinaisons QU et GU (voir r√®gles ci-dessous); W se prononce [w] comme dans whisky; X se prononce [s] comme dans taxi ou examen (se prononce comme la lettre J au Mexique);  Y se prononce [i] comme dans yogur ou rey (roi); Z se prononce [őł], c'est-√†-dire comme comme le "th" doux en anglais (le "th" dans "think", par exemple). Par exemple  zumo (jus) se prononce "thoumo".
Prononciation de la lettre N.
En espagnol, la lettre "n" peut avoir diff√©rentes prononciations selon sa position dans un mot et les lettres qui l'entourent. 
‚ÄĘ Nasale (N normale). - La prononciation standard de la lettre N en espagnol est similaire √† celle du fran√ßais. Elle est prononc√©e en pla√ßant la langue contre le palais, permettant √† l'air de passer par le nez. Exemples : "ni√Īo" (enfant), "naranja" (orange).

‚ÄĘ Assimilation nasale. - La consonne N peut parfois se nasaliser et adopter le son de la voyelle qui la pr√©c√®de. Par exemple, dans le mot "anillo" (bague), la "n" sonne plus comme la voyelle "i".

‚ÄĘ N mouill√©e (√Ī). - En espagnol, la lettre √Ď est un son nasal palatal /…≤/ qui se rapproche du son "gn" en fran√ßais. Exemples : "ma√Īana" (demain), "ni√Īo" (enfant).

Prononciation du V.
V a une prononciation est similaire au son de la lettre B;  apr√®s un consonne et √† l'initiale, pr√©sente une tendance √† se prononcer presque comme un le v en fran√ßais.

Prononciation du L et du LL.
La lettre L est prononc√©e comme le l en fran√ßais [l]. Le LL se prononce en principe  [őĽ], mais se prononce de plus en plus souvent /j/, ph√©nom√®ne nomm√© y√©isme

Le y√©isme (ye√≠smo) correspond √† la prononciation identique des phon√®mes /j/ (repr√©sent√© par la lettre  Y) et / é/ (repr√©sent√© par le digramme LL en espagnol). Y et LL se prononcent /j/  et m√™me, √† des degr√©s divers selon les r√©gions, s'approchent de la prononciation du j fran√ßais / í/. Cela signifie que les mots qui avaient traditionnellement des prononciations distinctes maintenant les ont fusionn√©es en une seule prononciation. Le y√©isme est tr√®s r√©pandu dans certaines parties de l'Espagne, en particulier dans les r√©gions de l'Andalousie, de la Castille et de la Manche, ainsi que dans certaines r√©gions d'Am√©rique latine, notamment en Argentine, en Uruguay et dans certaines parties du Mexique et du Paraguay. Ce ph√©nom√®ne peut entra√ģner des diff√©rences de prononciation entre les locuteurs selon la r√©gion g√©ographique, et peut √©galement affecter la compr√©hension des mots pour ceux qui n'y sont pas habitu√©s, bien qu'il tende aujourd'hui √† devenir g√©n√©ral.
Prononciation du R et du RR .
A l'int√©rieur des mots, la lettre R est prononc√©e comme un son roul√© ou tap√©, appel√© le "r" simple : […ĺ] . Pour cela, le bout de la langue touche rapidement le palais juste derri√®re les dents. C'est un son unique √† l'espagnol et peut √™tre difficile pour ceux qui ne sont pas habitu√©s √† le produire. Lorsqu'il s'agit de l'initiale d'un mot ou plac√© apr√®s une consonne, le R est prononc√© comme le RR.  Le digramme RR, souvent appel√©e "erre doble" ou "erre fuerte", est un son roul√© ou tap√© plus long et plus intense que le R simple : [r]. Il est prononc√© en faisant vibrer la langue rapidement contre le palais, produisant un roulement prolong√©. 

Prononciation du CH.
Le CH se prononce [t͡ʃ], c'est-à-dire comme "tch". (Le son [ʃ] ("ch") n'existe pas en espagnol standard, mais peut exister dans certaines variantes dialectales, en Argentine et en Uruguay , notamment.)

Prononciations du G.
Devant les voyelles A, O et G, la lettre G se prononce […°], comme le "g" dur de gare. Par exemple, gato. Devant E et I, il se prononce [x] (ou […£] selon les r√©gions), comme le J. Exemples :  gente (gens) ou girar (tourner); le pr√©nom Jorge (Georges), se prononce /xorxe/ ("khorkh√©"), et pas "yorgu√©".

Pour r√©aliser le phon√®me [g] devant let voyelles E et I, on ajoute un U apr√®s le G, et on ne prononce pas le "u" - m√™me r√®gle qu'en fran√ßais . Par exemple, le pr√©nom Miguel (Michel) se prononce... Miguel, et pas Migouel. Si l'on veut prononcer le "u", il faut le doter  un tr√©ma (√ľ) . Par exemple : cig√ľe√Īa (cigogne), qui se prononcera "thigou√©gna". Par contre, si "g" est plac√© devant les lettres Aou O on prononce "goua", sans que le tr√©ma ne soit n√©cessaire. Exemple : guardar (garder).

Prononciation de la lettre C.
Devant A, O, U, le C se prononce [k] comme dans casa (maison), et comme en fran√ßais; devant  E, I,  il se prononce [őł], comme le Z . Exemples : cielo (ciel) ou cena (d√ģner). Il faut cependant noter que certaines variantes dialectales de l'espagnol, ont une pronciation du C (et du Z) qui diff√®rent de la pronciation de l'espagnol standard. C'est le seseo et le ceseo :

Le ceseo et le seseo sont deux phénomènes de variation phonétique dans la prononciation de certains mots en espagnol, et concerne la prononciation de la lettre Z devant toutes les voyelles et de la lettre C les voyelles E et I.
+ Le seseo est un ph√©nom√®ne linguistique o√Ļ les sons /őł/  et /s/, distincts dans l'espagnol standard, sont prononc√©s de la m√™me mani√®re. Cela signifie que dans les r√©gions avec le seseo, les mots comme casa et caza sont prononc√©s de la m√™me mani√®re, avec un son de /s/ plut√īt que de  devant /őł/. Le seseo est tr√®s r√©pandu en Am√©rique latine, notamment dans des pays comme le Mexique, la Colombie, le Venezuela, le P√©rou et l'Argentine. En Espagne, le seseo est pr√©sent dans des r√©gions telles que l'Andalousie, les √ģles Canaries, une partie de l'Estr√©madure et certaines parties de la r√©gion de Murcie.

+ Le ceceo, en revanche, est un ph√©nom√®ne o√Ļ les sons de l'espagnol standard /s/ et /őł/ sont prononc√©s tous deux comme /őł/. Cela signifie que dans les r√©gions avec le ceceo, les mots comme casa et caza sont prononc√©s ici encore de la m√™me mani√®re, mais avec un son de /őł/ plut√īt que de /s/. Le ceceo  est principalement associ√© √† certaines r√©gions d'Andalousie en Espagne, en particulier dans les zones rurales et dans les villes comme S√©ville, Cordoue et Cadix. Cependant, il est moins courant que le seseo et est limit√© √† certaines zones g√©ographiques sp√©cifiques.

L'accent tonique.
L'accent tonique en espagnol est g√©n√©ralement plac√© sur la deuxi√®me √† derni√®re syllabe des mots. Cependant, il existe des exceptions √† cette r√®gle, en particulier dans les mots emprunt√©s √† d'autres langues. L'accent tonique peut changer de position en fonction de la conjugaison verbale ou de la d√©rivation lexicale, ce qui peut entra√ģner des changements de sens ou de cat√©gorie grammaticale. L'espagnol a une intonation relativement plate par rapport √† d'autres langues, comme l'anglais ou le fran√ßais. L'intonation est g√©n√©ralement plus r√©guli√®re et moins marqu√©e. Cependant, l'intonation peut jouer un r√īle important dans la communication en espagnol, en indiquant par exemple la fin d'une phrase d√©clarative, interrogative ou exclamative.

Grammaire

En g√©n√©ral, l'espagnol s'√©loigne moins de la langue latine que l'italien ou le fran√ßais : la plupart de ses mots ne pr√©sentent qu'une modification l√©g√®re du latin, selon des lois tr√®s faciles √† saisir. Par exemple, dans les radicaux, e se change en ie (tiempo; temps; de tempus); o en ue (bueno, de bonus; c en g seguro, de securus ); f en h (hacer, de facere; p en b sobre, de supero); t en d (vida, de vita); cl, pl et fl en Il (llamar, do clamare; lleno, de plenus; llama, de flamina); li en j et en g (hijo, de filius; mujer, de mulier). Tandis que l'italien a rejet√© √† peu pr√®s compl√®tement les consonnes finales du latin, et que le fran√ßais, tout en les conservant dans l'orthographe, les a fait dispara√ģtre dans la prononciation, l'espagnol les a mieux gard√©es, dans la conjugaison surtout : ainsi, des mots fuimus, fuistis, fuerunt, il a fait fuimos, fuisteis, fueron. Mais, tout en laissant subsister en grande partie la conjugaison latine, l'influence germanique a amen√© la suppression de la voix passive, et, dans la d√©clinaison, l'emploi des pr√©positions √† la place des flexions casuelles.

Lexique.
L'espagnol poss√®de une vaste gamme de mots pour exprimer des id√©es, des concepts et des √©motions, avec de nombreuses expressions idiomatiques, nuances de sens et de nombreux synonymes. Cela conf√®re aux locuteurs une grande libert√© d'expression et de communication. 

Ce lexique provient principalement du latin, mais il a √©galement √©t√© influenc√© par d'autres langues telles que l'arabe (surtout en Espagne), le grec, le fran√ßais, l'italien, ainsi que les langues autochtones des Am√©riques. Les mots arabes sont, en g√©n√©ral, des noms de fonctions (alcalde, de el ca√Įd; alguacil de el ghazi, etc.), et des expressions qui tiennent √† l'agriculture et aux arts. 

Comme toute langue vivante, l'espagnol continue d'incorporer de nouveaux mots et expressions provenant d'autres langues, en particulier de l'anglais en raison de l'influence culturelle des √Čtats-Unis. On distingue encore dans le lexique de cette langue un petit nombre d'expressions ib√©riennes et germaniques, ainsi que des termes qui appartiennent √† des langues aujourd'hui perdues.

Petit échantillon du vocabulaire espagnol

Politesses
 
Hola (Bonjour)
Adiós (Au revoir)
Por favor (S'il vous pla√ģt)
Gracias (Merci)
De nada (De rien)

Nombres et chiffres
     

Uno (Un), Dos (Deux)
Tres (Trois), Cuatro (Quatre)
Cinco (Cinq), Seis (six)
Siete (Sept), Ocho (huit)
Nueve (Neuf), Diez (Dix)

Couleurs

Rojo (Rouge)
Azul (Bleu)
Verde (Vert)
Amarillo (Jaune)
Blanco (Blanc)

Aliments et boissons

Agua (Eau)
Leche (Lait)
Pan (Pain)
Fruta (Fruit)
Pollo (Poulet)

Parties du corps

Cabeza (Tête)
Boca (Bouche)
Corrazon (coeur)
Brazo (Bras)
Mano (Main)
Pierna (Jambe)
Pies (Pieds) 

Famille

Padre (Père)
Madre (Mère)
Hijo/Hija (Fils/Fille)
Hermano/Hermana (Frère/Soeur)
Abuelo/Abuela (Grand-père/Grand-mère)

Lieux et directions

Casa (Maison)
Calle (Rue)
Izquierda (Gauche)
Derecha (Droite)
Arriba (Haut)

Verbes courants

Hablar (Parler)
Comer (Manger)
Beber (Boire)
Dormir (Dormir)
Estudiar (√Čtudier)

Vêtements

Camisa (Chemise)
Pantalones (Pantalons)
Zapatos (Chaussures)
Vestido (Robe)
Sombrero (Chapeau)

Animaux

Perro (Chien)
Gato (Chat)
P√°jaro (Oiseau)
Caballo (Cheval)
Pez (Poisson), Pescado (Poisson pêché)

Noms et adjectifs.
Les noms et les adjectifs en espagnol ont un genre grammatical (masculin ou féminin) et un nombre (singulier ou pluriel). Ils s'accordent en genre et en nombre avec les autres mots dans la phrase.

Les noms. 
En espagnol, les noms ont deux caractéristiques principales : le nombre et le genre.
Le genre des noms est g√©n√©ralement indiqu√© par le suffixe (-o pour masculin, -a pour f√©minin), bien qu'il existe des exceptions.  Pour former le pluriel, la plupart des noms ajoutent g√©n√©ralement un "s" ou un "es" √† la fin.

‚ÄĘ Le genre des noms. - Les noms en espagnol sont soit masculins, soit f√©minins. Le genre d'un nom peut parfois √™tre d√©termin√© par sa terminaison, mais il existe de nombreuses exceptions. Les noms masculins sont g√©n√©ralement accompagn√©s de l'article d√©fini "el" au singulier et "los" au pluriel.  Les noms f√©minins sont g√©n√©ralement accompagn√©s de l'article d√©fini "la" au singulier et "las" au pluriel.Exemples : el perro (le chien), los perros (les chiens); la mesa (la table), las mesas (les tables). Certains noms, surtout ceux qui d√©signent des personnes, peuvent avoir des formes diff√©rentes pour les deux genres. Par exemple, "el abuelo" d√©signe le grand-p√®re, tandis que "la abuela" d√©signe la grand-m√®re.

‚ÄĘ Le nombre des noms. - Les noms en espagnol peuvent √™tre soit singuliers, pour d√©signer une seule entit√©, soit pluriels, pour d√©signer plusieurs entit√©s. La formation du pluriel d√©pend souvent de la terminaison du nom. Par exemple, les noms se terminant en -o g√©n√©ralement forment leur pluriel en rempla√ßant le -o par -os, tandis que les noms se terminant en -a forment leur pluriel en rempla√ßant le -a par -as.  Exemples :  gato (chat), casa (maison); gatos (chats), casas (maisons).

Comme en espagnol, il est également courant d'utiliser des adjectifs et des articles qui s'accordent en genre et en nombre avec le nom auquel ils se réfèrent, lala connaissance du genre et du nombre des noms est essentielle pour bien accorder les mots dans une phrase.

Les adjectifs.
Les adjectifs suivent g√©n√©ralement le nom auquel ils se rapportent et s'accordent en genre et en nombre avec ce dernier. 

‚ÄĘ Le genre des adjectifs. - Pour former le f√©minin d'un adjectif masculin, on ajoute g√©n√©ralement un -a √† la fin de l'adjectif masculin. Exemple : alto (grand), casa grande (grande maison); alta (grande), casa grande (grande maison).

 ‚ÄĘ Le nombre des adjectifs.- Pour former le pluriel d'un adjectif, on ajoute g√©n√©ralement un -s √† la fin de l'adjectif singulier. Exemple : joven (jeune); j√≥venes (jeunes).

Certains adjectifs ont des formes irr√©guli√®res ou des accords sp√©ciaux en fonction du genre ou du nombre du nom auquel ils se r√©f√®rent.  Par exemple, les adjectifs qui se terminent par -e restent inchang√©s pour le masculin et le f√©minin, mais ils s'accordent en nombre. Exemple : hombre inteligente (intelligent), mujer inteligente (femme intelligente); hombres inteligentes (hommes intelligents), mujeres inteligentes (femmes intelligentes)

En r√®gle g√©n√©rale, les adjectifs en espagnol suivent  le nom auquel ils se r√©f√®rent. Cependant, il existe des exceptions, notamment pour les adjectifs qui expriment une certaine qualit√©, comme "bon", "mauvais", "grand", etc., qui peuvent parfois pr√©c√©der le nom. 

Pronoms.
Les pronoms personnels en espagnol sont utilis√©s pour remplacer des noms ou des groupes nominaux dans une phrase. Ils ont une forme diff√©rente selon la personne grammaticale (premi√®re, deuxi√®me ou troisi√®me) et le genre. Ces pronoms personnels sont utilis√©s en fonction de leur r√īle grammatical dans la phrase. Par exemple, "yo" est utilis√© comme sujet, "me" comme compl√©ment direct ou indirect, et ainsi de suite.

Il existe également des pronoms possessifs, démonstratifs, indéfinis, relatifs, interrogatifs, et réfléchis, qui remplissent des fonctions spécifiques dans la phrase. Chacun de ces types de pronoms a des variations en genre et en nombre pour s'accorder avec le nom ou le pronom auquel il se réfère. Quelques règles spécifiques concernant l'utilisation des pronoms en espagnol :

‚ÄĘ Position des pronoms objets directs et indirects. - Les pronoms objets directs (me, te, lo, la, nos, os, los, las) et indirects (me, te, le, nos, os, les) peuvent √™tre plac√©s avant le verbe conjugu√© ou attach√©s √† l'infinitif, au g√©rondif ou au participe pass√©. Lorsqu'ils sont attach√©s, ils se placent g√©n√©ralement apr√®s le verbe.  Exemple : "Lo veo" (Je le vois) vs "Voy a verlo" (Je vais le voir).

‚ÄĘ Le pronom r√©fl√©chi se ou te avant un imp√©ratif affirmatif. -  Avant un imp√©ratif affirmatif (commande), les pronoms r√©fl√©chis "se" et "te" deviennent respectivement "me" et "te".Exemple : "L√°vate las manos" (Lave-toi les mains).

‚ÄĘ Double pronoms. - Lorsque les pronoms objets directs et indirects sont utilis√©s ensemble, l'ordre est g√©n√©ralement : objet indirect (me, te, le, nos, os, les) + objet direct (me, te, lo, la, nos, os, los, las). Exemple : "D√°melo" (Donne-le-moi).

‚ÄĘ Accentuation des pronoms attach√©s. - Si le pronom est attach√© √† une forme verbale au pass√© compos√© ou √† l'imp√©ratif affirmatif, et que le mot d'origine a plus de deux syllabes, un accent est ajout√© sur la syllabe pr√©c√©dente. Exemple : "D√≠selo" (Dis-le-lui).

‚ÄĘ Usage des pronoms de sujet en Espagne. - En Espagne, il est courant d'utiliser les pronoms de sujet (yo, t√ļ, √©l/ella, nosotros/as, vosotros/as, ellos/as) m√™me lorsque le sujet est √©vident dans le contexte. Cependant, dans de nombreuses r√©gions d'Am√©rique latine, cette utilisation est moins fr√©quente.

‚ÄĘ Ambigu√Įt√© du pronom possessif "su". -  Le pronom possessif "su" peut √™tre ambigu car il peut signifier "son/sa/leur" pour la troisi√®me personne du singulier et "votre" pour la deuxi√®me personne du singulier ou du pluriel. Dans certains cas, il peut √™tre n√©cessaire de clarifier le sens en utilisant des phrases suppl√©mentaires.

‚ÄĘ Le voseo est une particularit√© pr√©sente dans plusieurs r√©gions hispanophones, notamment en Am√©rique latine (Argentine, Uruguay,  Paraguay, Bolivie, Salvador et Honduras, o√Ļ il est utilis√© comme une forme alternative du pronom de deuxi√®me personne singulier t√ļ (tu en fran√ßais), en faveur du pronom vos, pour s'adresser √† une seule personne de mani√®re famili√®re. Le voseo peut entra√ģner des diff√©rences dans la conjugaison des verbes ou des formes sp√©cifiques de pronoms possessifs  par rapport √† l'usage standard avec t√ļ. Dans les r√©gions o√Ļ le voseo est utilis√©, il est g√©n√©ralement bien accept√© socialement et ne constitue pas un marqueur de niveau de langage ou de formalit√©. Cependant, il peut y avoir des nuances r√©gionales quant √† sa perception. Dans de nombreuses r√©gions o√Ļ le voseo est utilis√©, les locuteurs sont √©galement familiers avec le t√ļ et peuvent l'utiliser dans des contextes informels, en fonction des pr√©f√©rences personnelles ou des influences culturelles.

L'expression du neutre et de l'indéterminé.
La langue espagnole utilise des pronoms pour exprimer la neutralité ou l'indétermination. Ainsi :
‚ÄĘ Lo. - Le  pronom neutre lo est  utilis√© pour remplacer des concepts abstraits, des choses ind√©finies, des actions et des objets directement masculins singuliers, ainsi que pour faire r√©f√©rence √† des situations ou √† des actions enti√®res.
+ Lo est souvent utilis√© comme un pronom personnel neutre pour remplacer des concepts ou des id√©es abstraites, des actions, ou des phrases compl√®tes.  Exemples : "Lo entiendo" (Je comprends cela); "No s√© lo que dijo" (Je ne sais pas ce qu'il a dit).
+ Lo peut également être utilisé comme un pronom démonstratif neutre pour désigner des choses abstraites ou indéfinies. Exemples : "Lo importante es que estás bien" (L'important, c'est que tu vas bien); "No sé lo que quieres" (Je ne sais pas ce que tu veux).

+ Lo, dans certains contextes, peut fonctionner comme un pronom d'objet direct pour remplacer un objet direct masculin singulier. Exemples : "Voy a comprarlo ma√Īana" (Je vais l'acheter demain); "Lo vi en el parque" (Je l'ai vu au parc).

 + Lo peut √™tre utilis√© pour se r√©f√©rer √† une situation ou √† une action enti√®re mentionn√©e pr√©c√©demment. Exemples : "¬ŅQu√© es lo que m√°s te gusta hacer?" (Qu'est-ce que tu aimes le plus faire?);  "Lo que dijiste es importante." (Ce que tu as dit est important).

 + Lo est √©galement utilis√© dans certaines expressions idiomatiques, telles que "lo siento" (je suis d√©sol√©), o√Ļ il ne conserve pas sa signification litt√©rale mais prend plut√īt une signification fixe dans cette expression.

‚ÄĘ Eso. -  Le pronom eso peut √™tre utilis√© pour d√©signer des choses ou des situations de mani√®re ind√©finie. Exemple : "¬ŅQu√© es eso?" (Qu'est-ce que c'est?).

‚ÄĘ Esto. - Le pronom esto est souvent utilis√© pour faire r√©f√©rence √† quelque chose de mani√®re ind√©termin√©e ou non sp√©cifique. Exemple : "Esto no est√° bien" (Cela n'est pas correct).

‚ÄĘ Algo. - Le pronom ind√©fini algo est utilis√© pour d√©signer quelque chose de mani√®re g√©n√©rale ou non sp√©cifique. Exemple : "Quiero algo para comer" (Je veux quelque chose √† manger).

‚ÄĘ Les expressions impersonnelles comme se ou uno sont √©galement utilis√©es pour exprimer des id√©es de mani√®re ind√©finie. Exemples : "Se dice que..." (On dit que...);  "Uno nunca sabe" (On ne sait jamais).

‚ÄĘ Les phrases passives peuvent √™tre utilis√©es pour exprimer des id√©es de mani√®re ind√©termin√©e ou g√©n√©rale. Exemple : "Se venden casas aqu√≠" (Des maisons sont vendues ici).

Verbes.
Les verbes en espagnol sont conjugés pour exprimer le temps, le mode, la personne et le nombre. Il existe trois groupes principaux de verbes en fonction de leur infinitif : -ar, -er et -ir, chacun ayant sa propre conjugaison.
‚ÄĘ Les verbes du premier groupe (-ar). - Les verbes dont l'infinitif se termine par "-ar" suivent g√©n√©ralement des mod√®les de conjugaison similaires, bien qu'il puisse y avoir des variations..   Exemples : hablar (parler), cantar (chanter), estudiar (√©tudier). Ces verbes

‚ÄĘ Les verbes du deuxi√®me groupe (-er). - Les verbes dont l'infinitif se termine par "-er" ont souvent des mod√®les de conjugaison distincts des verbes en "-ar", bien qu'il y ait des similitudes dans certains cas. Exemples : comer (manger), beber (boire), aprender (apprendre). 

‚ÄĘ Les verbes du troisi√®me groupe (-ir). - Les verbes de ce troisi√®me groupe ont souvent des mod√®les de conjugaison distincts des deux premiers groupes. Exemples : vivir (vivre), escribir (√©crire), partir (partir).

Certains verbes peuvent également appartenir à des sous-groupes spécifiques ou avoir des conjugaisons entièrement irrégulières.

Les verbes en espagnol sont conjugu√©s en fonction du temps, du mode, de la personne et du nombre. Les temps verbaux les plus courants en espagnol sont le pr√©sent, le pass√© compos√©, le futur, l'imparfait et le pass√© simple. Les principaux modes  en  sont l'indicatif, le subjonctif, l'imp√©ratif et le conditionnel.

Les verbes en espagnol sont conjugués pour indiquer la personne (je, tu, il/elle, nous, vous, ils/elles) et le nombre (singulier ou pluriel). Pour conjuguer un verbe, on retire la terminaison de l'infinitif (-ar, -er, -ir) et on ajoute la terminaison appropriée pour chaque personne, mode et temps. La plupart des verbes suivent des modèles de conjugaison réguliers, mais certains sont irréguliers et doivent être appris individuellement. Certains verbes subissent des modifications de la racine pour maintenir la prononciation, en particulier dans les temps passés.

La conjugaison des verbes en espagnol est assez r√©guli√®re par rapport √† d'autres langues, mais elle n√©cessite tout de m√™me de la pratique pour la ma√ģtriser.
Les verbes réguliers suivent des modèles de conjugaison prévisibles et systématiques pour chaque groupe de verbes. Terminaisons typiques pour chaque groupe :

‚ÄĘ Verbes en -ar. - Exemple : "hablar" (parler). Pr√©sent de l'indicatif : hablo, hablas, habla, hablamos, habl√°is, hablan. Pr√©sent du subjonctif : hable, hables, hable, hablemos, habl√©is, hablen.

‚ÄĘ Verbes en -er. -  Exemple : "comer" (manger). Pr√©sent de l'indicatif : como, comes, come, comemos, com√©is, comen. Pr√©sent du subjonctif : coma, comas, coma, comamos, com√°is, coman.

‚ÄĘ Verbes en -ir. - Exemple : "vivir" (vivre). Pr√©sent de l'indicatif : vivo, vives, vive, vivimos, viv√≠s, viven. Pr√©sent du subjonctif : viva, vivas, viva, vivamos, viv√°is, vivan.

Les verbes irr√©guliers ne suivent pas les mod√®les de conjugaison typiques. Exemples de verbes irr√©guliers tr√®s couramment utilis√©s en espagnol et qui peuvent appara√ģtre dans de nombreux de contextes :
‚ÄĘ Ser (√™tre). - Pr√©sent de l'indicatif : soy, eres, es, somos, sois, son. Pr√©sent du subjonctif : sea, seas, sea, seamos, se√°is, sean.

‚ÄĘ Estar (√™tre). - Pr√©sent de l'indicatif : estoy, est√°s, est√°, estamos, est√°is, est√°n. Pr√©sent du subjonctif : est√©, est√©s, est√©, estemos, est√©is, est√©n.

‚ÄĘ Ir (aller). - Pr√©sent de l'indicatif : voy, vas, va, vamos, vais, van. Pr√©sent du subjonctif : vaya, vayas, vaya, vayamos, vay√°is, vayan.

‚ÄĘ Tener (avoir). - Pr√©sent de l'indicatif : tengo, tienes, tiene, tenemos, ten√©is, tienen. Pr√©sent du subjonctif : tenga, tengas, tenga, tengamos, teng√°is, tengan.

‚ÄĘ Hacer (faire). - Pr√©sent de l'indicatif : hago, haces, hace, hacemos, hac√©is, hacen.  Pr√©sent du subjonctif : haga, hagas, haga, hagamos, hag√°is, hagan.

‚ÄĘ Poner (mettre). - Pr√©sent de l'indicatif : pongo, pones, pone, ponemos, pon√©is, ponen. Pr√©sent du subjonctif : ponga, pongas, ponga, pongamos, pong√°is, pongan.

Temps simples.
Les temps simples sont les formes verbales qui ne requièrent pas un auxiliaire pour leur conjugaison. Les principaux sont les suivants :
‚ÄĘ Pr√©sent de l'indicatif (presente de indicativo). - Exprime une action ou une situation actuelle. Exemple : Hablo espa√Īol (Je parle espagnol).

‚ÄĘ Imparfait (pret√©rito imperfecto). - Exprime une action habituelle, continue ou r√©p√©t√©e dans le pass√©. Exemple : Hablaba espa√Īol (Je parlais espagnol).

‚ÄĘ Pass√© simple (pret√©rito perfecto simple ou pret√©rito indefinido). - Exprime une action ponctuelle ou achev√©e dans le pass√©, souvent dans un contexte narratif. Exemple : Habl√© espa√Īol (Je parlai espagnol).

‚ÄĘ Futur simple (futuro simple). - Exprime une action future. Exemple : Hablar√© espa√Īol (Je parlerai espagnol).

‚ÄĘ Conditionnel pr√©sent (condicional presente). - Exprime une action hypoth√©tique ou polie.  Il  se forme en ajoutant les terminaisons  -√≠a, -√≠as, -√≠a, -√≠amos, -√≠ais, -√≠an √† l'infinitif du verbe. Exemple : Hablar√≠a espa√Īol (Je parlerais espagnol).

Temps composés.
En espagnol, les temps compos√©s sont form√©s en utilisant des auxiliaires tels que haber (avoir) suivi du participe pass√© du verbe principal. Ces temps  sont utilis√©s pour exprimer des actions qui ont eu lieu dans le pass√© par rapport √† un moment donn√©, ou qui seront achev√©es √† un moment donn√© dans le futur.
‚ÄĘ Pret√©rito perfecto compuesto (Pr√©t√©rit parfait compos√©) : form√© avec le pr√©sent de l'auxiliaire "haber" et le participe pass√© du verbe principal. Exemple : He comido (J'ai mang√©).

‚ÄĘ Pret√©rito pluscuamperfecto (Plus-que-parfait compos√©) : form√© avec l'imparfait de l'auxiliaire "haber" et le participe pass√© du verbe principal. Exemple : Hab√≠a comido (J'avais mang√©).

‚ÄĘ Futuro perfecto (Futur ant√©rieur) : form√© avec le futur de l'auxiliaire "haber" et le participe pass√© du verbe principal. Exemple : Habr√© comido (J'aurai mang√©).

‚ÄĘ Condicional compuesto (Conditionnel pass√©) : form√© avec le conditionnel de l'auxiliaire "haber" et le participe pass√© du verbe principal. Exemple : Habr√≠a comido (J'aurais mang√©).

Présent progressif.
Le pr√©sent progressif ( = pr√©sent continu), est une construction verbale utilis√©e pour indiquer une action en cours de d√©roulement au moment o√Ļ on parle. Ce temps est form√© en conjuguant le verbe estar (au pr√©sent) suivi du g√©rondif du verbe principal. Le g√©rondif est form√© en ajoutant le suffixe -ando aux verbes en -ar et le suffixe -iendo aux verbes en -er et -ir. exemple : Estoy hablando (Je suis en train de parler). Dans certains cas, le pr√©sent progressif peut √™tre utilis√© pour exprimer une action future planifi√©e ou intentionnelle.  Exemple :  Ma√Īana estamos visitando a mis abuelos. (Demain, nous allons rendre visite √† mes grands-parents). Le pr√©sent progressif peut √©galement √™tre utilis√© pour d√©crire un changement d'attitude ou de situation qui est en cours de r√©alisation. Exemple :  √öltimamente, estoy entendiendo mejor las matem√°ticas. (Derni√®rement, je commence √† mieux comprendre les math√©matiques). Le pr√©sent progressif peut √©galement √™tre utilis√© pour d√©crire une action en cours impliquant plusieurs personnes. Exemple : Estamos cocinando la cena. (Nous sommes en train de pr√©parer le d√ģner).

Futur proche.
Le futur procher ser √†  exprimer une action future qui est imminente ou planifi√©e. Le futur proche en espagnol est form√© en utilisant le verbe ir (au pr√©sent) suivi de l'infinitif du verbe principal. Contrairement √† d'autres temps verbaux, le futur proche en espagnol est une p√©riphrase verbale. Exemple : Voy a estudiar (Je vais √©tudier). Le futur proche est souvent utilis√© pour exprimer une intention ou une certitude quant √† l'accomplissement de l'action future. Exemple : Esta tarde vamos a ver una pel√≠cula. (Cet apr√®s-midi, nous allons regarder un film). Ce temps  est souvent pr√©f√©r√© au futur simple pour exprimer une action future proche car il est plus simple √† former et √† comprendre. Le futur proche peut √©galement √™tre utilis√© pour exprimer une d√©cision spontan√©e ou une action soudaine qui vient d'√™tre prise. Exemple :  ¬°Voy a preparar la cena! (Je vais pr√©parer le d√ģner!).

Temps simples (indicatif).

‚ÄĘ Presente (Pr√©sent) - Indique une action qui se d√©roule actuellement ou une v√©rit√© g√©n√©rale. Exemple : Hablo espa√Īol (Je parle espagnol.)

‚ÄĘ Pret√©rito perfecto (Pr√©t√©rit parfait) - Indique une action qui s'est produite dans un pass√© r√©cent ou une action qui a des r√©percussions sur le pr√©sent.  Exemple : He comido (J'ai mang√©.)

‚ÄĘ Pret√©rito indefinido (Pr√©t√©rit simple) - Indique une action ponctuelle ou termin√©e dans le pass√©.  Exemple : Habl√© espa√Īol (J'ai parl√© espagnol.)

‚ÄĘ Pret√©rito imperfecto (Imparfait) - Indique une action qui se d√©roulait r√©guli√®rement ou qui √©tait en cours dans le pass√©. Exemple : Hablaba espa√Īol (Je parlais espagnol.)

‚ÄĘ Futuro (Futur simple) - Indique une action qui se d√©roulera √† l'avenir. Exemple : Hablar√© espa√Īol (Je parlerai espagnol.)

Le subjonctif.
Le subjonctif en espagnol est un mode verbal utilis√© pour exprimer des actions qui sont souhait√©es, douteuses, incertaines, √©motionnelles ou subjectives. 
‚ÄĘ Emploi du subjonctif. - Le subjonctif est utilis√© apr√®s certaines expressions qui expriment l'incertitude, le doute, le d√©sir, la n√©cessit√©, etc. Exemple : Quiero que vengas ma√Īana. (Je veux que tu viennes demain).

‚ÄĘ Emploi du subjonctif dans les propositions relatives. - Le subjonctif est  utilis√© dans les propositions relatives apr√®s des verbes ou des expressions qui expriment le doute, le d√©ni, le souhait, etc. Exemple : Busco un libro que sea interesante. (Je cherche un livre qui soit int√©ressant).

‚ÄĘ Emploi du subjonctif dans les propositions adverbiales de temps. - Le subjonctif est utilis√© dans les propositions adverbiales de temps lorsque l'action future est incertaine. Exemple : Cuando llegue, te llamar√©. (Quand il arrivera, je t'appellerai).

Le subjonctif est formé en ajoutant des terminaisons spécifiques aux racines des verbes. Par exemple, pour les verbes réguliers en -ar, les terminaisons sont -e, -es, -e, -emos, -éis, -en ; et pour les verbes réguliers en -er et -ir, les terminaisons sont -a, -as, -a, -amos, -áis, -an.

Le subjonctif est souvent utilisé dans les propositions subordonnées introduites par des conjonctions comme "que", "cuando", "aunque", "si", etc. Ces propositions servent à exprimer des désirs, des doutes, des incertitudes, des émotions, des hypothèses, des conditions non réalisées, etc.

L'utilisation de l'indicatif ou du subjonctif dépend de la nature de la proposition et de l'expression de la certitude ou de l'incertitude. Par exemple, "Creo que él va a venir" (J'ai la certitude qu'il va venir) utilise l'indicatif, tandis que "Es posible que él venga" (Il est possible qu'il vienne) utilise le subjonctif car il exprime une incertitude.

Comme pour l'indicatif, certains verbes ont des formes irrégulières au subjonctif. Par exemple, les verbes "ser" et "estar" ont des formes particulières au subjonctif présent : "sea", "seas", "sea", "seamos", "seáis", "sean" (pour "ser"), et "esté", "estés", "esté", "estemos", "estéis", "estén" (pour "estar").

Le subjonctif imparfait est utilisé pour exprimer des actions passées qui sont antérieures à un autre événement passé, tandis que le subjonctif passé composé est utilisé pour exprimer des actions passées qui sont postérieures à un autre événement passé. Par exemple, "Esperaba que llegaras antes de las cinco" (J'espérais que tu arrives avant 5 heures) utilise le subjonctif imparfait, tandis que "Esperaba que hubieras llegado antes de las cinco" (J'espérais que tu sois arrivé avant 5 heures) utilise le subjonctif passé composé.

Le subjonctif est également utilisé dans certaines expressions figées et constructions idiomatiques, telles que "ojalá que" (pourvu que), "es necesario que" (il est nécessaire que), "es mejor que" (il vaut mieux que), etc.

L'imp√©ratif. 
L'imp√©ratif  est utilis√© pour donner des ordres, des instructions, des conseils, des recommandations ou pour exprimer des souhaits de mani√®re directe. 

Il est généralement formé à partir de la deuxième personne du singulier (tu), de la première personne du pluriel (nosotros/nosotras) et de la deuxième personne du pluriel (vosotros/vosotras). Pour les verbes réguliers en -ar, on enlève le -ar et ajoute les terminaisons -a (pour tu) et -ad (pour vosotros). Pour les verbes en -er et -ir, on enlève le -er ou -ir et ajoute les terminaisons -e (pour tu) et -ed (pour vosotros). Exemples : Hablar (parler) : habla (tu), hablad (vosotros); comer (manger) : come (tu), comed (vosotros); Vivir (vivre) : vive (tu), vivid (vosotros).

Les pronoms personnels sujets peuvent √™tre inclus ou exclus dans l'imp√©ratif selon le contexte et l'importance de l'adresse directe. Exemples :  T√ļ, habla m√°s despacio. (Parle plus lentement);  T√ļ, ¬°c√°llate! (Toi, tais-toi!).

Certains verbes ont des formes irr√©guli√®res √† l'imp√©ratif. Les verbes "ser" (√™tre) et "ir" (aller), par exemple, ont des formes sp√©ciales : s√© (tu), sed (vosotros) pour "ser" ; ve (tu), id (vosotros) pour "ir". Exemples : S√© amable con tus compa√Īeros. (Sois gentil avec tes camarades); id al supermercado a comprar comida. (Allez au supermarch√© acheter de la nourriture).

Pour former l'impératif négatif, on utilise souvent la forme correspondante du verbe "no" suivi de l'infinitif du verbe principal. Exemple : no comas eso (ne mange pas ça).

L'imp√©ratif en espagnol peut √™tre utilis√© pour donner des ordres ou des conseils de mani√®re formelle ou informelle, selon le contexte et le niveau de familiarit√© entre les interlocuteurs. Les formes de politesse, telles que "usted" et "ustedes", peuvent √™tre utilis√©es pour exprimer du respect ou de la distance. Exemple : usted, espere un momento, por favor (attendez un moment, s'il vous pla√ģt).

Les aspects.
Les aspects grammaticaux, entre lesquels se distribuent les temps, correspondent à la manière dont une action est perçue en termes de son achèvement ou de sa durée. Les deux principaux aspects en espagnol sont l'aspect perfectif et l'aspect imperfectif. On peut y ajouter un aspect mixte, combinant les deux précédents.

‚ÄĘ Aspect perfectif. - L'aspect perfectif met l'accent sur l'ach√®vement ou le r√©sultat final de l'action. Il est g√©n√©ralement utilis√© pour des actions qui sont vues comme termin√©es, accomplies ou limit√©es dans le temps. Il est souvent exprim√© √† l'aide du pass√© simple (pret√©rito indefinido) ou du pass√© compos√© (pret√©rito perfecto simple), selon le contexte et la r√©gion. 
Les expressions telles que "después de que", "en cuanto", "tan pronto como" sont également utilisées avec l'aspect perfectif pour indiquer une action achevée. Exemple : "Llegué a casa" (J'arrivai à la maison) ou "He llegado a casa" (Je suis arrivé à la maison).

‚ÄĘ Aspect imperfectif. - L'aspect imperfectif met l'accent sur le processus lui-m√™me plut√īt que sur son ach√®vement.  Il est utilis√© pour d√©crire des actions qui √©taient en cours, r√©p√©t√©es ou non achev√©es dans le pass√©.  Il est souvent exprim√© √† l'aide de l'imparfait (pret√©rito imperfecto) ou du pass√© compos√© (pret√©rito perfecto compuesto) avec une structure progressive. Les expressions temporelles telles que "durante", "mientras", "cuando" sont √©galement associ√©es √† l'aspect imperfectif pour indiquer une action en cours. Exemple : "Estaba corriendo cuando me ca√≠" (Je courais quand je suis tomb√©) ou "Estaba leyendo un libro" (Je lisais un livre).

‚ÄĘ Aspect mixte. - Parfois, les deux aspects peuvent √™tre combin√©s dans une m√™me phrase pour fournir des informations sur diff√©rentes parties de l'action. Par exemple, "Mientras com√≠a, recib√≠ una llamada" (Pendant que je mangeais, j'ai re√ßu un appel) utilise l'aspect imperfectif (com√≠a) pour d√©crire une action en cours et l'aspect perfectif (recib√≠) pour d√©crire une action achev√©e.

Ajoutons quelques remarques sur l'expression des aspects :
‚ÄĘ Emploi du g√©rondif. -  Le g√©rondif est utilis√© pour exprimer une action qui se d√©roule simultan√©ment √† une autre action. Exemple : Estoy comiendo mientras estudio. (Je suis en train de manger pendant que j'√©tudie.)

‚ÄĘ Emploi du participe pass√© comme adjectif. -  Le participe pass√© est souvent utilis√© comme adjectif pour d√©crire des personnes ou des choses. Exemple : El libro est√° escrito en espa√Īol. (Le livre est √©crit en espagnol).

‚ÄĘ Emploi du participe pass√© avec les temps compos√©s. - Le participe pass√© est utilis√© avec les auxiliaires "haber" ou "ser" pour former les temps compos√©s.  Exemple : He comido. (J'ai mang√©).

‚ÄĘ Emploi de l'infinitif. - L'infinitif est utilis√© apr√®s certains verbes pour indiquer l'intention, la capacit√©, l'obligation, etc. Exemple : Quiero estudiar espa√Īol. (Je veux √©tudier l'espagnol).

Les doubles auxiliaires.
Au nombre des particularit√©s grammaticales de l'espagnol, il faut mentionner l'existence de doubles auxiliaires, ser et estar (√™tre), haber et tener (avoir). Entre les deux premiers, il y a la diff√©rence qui s√©pare l'essence et l'actualit√© : ¬ę soy bueno, je suis bon, d'un bon naturel; estoy bueno, je suis bien, en bon √©tat de sant√©-¬Ľ . La nuance entre les deux seconds se d√©duit de la r√®gle qui fait accorder ou non le participe : ¬ę yo he escrito, ou bien yo tengo escrita la carta, j'ai √©crit la lettre. ¬Ľ 
‚ÄĘ Ser et Estar (√ätre). -   Ser est utilis√© pour exprimer des caract√©ristiques permanentes ou essentielles, l'origine, la nationalit√©, l'heure, et d'autres attributs inh√©rents.  Exemples  : "Soy estudiante" (Je suis √©tudiant), "Ella es espa√Īola" (Elle est espagnole).Estar est utilis√© pour exprimer des √©tats temporaires, des conditions changeantes, des localisations, et des r√©sultats d'actions. Exemple : "Estoy cansado" (Je suis fatigu√©), "Estamos en la playa" (Nous sommes √† la plage).

‚ÄĘ Haber et Tener (Avoir). - Haber est utilis√© comme un auxiliaire pour former les temps compos√©s (comme le pass√© compos√©) et pour exprimer l'existence. Exemples : "He comido" (J'ai mang√©), "Hay muchas personas" (Il y a beaucoup de gens). Tener est utilis√© pour exprimer la possession, l'√Ęge, des sensations physiques, et des obligations. Exemples : "Tengo un coche" (J'ai une voiture), "Tiene treinta a√Īos" (Il/Elle a trente ans), "Tengo que estudiar" (Je dois √©tudier, j'ai √† √©tudier).

Les deux membres de chaque paire de doubles auxiliaires sont des verbes très courants et polyvalents en espagnol. Le choix entre les membres de chaque paire dépend souvent du contexte et de la nuance spécifique que le locuteur souhaite exprimer. Les deux verbes peuvent être suivis par un participe passé pour former des temps composés comme le passé composé (pretérito perfecto compuesto).

Syntaxe.
La syntaxe de l'espagnol suit généralement l'ordre des mots sujet-verbe-objet (SVO), du moins, le verbe est-il souvent placé après le sujet dans les phrases déclaratives. Cependant, l'ordre des mots peut varier selon le contexte et l'importance accordée à différents éléments de la phrase.

Les pronoms d'objet direct et indirect peuvent √™tre plac√©s avant le verbe conjugu√© ou attach√©s √† l'infinitif, au g√©rondif ou au participe pass√©. Les adjectifs sont g√©n√©ralement plac√©s apr√®s le nom qu'ils modifient. Les adverbes sont g√©n√©ralement plac√©s avant le verbe. Les questions et les phrases n√©gatives sont form√©es en ajoutant des mots interrogatifs ou des mots n√©gatifs au d√©but de la phrase ( Exemples : ¬ŅD√≥nde est√°s? (O√Ļ es-tu ?) / No quiero ir. (Je ne veux pas y aller)).

Les pronoms personnels sujets peuvent √™tre omis lorsqu'ils sont √©vidents dans le contexte, mais ils peuvent √©galement √™tre plac√©s avant le verbe ou attach√©s √† la fin du verbe conjugu√©.  Exemple : Tengo hambre. (J'ai faim.)

Constructions à double objet.
L'espagnol utilise souvent des constructions √† double objet, o√Ļ le verbe peut √™tre suivi de deux objets directs ou indirects. Ces constructions offrent une flexibilit√© syntaxique pour exprimer diverses actions impliquant la transmission ou la remise de quelque chose √† quelqu'un d'autre. Elle est largement utilis√©e dans la langue parl√©e et √©crite. 

‚ÄĘ Verbe + objet indirect + objet direct. -  Dans cette construction, le verbe est suivi d'abord par l'objet indirect, puis par l'objet direct.  Exemple : "Juan le dio un libro a Mar√≠a." (Juan a donn√© un livre √† Mar√≠a).  "Juan" est le sujet, "le" est l'objet indirect (r√©f√©renciant √† Mar√≠a) et "un libro" est l'objet direct.

‚ÄĘ Placement des pronoms objets. - Lorsque des pronoms objets sont utilis√©s √† la place de noms, ils sont plac√©s avant le verbe conjugu√©. Exemple : "Juan le dio un libro." (Juan lui a donn√© un livre). "Le" est l'objet indirect (r√©f√©renciant √† Mar√≠a) et "un libro" est l'objet direct.

‚ÄĘ Ordre des objets. -  Il est √©galement possible d'inverser l'ordre des objets, en pla√ßant d'abord l'objet direct suivi de l'objet indirect. Exemple : "Juan dio un libro a Mar√≠a." (Juan a donn√© un livre √† Mar√≠a).

Certains verbes sont couramment utilisés dans cette construction à double objet, tels que "dar" (donner), "enviar" (envoyer), "prestar" (prêter), "regalar" (offrir), etc.

Accords des formes verbales.
En espagnol, les règles d'accord des formes verbales dépendent principalement du sujet et du temps verbal utilisé. Mais ces règles d'accord peuvent varier également en fonction du mode et du contexte de la phrase. Il existe également des exceptions et des cas particuliers.

‚ÄĘ Accord avec le sujet. - Comme on l'a vu plus haut, le verbe doit s'accorder en personne et en nombre avec le sujet.

‚ÄĘ Accord avec le temps verbal. -  Chaque temps verbal a ses propres r√®gles d'accord avec le sujet et les circonstances sp√©cifiques.  Dans le pret√©rito indefinido (pass√© simple), par exemple, il existe des r√®gles d'accord particuli√®res pour les verbes r√©guliers et irr√©guliers.

‚ÄĘ Accord avec le compl√©ment d'objet direct (COD). - En espagnol, si le COD est plac√© avant le verbe, le participe pass√© des verbes conjugu√©s avec l'auxiliaire "haber" s'accorde en genre et en nombre avec ce COD. Exemple : Los libros que he le√≠do (Les livres que j'ai lus).

‚ÄĘ Accord avec le participe pass√© dans les temps compos√©s. - Dans les temps compos√©s, comme le pret√©rito perfecto compuesto ou le plus-que-parfait, le participe pass√© s'accorde en genre et en nombre avec le sujet. Exemple : Ella ha comido (Elle a mang√©), Ellos han comido (Ils ont mang√©).

Voix passive.
La voix passive est moins fréquente en espagnol que dans d'autres langues, mais elle peut être formée à l'aide de la construction "ser + participe passé".

Autres éléments de l'espagnol.
L'espagnol possède également des articles définis et indéfinis, des prépositions, des conjonctions et des adverbes, qui contribuent à la structure et à la fonction des phrases.

Articles.
Les articles définis (el, la, los, las) sont utilisés pour désigner quelque chose de spécifique ou de défini. Exemples : "el libro" (le livre), "la casa" (la maison).

Les articles indéfinis (un, una, unos, unas). sont utilisés pour désigner quelque chose de non spécifique ou indéfini. Exemples : "un libro" (un livre), "una casa" (une maison).

Prépositions.
Les prépositions simples (a, en, con, de, por, para, etc.) sont utilisées pour indiquer des relations spatiales, temporelles ou logiques entre des éléments dans une phrase. Exemples : "voy a la tienda" (je vais au magasin), "trabajo en la oficina" (je travaille au bureau).

Conjonctions.
Le conjonctions de coordination (y, o, pero, sino, ni, etc.) sont utilisées pour relier des mots, des phrases ou des propositions ayant une relation de coordination ou de contraste. Exemples : "Juan y María fueron al cine" (Juan et María sont allés au cinéma), "quiero ir, pero no puedo" (je veux y aller, mais je ne peux pas).

Les conjonctions de subordination (que, cuando, mientras, aunque, etc.) sont tilisées pour introduire une proposition subordonnée qui dépend d'une proposition principale. Exemples : "creo que va a llover" (je pense qu'il va pleuvoir), "cuando llegue, te llamo" (quand je serai arrivé, je t'appelle).

Adverbes.
Les adverbes de manière (bien, mal, así, etc.) sont utilisés pour indiquer comment quelque chose est fait ou se produit. Exemples : "habla muy rápido" (il parle très vite), "lo hice así" (je l'ai fait comme ça).

Le adverbes de temps (ahora, luego, antes, despu√©s, etc.) sont utilis√©s pour indiquer le moment o√Ļ une action se produit. Exemples : "vamos ahora" (allons-y maintenant), "lo har√© despu√©s" (je le ferai plus tard).

Cas de la préposition "a".
C'est le propre de l'espagnol d'employer la préposition "a" avec le complément direct des verbes transitifs dans les cas suivants :

‚ÄĘ Compl√©ment direct d√©signant une personne ou un animal. -  Lorsque le compl√©ment direct du verbe transitif d√©signe une personne ou un animal sp√©cifique, la pr√©position "a" est souvent utilis√©e pour indiquer cette direction ou cette action sp√©cifique envers cette entit√©. Exemple : "Veo a Juan." (Je vois Juan), "Amo a mi perro." (J'aime mon chien).

‚ÄĘ Compl√©ment direct d√©signant une destination ou un point sp√©cifique. - Lorsque le compl√©ment direct du verbe transitif indique une destination ou un point sp√©cifique vers lequel se dirige l'action du verbe, la pr√©position "a" est √©galement utilis√©e. Exemple : "Voy a la tienda." (Je vais au magasin), "Lanz√≥ la pelota a la ventana." (Il a lanc√© la balle vers la fen√™tre).

‚ÄĘ Compl√©ment direct introduit par une expression de temps ou de fr√©quence. -  Lorsque le compl√©ment direct est introduit par une expression de temps ou de fr√©quence, la pr√©position "a" est √©galement utilis√©e.  Exemple : "Espero verla a menudo." (J'esp√®re la voir souvent), "Voy a estudiar a la biblioteca." (Je vais √©tudier √† la biblioth√®que).

Les dialectes de l'Espagnol

L'espagnol, parl√© dans de nombreux pays, est une langue qui pr√©sente de nombreuses variantes r√©gionales et dialectales √† travers le monde. Ces dialectes peuvent varier consid√©rablement en termes de prononciation, de vocabulaire, de grammaire et m√™me de syntaxe. 

Espagnol d'Espagne.
L'espagnol d'Espagne est caract√©ris√© par la distinction entre le "ceceo" (la prononciation du "c" et du "z" comme "th") et le "seseo" (la prononciation du "c" et du "z" comme "s"). Il  utilise parfois des termes diff√©rents de ceux utilis√©s en Am√©rique latine, en raison de l'influence historique et culturelle. Certaines constructions grammaticales peuvent diff√©rer l√©g√®rement de celles utilis√©es en Am√©rique latine. Voici quelques-uns des principaux dialectes de l'espagnol d'Espagne :

 Le castillan.
Le castillan (= espagnol standard = espagnol p√©ninsulaire), parl√© par 47 millions de locuteurs natifs, tire son nom de la r√©gion historique de Castille en Espagne, o√Ļ il a √©merg√© et s'est d√©velopp√©. Le castillan est la variante  la plus r√©pandue de l'espagnol et sert de r√©f√©rence pour l'espagnol dans sa forme √©crite et standard. Il est utilis√© comme langue officielle en Espagne et dans de nombreux pays d'Am√©rique latine.  C'est la variante de l'espagnol qui est g√©n√©ralement enseign√©e comme langue √©trang√®re dans le monde entier. Le castillan est utilis√© dans les m√©dias, la litt√©rature, l'enseignement et la communication officielle en Espagne et dans les pays hispanophones. Sa phonologie, sa grammaire et son lexique sont souvent consid√©r√©s comme la norme √† laquelle d'autres variantes sont compar√©es.

L'aragonais de la vallée de l'Ebre.
L'Aragonais de la Vall√©e de l'Ebre, parfois simplement appel√© aragonais oriental, est une vari√©t√© de l'espagnol parl√©e dans certaines r√©gions du nord de l'Espagne, notamment dans la r√©gion d'Aragon (et qui  se distingue de l'aragonais proprement dit, parl√© dans les Pyr√©n√©es espagnoles, et qui est une langue duistinct). Il se caract√©rise par quelques traits archa√Įqes.: Comme l'aragonais est une langue romane qui a √©volu√© √† partir du latin, certaines caract√©ristiques du latin peuvent s'y √™tre conserv√©es plus qu'ailleurs, notamment au niveau de la morphologie et de la syntaxe.

Le navarrais.
Le navarrais est une variété parlée dans la région de Navarre, dans le nord de l'Espagne. La langue basque a historiquement eu une influence significative sur le navarrais en raison de la proximité géographique et de l'interaction entre les locuteurs des deux langues. Par conséquent, certains mots et expressions basques peuvent être intégrés dans le vocabulaire du navarrais. Certaines voyelles peuvent être prononcées différemment quue dans l'espagnol standard, et il peut aussi y avoir des variations dans la réalisation des consonnes. Bien que la grammaire et la syntaxe de base de l'espagnol soient généralement similaires dans toutes les régions hispanophones, il existe des nuances dans l'utilisation des temps verbaux, des prépositions et d'autres éléments grammaticaux dans le navarrais.

L'extrémadurien.
L'extr√©madurien est un dialecte de l'espagnol parl√© dans la r√©gion de l'Extr√©madure, qui est situ√©e dans l'ouest de l'Espagne, √† la fronti√®re avec le Portugal  (√† ne pas confondre avec l'estr√©m√®gne, qui est une langue distincte, parl√©e dans une petite enclave au nord de l'Estr√©madoure). Cette variante est influenc√©e par les caract√©ristiques linguistiques des r√©gions voisines du Portugal, ainsi que par des particularit√©s locales propres √† l'Extr√©madure. Il peut y avoir des variations dans la prononciation de certains sons et des diff√©rences dans le lexique utilis√©. L'extr√©madurien est utilis√© comme langue quotidienne par les habitants de la r√©gion de l'Extr√©madure, bien qu'il puisse coexister avec l'espagnol standard dans les contextes formels et officiels.

Le murcien.
Dans le dialecte murcien, les consonnes finales tendent à être vocalisées ou omises. Par exemple, verdad ( = vérité) peut être prononcé verá ou veráh. Certaines consonnes peuvent être affaiblies ou même omises dans le dialecte murcien. Par exemple, tres ( = trois) peut être prononcé treh. Comme dans toutes les régions hispanophones, le dialecte murcien a ses propres mots et expressions qui peuvent être différents de l'espagnol standard. Par exemple, huerta désigne les jardins ou vergers typiques de la région de Murcie. En raison de l'influence historique de la culture arabe dans la région de Murcie, certains mots et expressions d'origine arabe sont intégrés dans le dialecte murcien.

L'andalou.
Parl√©e en Andalousie, cette variante de l'espagnol est surtout caract√©ris√©e par des particularit√©s phonologiques.  Elle se distingue souvent par l'affaiblissement des consonnes finales, notamment des consonnes comme le /s/ qui peuvent √™tre prononc√©es de mani√®re plus douce ou m√™me omises dans certaines positions. D'autres consonnes peuvent √™tre supprim√©es;  ainsi, pour compadrito de mi alma, on dira : comparito e mi alma; pour llorar, llora; pour vida, via; pour quedado, queao; pour porque, poque; pour se√Īor, ze√Īo; pour mujer, mug√®; pour hacer, jacer. De plus, l'andalou peut pr√©senter des diff√©rences de prononciation dans les voyelles et les diphtongues par rapport √† d'autres variantes de l'espagnol. L'andalou se distingue aussi par l'usage des diminutifs dans les noms propres; ainsi, de Francisco il fait Frasco; de Paco, Paquito; de Jos√©, Joseito, Joseillo; de Pepe, Pepito, Pepillo; de Dolor√®s, Dolorsitas, Dolorrillas, Doloricas; d'Asuncion, Asuncioncita, Asuncioncilla, Asunta, etc. Ajoutons que l''andalou a √©t√© influenc√© par diverses langues et cultures au fil de son histoire, notamment l'arabe, le latin, le roman hispanique et les langues romanes locales. 

Le canarien.
Le canarien est une variante de l'espagnol parl√©e dans les √ģles Canaries. Il suit g√©n√©ralement les m√™mes r√®gles que l'espagnol standard en ce qui concerne la conjugaison verbale, la formation des mots et la syntaxe. Cependant, il peut y avoir des variations dans l'utilisation de certains mots, des tournures de phrases ou des expressions idiomatiques qui sont sp√©cifiques au canarien et qui diff√®rent de l'espagnol standard. 

Le lexique du canarien inclut des termes et des expressions sp√©cifiques √† la r√©gion des √ģles Canaries, ainsi que des emprunts √† d'autres langues, comme le portugais, le fran√ßais et les langues autochtones des √ģles Canaries. La prononciation du canarien peut varier selon les r√©gions des √ģles Canaries. Les  variations concernent la prononciation de certains sons consonantiques ou voyelles, ainsi que dans l'accent tonique des mots. Mais cette prononciation est g√©n√©ralement caract√©ris√©e par sa clart√© et sa nettet√©.

Le canarien est largement utilis√© dans la communication quotidienne et informelle dans les √ģles Canaries, bien qu'il puisse coexister avec l'espagnol standard dans certains contextes officiels et formels. Il est √©galement pr√©sent dans la litt√©rature locale, la musique, les m√©dias et d'autres formes d'expression culturelle des √ģles Canaries.

Espagnol d'Amérique latine.
L'espagnol d'Am√©rique latine comprend une grande vari√©t√© de dialectes et de variantes r√©gionales. Ces variantes pr√©sentent des changements de prononciation dans les consonnes et les voyelles, ainsi que des diff√©rences dans l'accent tonique. L'espagnol d'Am√©rique du latine comprend des termes et des expressions sp√©cifiques √† la r√©gion, en plus de partager certains termes avec d'autres variantes de l'espagnol. Par exemple, l'espagnol des Cara√Įbes peut incorporer des mots et des expressions d'origine africaine ou autochtone.

Le mexicain.
L'espagnol mexicain (plus de 130 millions de locuteurs natifs ) est l'un des dialectes les plus influents en raison de la taille et de la diversité du pays.La prononciation des voyelles est claire et précise (pas de réduction ni d'omission). Les consonnes /s/ et /j/ sont aspirées dans certaines régions. L'intonation peut varier selon les régions. Par exemple, dans certaines régions, il peut y avoir une tendance à monter la voix à la fin des phrases. Il existe aussi des variations lexicales et grammaticales propres au Mexique. La structure des phrases peut varier légèrement par rapport à l'espagnol standard, bien que dans l'ensemble, la syntaxe reste similaire.

Contrairement √† l'espagnol parl√© en Espagne, o√Ļ vosotros est utilis√© pour la deuxi√®me personne du pluriel, au Mexique, ustedes est largement utilis√© √† la place.

Il y a aussi un vocabulaire distinctif influencé par la culture, l'histoire et les langues indigènes du pays. Par exemple, de nombreux mots d'origine nahuatl (la langue des Aztèques) sont intégrés dans le lexique quotidien.

Comme dans d'autres régions hispanophones, les diminutifs sont largement utilisés pour exprimer l'affection, l'atténuation ou la petite taille. Par exemple, casita pour casa ( = maison ) ou librito pour libro ( = livre).

Ces caractéristiques varient en fonction des régions du Mexique et peuvent être plus ou moins marquées selon les zones géographiques et les groupes sociaux, mais, malgré ses caractéristiques distinctives, le mexicain est largement compris dans le monde hispanophone. Quelques-unes des principales variantes du dialecte mexicain de l'espagnol :

‚ÄĘ Mexicain du Nord du Mexique. - Cette variante est parl√©e dans les r√©gions du nord du Mexique, notamment dans les √Čtats de Chihuahua, Nuevo Le√≥n, Tamaulipas, et Coahuila. Les caract√©ristiques distinctives incluent une prononciation plus neutre des voyelles et une influence accrue de l'anglais en raison de la proximit√© avec les √Čtats-Unis.

‚ÄĘ Mexicain du Centre du Mexique. - Cette variante est parl√©e dans la r√©gion centrale du Mexique, district de Mexico et les √Čtats voisins. Elle est consid√©r√©e comme le mexicain standard et est souvent utilis√©e dans les m√©dias et l'√©ducation. Parmi ses caract√©ristiques, on note une prononciation claire des voyelles, l'utilisation fr√©quente du pronom ustedes pour le pluriel, et une influence notable de l'espagnol colonial.

‚ÄĘ Mexicain du Sud du Mexique. - Cette variante est parl√©e dans les √Čtats du sud du Mexique, tels que Oaxaca, Chiapas, et Guerrero. Elle est caract√©ris√©e par une prononciation distincte des voyelles, une forte influence des langues indig√®nes locales comme le zapot√®que et le mixt√®que, ainsi que l'utilisation de tournures de phrase et d'expressions idiomatiques propres √† la r√©gion.

‚ÄĘ Mexicain de la P√©ninsule du Yucat√°n. -  Parl√©e dans la p√©ninsule du Yucat√°n, cette variante est fortement influenc√©e par la langue maya. Les caract√©ristiques incluent une prononciation sp√©cifique des voyelles, une structure grammaticale particuli√®re et l'utilisation de mots et d'expressions d'origine maya.

‚ÄĘ Mexicain des r√©gions c√īti√®res. - Les r√©gions c√īti√®res, telles que celles de Veracruz, Jalisco, et Sinaloa, pr√©sentent des variantes r√©gionales caract√©ris√©es par des influences culturelles et linguistiques sp√©cifiques. Par exemple, l'espagnol parl√© √† Veracruz peut inclure des emprunts linguistiques des langues africaines en raison de l'histoire de la traite des esclaves dans la r√©gion.

Variantes d'Amérique centrale.
Le Costa Rica, le salvador, le Guat√©mala, le Honduras, le Nicaragua parlent des variantes de l'Espagnol qui leurs sont propres qui se distinguent par des particularit√©s lexicales, grammaticales et phonologiques. Le costaricien se signale par  la prononciation claire et pr√©cise des voyelles, le guat√©malt√®que par les influences des langues mayas parl√©es dans la r√©gion, le hondurien par des influences des langues africaines (proximit√© du B√©lize) et autochtones, etc.

Le cubain.
L'espagnol cubain ( plus de 11 millions de locuteurs natifs à Cuba) se caractérise par une prononciation distincte des consonnes et des voyelles. Par exemple, les consonnes finales sont souvent omises ou affaiblies, et il existe une tendance à prononcer les "s" et les "r" de manière douce ou aspirée. L'intonation dans l'espagnol cubain peut être plus mélodieuse et rythmée que dans d'autres variantes de la langue. De plus, il existe souvent une tendance à utiliser un ton haut et expressif dans la communication quotidienne.

Le vocabulaire  comprend de nombreux termes et expressions sp√©cifiques √† la r√©gion, ainsi que des emprunts linguistiques provenant du vocabulaire africain, du fran√ßais et de l'anglais. Par exemple, "guagua" pour autobus ou "yuma" pour √©tranger. En raison de l'histoire de l'esclavage et de la pr√©sence de populations d'origine africaine √† Cuba, dans certaines r√©gions plus que dans d'autres, l'espagnol cubain porte les influences lexicales et grammaticales des langues africaines, en particulier dans le vocabulaire li√© √† la culture, √† la musique et √† la religion.

Le "Voseo" n'est pas courant à Cuba. Le pronom "vosotros" est rarement utilisé, et la forme "ustedes" est préférée pour la deuxième personne du pluriel..

L'espagnol cubain pr√©sente des variations r√©gionales et sociales, mais il n'y a pas de variations aussi marqu√©es que dans d'autres pays hispanophones. On remarque des  diff√©rences entre les zones rurales et urbaines. Dans les zones urbaines, en particulier, l'espagnol se montre plus influenc√© par les m√©dias et les tendances linguistiques contemporaines.

‚ÄĘ Cubain de La Havane. - Comme la capitale et la plus grande ville de Cuba, La Havane a une grande influence linguistique sur l'ensemble du pays. L'accent et le vocabulaire utilis√©s √† La Havane sont consid√©r√©s comme la norme, bien que certaines particularit√©s r√©gionales puissent √™tre pr√©sentes.

‚ÄĘ Cubain oriental et afro-cubain. - Les r√©gions orientales de Cuba (provinces de Santiago de Cuba, Holgu√≠n et Guant√°namo), ont leurs propres caract√©ristiques linguistiques distinctes. L'espagnol parl√© dans l'est du pays peut avoir des influences plus marqu√©es des langues africaines et des cultures afro-cubaines, notamment dans le vocabulaire et le rythme de la parole. On parle alors de d'espagnol afro-cubain.

‚ÄĘ Cubain afro-cubain. - En raison de l'importante population afro-cubaine et de l'influence de la culture africaine √† Cuba, certaines r√©gions du pays parlent un espagnol marqu√© par des √©l√©ments linguistiques africains. (La m√™me observation peut √™tre faite avec la vriante de l'espagnol parl√©e en R√©publique Dominicaine).

‚ÄĘ Cubain des zones touristiques. - Dans les zones fortement fr√©quent√©es par les touristes, telles que Varadero et les r√©gions c√īti√®res, l'espagnol cubain subit l'influence les langues des locuteurs non natifs et r√©pond √† la n√©cessit√© de communiquer dans un contexte touristique.

Le portoricain.
L'espagnol parl√© √† Porto-Rico (√ģle d√©pendant des Etst-Unis)  pr√©sente plusieurs caract√©ristiques qui le diff√©rencient des autres variantes de l'espagnol.

Il se caractérise par une prononciation distinctive des consonnes et des voyelles. Par exemple, les consonnes finales sont souvent omises ou affaiblies, et il existe une tendance à prononcer les "r" avec un son plus doux ou à les omettre dans certains mots. L'intonation dans l'espagnol portoricain est plus mélodieuse et rythmée que dans d'autres variantes de la langue. Il existe souvent une tendance à utiliser un ton haut et expressif dans la communication quotidienne.

Le vocabulaire portoricain comprend de nombreux termes  provenant des langues africaines, des langues autochtones et de l'anglais. Par exemple, "guagua" pour autobus ou "fiao" pour "endett√©". L'argot portoricain se manifeste dans la langue par de nombreuses expressions et formes idiomatiques particuli√®res, appel√©es puertorrique√Īismos ou boricuas. En raison de la pr√©sence des √Čtats-Unis √† Porto Rico et de l'anglais comme langue officielle, l'espagnol portoricain pr√©sente d'importantes influences de l'anglais dans le vocabulaire, la syntaxe et la prononciation.

Le "Voseo" n'est pas courant à Porto Rico. La forme "ustedes" est préférée pour la deuxième personne du pluriel.

L'espagnol portoricain présente des variations régionales et sociologiques, bien que dans l'ensemble, il soit relativement homogène dans tout le territoire :

‚ÄĘ Portoricain de San Juan. - La capitale, San Juan, influence fortement le langage utilis√© dans tout Porto Rico. L'accent et le vocabulaire utilis√©s dans la r√©gion m√©tropolitaine de San Juan sont souvent consid√©r√©s comme la norme.

‚ÄĘ Portoricain des zones rurales. - Dans les zones rurales de Porto Rico, notamment dans les montagnes centrales, la langue est moins influenc√©e par les dynamiques urbaines et les contacts avec d'autres cultures. Par cons√©quent, on peut trouver des expressions et des accents plus traditionnels.

‚ÄĘ Portoricain des zones c√īti√®res. - Les r√©gions c√īti√®res de Porto Rico pr√©sentent des variations linguistiques dues √† l'influence des contacts avec d'autres cultures et langues, ainsi que des expressions et un vocabulaire sp√©cifiques li√©s √† la vie maritime et c√īti√®re.

‚ÄĘ Portoricain des zones montagneuses. - Les r√©gions montagneuses de Porto Rico, comme la Cordill√®re centrale, ont des particularit√©s linguistiques distinctes en raison de l'isolement g√©ographique et de la pr√©sence de communaut√©s rurales traditionnelles.

‚ÄĘ Portoricain des Afro-Portoricains. - La population afro-portoricaine a une influence significative sur la langue, en particulier dans les expressions idiomatiques et le rythme de la parole. Des √©l√©ments linguistiques provenant des cultures africaines peuvent √™tre observ√©s dans certaines variantes de l'espagnol portoricain.

‚ÄĘ Portoricain des jeunes. - Comme dans de nombreux endroits, les jeunes g√©n√©rations de Portoricains ont tendance √† d√©velopper leur propre langage, influenc√© par la culture populaire, la musique et les m√©dias. Cela corcerne notamment l'utilisation de termes et d'expressions provenant de l'anglais ou de l'argot am√©ricain contemporain.

Le colombien.
L'espagnol colombien (plus de 50 millions de locuteurs natifs) se caractérise par une prononciation claire et distincte des voyelles. Contrairement à d'autres dialectes, les consonnes finales sont généralement prononcées, et il existe une tendance à prononcer les "r" plus doucement ou à les omettre dans certains mots. L'intonation dans l'espagnol colombien est variable elon les régions. Certains accents colombiens présentent une intonation plus mélodieuse et montante, tandis que d'autres int une intonation plus plate.

Le vocabulaire colombien comprend de nombreux termes et expressions sp√©cifiques √† la r√©gion, ainsi que des emprunts linguistiques provenant des langues autochtones colombiennes et de l'anglais. Par exemple, "parce" pour "ami". Le colombien,  poss√®de aussi un grand nom d'expressions idiomatiques et de mots d'argot, appel√©s colombianismos.

Comme en Argentine et au Chili et dans d'autres pays, le pronom "vos" est utilis√© √† la place de "t√ļ" pour la deuxi√®me personne du singulier dans certaines r√©gions de la Colombie. Cela entra√ģne des modifications dans la conjugaison des verbes, par exemple, "vos sos" au lieu de "t√ļ eres". 

Parmi les principales variantes de l'espagnol parlées en Colombie, on mentionnera les suivantes-

‚ÄĘ Colombien de Bogot√°. - L'accent de la capitale, Bogot√°, est souvent consid√©r√© comme la norme standard de l'espagnol colombien. Il se caract√©rise par une prononciation claire et distincte des voyelles, ainsi que par l'utilisation de lunfardo colombien.
‚ÄĘ Colombien de la r√©gion andine. - Les r√©gions andines de la Colombie (d√©partements de Boyac√°, Santander et Cundinamarca), ont leurs propres caract√©ristiques linguistiques (prononciation particuli√®re des consonnes et expressions idiomatiques r√©gionales).

‚ÄĘ Colombien  de la r√©gion cara√Įbe. - Les r√©gions c√īti√®res de la Colombie, notamment les d√©partements de la c√īte carib√©enne (La Guajira, Magdalena, et Atl√°ntico), ont des variantes influenc√©es par les langues africaines, ainsi que par la culture carib√©enne.

‚ÄĘ Colombien de la r√©gion pacifique. - Les r√©gions c√īti√®res du Pacifique (d√©partements de Valle del Cauca, Choc√≥ et Nari√Īo) parlent des variantes influenc√©es par les langues autochtones et africaines, ainsi que par les coutumes locales.

‚ÄĘ Colombien de la r√©gion amazonienne. - Les r√©gions amazoniennes de la Colombie (Amazonas, Vaup√©s et Caquet√°) parlent es variantes influenc√©es par les langues autochtones de l'Amazonie.

Le vénézuélien.
L'espagnol vénézuélien (plus de 31 millions de locuteurs natifs) se caractérise par une prononciation claire et distincte des voyelles. Contrairement à d'autres dialectes, les consonnes finales sont souvent prononcées, et il existe une tendance à prononcer les "r" et les "s" avec une légère aspiration ou à les omettre dans certains mots. t

Le vocabulaire v√©n√©zu√©lien comprend de nombreux termes et expressions sp√©cifiques au pays, ainsi que des emprunts linguistiques provenant des langues autochtones v√©n√©zu√©liennes ( au  way√ļu et au pemon, notamment) et de l'anglais. Par exemple, "pote" pour "ami" ou "chamo" pour "gar√ßon". Il existe aussi des emprunts √† l'argot, appel√©s venezolanismos.

Le "Voseo", courant dans les dialectes espagnols en Am√©rique du Sud, est rare en Venezuela, bien que dans certaines r√©gions, le pronom "vos" puisse √™tre utilis√© de mani√®re informelle. Le "t√ļ" reste g√©n√©ralement utilis√© comme forme standard de la deuxi√®me personne du singulier.

Comme dans les dialectes espagnols des autres pays, l'espagnol v√©n√©zu√©lien pr√©sente des variations r√©gionales, qui diff√®rent souvent par l'intonation. Certains accents v√©n√©zu√©liens peuvent avoir une intonation plus m√©lodieuse et montante, tandis que d'autres peuvent avoir une intonation plus plate. Un point remarquable, qui existe de fa√ßon plus att√©nu√©e ailleurs, mais que l'on a d√©j√† pu souligner √† propos de l'espagnol cubain, est la diff√©rence observ√©e entre les parlers des r√©gions rurales et ceux des r√©gions urbaine. Les zones rurales conservent des termes  plus anciens que les variantes des eones urbaines plus modernes.

‚ÄĘ V√©n√©zu√©lien de Caracas. - En tant que capitale et centre √©conomique du pays, Caracas a une variante d'espagnol influente. Le sous-dialecte parl√© √† de Caracas est  consid√©r√© comme le plus neutre et standard en termes de prononciation et de vocabulaire.

‚ÄĘ V√©n√©zu√©lien des r√©gions c√īti√®res. - Le parler des r√©gions c√īti√®res du Venezuela est influenc√© par les contacts avec d'autres cultures carib√©ennes et pr√©sente des variations dans le vocabulaire et l'accentuation.

‚ÄĘ V√©n√©zu√©lien des Andes v√©n√©zu√©liennes. - Les r√©gions des Andes v√©n√©zu√©liennes (√Čtats de M√©rida, T√°chira et Trujillo) parlent une variante influenc√©e par les langues autochtones et les traditions andines, et elle  pr√©sente des particularit√©s phon√©tiques et lexicales distinctes.

‚ÄĘ V√©n√©zu√©lien des r√©gions amazoniennes. - Les r√©gions amazoniennes du Venezuela (√Čtat d'Amazonas) sont  influenc√©es dans leur parler par les langues autochtones et par les coutumes locales, ce qui se refl√®te dans le vocabulaire et la prononciation.

‚ÄĘ V√©n√©zu√©lien des r√©gions frontali√®res. - Les r√©gions frontali√®res du Venezuela, en particulier celles partageant des fronti√®res avec la Colombie et le Br√©sil, pr√©sentent des variations linguistiques dues aux interactions avec les pays voisins (emprunts lexicaux et influences grammaticales).

Le péruvien
Dans l'espagnol p√©ruvien (environ 33 millions de locuteurs natifs), certaines consonnes finales peuvent √™tre omises, et les voyelles peuvent √™tre prononc√©es de mani√®re plus ferm√©e ou ouverte par rapport √† d'autres variantes de l'espagnol. Le vocabulaire p√©ruvien comprend de nombreux termes et expressions sp√©cifiques au pays, ainsi que des emprunts linguistiques provenant des langues autochtones (quechua et aymara) ou provenant de langues √©trang√®res comme l'anglais. Par exemple, "chamba" pour travail ou "choque" pour accident (de l'anglais "shock"). Des expressions et des tournures  proviennent aussi de l'argot p√©ruvien et sont appel√©es  peruanismos.  Comme en Argentine et au Chili, le pronom "vos" est largement utilis√© √† la place de "t√ļ" pour la deuxi√®me personne du singulier dans certaines r√©gions du P√©rou. Il exste par ailleurs de nombreuses variantes de ce dialecte :
‚ÄĘ P√©ruvien lime√Īo. - L'accent de la r√©gion de Lima, la capitale du P√©rou, est souvent consid√©r√© comme le standard ou la viante la plus neutre en termes de prononciation et de vocabulaire. Cependant, il peut inclure des particularit√©s telles qu'une prononciation plus claire des consonnes et des voyelles, ainsi que l'utilisation de termes et d'expressions typiques de la r√©gion.

‚ÄĘ P√©ruvien andin. - Dans les r√©gions des Andes p√©ruviennes, notamment dans les d√©partements de Cusco, Ayacucho et Puno, l'espagnol est influenc√© par  le quechua et l'aymara qui lui conf√®rent des particularit√©s phon√©tiques, lexicales et grammaticales distinctives.

‚ÄĘ P√©ruvien  amazonien  ou Le loreto-ucayalien. - Cette e variante de l'espagnol p√©ruvien est parl√©e dans la r√©gion de Loreto, situ√©e dans le nord-est du P√©rou, le long du fleuve Amazone (Ucayali). Cette r√©gion est caract√©ris√©e par sa diversit√© linguistique et culturelle, avec une forte pr√©sence de populations autochtones. Le loreto-ucayalien pr√©sente ainsi des influences linguistiques des langues autochtones de la r√©gion, telles que le quechua et l'aymara, ainsi que des caract√©ristiques linguistiques propres √† la r√©gion amazonienne. Il peut √©galement inclure des termes et des expressions sp√©cifiques √† la culture locale. Le loreto-ucayalien est largement utilis√© par la population locale dans la communication quotidienne, bien qu'il puisse coexister avec d'autres langues, telles que les langues autochtones et l'espagnol standard, dans diff√©rents contextes sociaux et culturels.

‚ÄĘ P√©ruvien c√ītier. - Sur la c√īte p√©ruvienne, dans des r√©gions telles que Piura, Lambayeque et La Libertad, l'espagnol p√©ruvien a des caract√©ristiques distinctes li√©es au contact historique avec d'autres cultures c√īti√®res et aux influences linguistiques √©trang√®res. Cette variante inclut des particularit√©s lexicales et phon√©tiques propres √† la r√©gion.

‚ÄĘ P√©ruvien urbain. - Dans les grandes villes du P√©rou en dehors de Lima, telles que Arequipa, Trujillo et Chiclayo, l'espagnol p√©ruvien poss√®de ici encore des variantes urbaines sp√©cifiques, influenc√©es par les migrations internes, les contacts culturels et les dynamiques sociales propres √† chaque ville.

L'espagnol rioplatense.
L'espagnol rioplatense est un dialecte parlé principalement en Argentine (45 millions de locuteurs hispanophones) et en Uruguay, dans la région du Río de la Plata. L'une des caractéristiques les plus remarquables de l'espagnol rioplatense est sa prononciation. Les sons des lettres "y" et "ll" sont souvent prononcés comme un "ch" doux, similaire au son "sh" en anglais. Par exemple, "calle" (rue) se prononcera "ca-she". De plus, les finales de mots en "s" peuvent être aspirées ou omises.

L'espagnol rioplatense a un vocabulaire particulier qui peut différer de l'espagnol standard, mais aussi d'un pays à l'autre.Les mots utilisés pour désigner des objets du quotidien peuvent être différents. Par exemple, "colectivo" (bus) en Argentine est appelé "ómnibus" en Uruguay.

Dans la plupart des r√©gions hispanophones, le pronom informel de la deuxi√®me personne du singulier est "t√ļ". Cependant, en Argentine et en Uruguay, le pronom "vos" est souvent utilis√© √† la place. Cela s'accompagne g√©n√©ralement de conjugaisons verbales sp√©cifiques, diff√©rentes de celles utilis√©es avec "t√ļ".

L'espagnol rioplatense a aussi un rythme et une intonation distincts, qui peuvent varier en fonction de la région exacte. On constate ainsi des influences italiennes dans le rythme de la parole dans les grandes villes.

Le lunfardo est un argot urbain typique de Buenos Aires, la capitale de l'Argentine. Il comprend un grand nombre de mots et d'expressions d'origine italienne, ainsi que des éléments de l'espagnol et d'autres langues. De nombreux termes du lunfardo sont couramment utilisés dans le langage quotidien non seulement dans la région de Buenos Aires, mais aussi plus largement en Argentine.
Le chilien.
L'espagnol chilien (environ 18 millions de locuteurs natifs) se distingue par sa prononciation particulière des consonnes et des voyelles. Par exemple, les lettres "s" à la fin des mots et avant les consonnes sont souvent omises ou aspirées, ce qui donne une prononciation plus douce et une sonorité spécifique à l'espagnol chilien. L'intonation dans l'espagnol chilien peut être plus plate que dans d'autres variantes de la langue. De plus, il existe souvent une tendance à descendre la voix à la fin des phrases.

Le vocabulaire chilien comprend de nombreux termes et expressions sp√©cifiques √† la r√©gion, ainsi que des emprunts linguistiques provenant de l'anglais et des langues autochtones chiliennes comme le mapudungun. Par exemple, "pololo" pour petit ami ou "cachai" pour comprendre. Comme en Argentine, le pronom "vos" est largement utilis√© √† la place de "t√ļ" pour la deuxi√®me personne du singulier. Cela entra√ģne des modifications dans la conjugaison des verbes, par exemple, "vos er√≠s" au lieu de "t√ļ eres".

En raison de l'influence culturelle et √©conomique des √Čtats-Unis, ainsi que de la pr√©sence de nombreux anglophones au Chili, l'espagnol chilien pr√©sente √©galement des influences linguistiques de l'anglais, notamment dans le vocabulaire et la prononciation. La langue chilienne par ailleurs comprend un grand nombre d'expressions idiomatiques et de mots d'argot sp√©cifiques et appel√©s chilenismos.

Bien que l'espagnol chilien soit parl√© dans tout le pays, il poss√®de comme les autres dialectes espagnols  des variations r√©gionale qui pr√©sentent des diff√©rences subtiles dans la prononciation, le vocabulaire et les expressions idiomatiques. Exemples :

‚ÄĘ Chilien santiaguino. - C'est la variante de l'espagnol parl√©e dans la r√©gion m√©tropolitaine de Santiago, la capitale du Chili. Elle est influenc√©e par la migration interne et pr√©sente une prononciation neutre et un vocabulaire standardis√©. Cependant, elle inclut √©galement des √©l√©ments distinctifs propres √† la r√©gion, tels que des termes et expressions sp√©cifiques √† Santiago.

‚ÄĘ Chilien du Nord. - Les r√©gions du nord du Chili, telles que les villes d'Arica, Iquique et Antofagasta, ont leur propre variante de l'espagnol. Cette variante peut pr√©senter des influences linguistiques des cultures andines et des langues autochtones, ainsi qu'une prononciation sp√©cifique et des expressions r√©gionales.

 ‚ÄĘ Chilien du Centre. - Les r√©gions centrales du Chili, notamment Valpara√≠so, Vi√Īa del Mar et Concepci√≥n, ont √©galement leurs propres variantes dialectales. Le chilien du centre par une prononciation distincte, des expressions idiomatiques r√©gionales et l'utilisation de lunfardo chilien.

‚ÄĘ Chilien du Sud. - Les r√©gions du sud du Chili, comme la r√©gion des lacs (Regi√≥n de los Lagos) et la Patagonie chilienne, ont leur propre variante riche en termes sp√©cifiques √† la vie rurale, et faisant aussides emprunts linguistiques des langues autochtones.

‚ÄĘ Chilien insulaire. - Les √ģles isol√©es du Chili, telles que l'√ģle de P√Ęques (Rapa Nui) et l'archipel Juan Fern√°ndez, ont √©galement leurs propres variantes de l'espagnol, souvent influenc√©es par les cultures insulaires et les langues autochtones. 

L'espagnol parlé aux Etst-Unis.
L'espagnol est la deuxi√®me langue la plus parl√©e aux Etst-Unis apr√®s l'anglais. Il est utilis√© conjointointement √† l'anglais dans les documents officiels en Californie, au Nouveau-Mexique et au Texas. De nombreuses variantes r√©gionales et socio-linguistiques existent en raison de la diversit√© des communaut√©s hispanophones dans le pays. On peut mentionner : 
‚ÄĘ Espagnol portoricain am√©ricain : La communaut√© portoricaine est √©galement importante aux √Čtats-Unis, en particulier dans les villes comme New York et Chicago. L'espagnol portoricain am√©ricain est influenc√© par le dialecte portoricain, avec des particularit√©s lexicales, grammaticales et phonologiques propres √† cette variante.

‚ÄĘ Espagnol dominicain am√©ricain. - Les Dominicains constituent une grande partie de la population hispanophone de New York. Cette variante qui porte l'influence √† la fois du dialecte dominicain de l'espagnol portoricain.

‚ÄĘ Variantes de l'espagnol sud-am√©ricain. - En raison de l'immigration en provenance de pays sud-am√©ricains comme la Colombie, le Venezuela, l'Argentine et d'autres, on trouve √©galement des variantes de l'espagnol sud-am√©ricain aux √Čtats-Unis.  Chaque groupe apporte ses propres particularit√©s linguistiques √† la langue parl√©e dans ces communaut√©s. 

Deux autres variantes ont une importance particulière : Le cubanoamericano, qui est le dialecte cubain parlé en Floride, et le chicano, qui correspond à l'espagnol mexicain américain, et qui est encore plus largement répandu.
‚ÄĘ Cubain de Floride = cubanoamericano = cubano de Miami, . Ce sous-dialecte de l'espagnol cubain pr√©sente des caract√©ristiques linguistiques distinctives r√©sultant de l'histoire migratoire et culturelle de la communaut√© cubaine aux √Čtats-Unis, en particulier dans la r√©gion de Miami. Le cubain de Floride m√©lange ainsi l'espagnol avec des mots et des expressions anglaises, cr√©ant ainsi un dialecte hybride appel√© spanglish ou espangl√©s. Les locuteurs cubains de Floride peuvent aussi passer facilement d'une langue √† l'autre, m√©langeant l'espagnol et l'anglais dans une m√™me conversation selon le contexte et la situation. Bien que l'accent cubain de Floride conserve certaines caract√©ristiques de l'accent cubain traditionnel, il est √©galement influenc√© par des accents am√©ricains, en particulier dans la r√©gion de Miami. Cela peut se traduire par des modifications dans la prononciation des voyelles et des consonnes.

‚ÄĘ Chicano = espagnol mexicain am√©ricain. - En raison de la proximit√© g√©ographique du Mexique et du flux migratoire important en provenance de ce pays, l'espagnol mexicain est la variante la plus r√©pandue aux √Čtats-Unis, en particulier en Californie, au Texas et dans tout le Sud-Ouest des √Čtats-Unis. Le terme "chicano" (abr√©viation de "Mexicano") est souvent utilis√© pour d√©crire les personnes d'origine mexicaine vivant aux √Čtats-Unis, en particulier celles qui ont une identit√© culturelle mexicano-am√©ricaine distincte.  Une caract√©ristique fondamentale de l'espagnol chicano est le code-switching, c'est-√†-dire l'alternance entre l'espagnol et l'anglais au sein de la m√™me phrase ou conversation. Les locuteurs peuvent m√©langer des mots, des expressions et des structures grammaticales des deux langues, cr√©ant ainsi un discours hybride. Cette variante utilise aussi des calques linguistiques, c'est-√†-dire des traductions litt√©rales d'expressions anglaises en espagnol, et vice versa. Par exemple, l'utilisation de mots comme "troca" pour "truck" (camion) ou "lonche" pour "lunch" (d√©jeuner). L'utilisation de l'espagnol chicano est li√©e √† l'expression de l'identit√© culturelle et ethnique des Chicanos, qui ont d√©velopp√© cette variante linguistique comme un moyen de maintenir leur h√©ritage culturel tout en s'adaptant √† la soci√©t√© am√©ricaine.

Variantes de l'espagnol parlées en Afrique.
Outre l'espagnol canarien, mentionné plus haut, il existe de plusieurs autres variantes de l'espagnol parlée en Afrique . En raison de l'histoire coloniale de l'Espagne dans certaines régions d'Afrique du Nord, des emprunts linguistiques à l'arabe et au berbère sont fréquents dans les variantes de l'espagnol parlées dans ces régions. Dans certaines régions, notamment en Guinée équatoriale des emprunts linguistiques au français et au portugais sont également présents en raison de contacts historiques avec des pays francophones et lusophones voisins.

Comme l'on a dit √† propos de l'espagnol chicano, et plus g√©n√©ralement comme on l'observe dans toutes les r√©gions o√Ļ plusieurs langues sont parl√©es, le code-switching  est courant. Les locuteurs peuvent passer fluidement entre l'espagnol et d'autres langues selon le contexte et les interlocuteurs. Les variantes de l'espagnol en Afrique portent √©galement les marques des mouvements migratoires, des √©changes commerciaux et des relations coloniales pass√©es, ce qui se traduit par une diversit√© linguistique et culturelle dans chaque r√©gion.

Voici quelques-unes des principales variantes de l'espagnol en Afrique :

‚ÄĘ Espagnol marocain. - Dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, ainsi que dans certaines zones adjacentes du nord du Maroc, on parle un dialecte de l'espagnol influenc√© par l'arabe et le berb√®re. Il est √©galement influenc√© par le fran√ßais, pratiqu√© encore au Maroc.

‚ÄĘ Espagnol saharien. - Dans les r√©gions du Sahara occidental et dans les camps de r√©fugi√©s sahraouis en Alg√©rie, il existe une variante de l'espagnol parl√©e par les Sahraouis. Cet espagnol saharien est √©galement influenc√© par l'arabe et le fran√ßais.

‚ÄĘ Espagnol guin√©en. - En Guin√©e √©quatoriale, situ√©e en Afrique centrale, l'espagnol est l'une des langues officielles, bien que le fran√ßais et le portugais soient √©galement utilis√©s dans certaines r√©gions. L'espagnol parl√© en Guin√©e √©quatoriale a ses propres particularit√©s r√©gionales et est souvent influenc√© par les langues locales, telles que le fang et le bubi.

Le chavacano ( = espagnol des Philippines).
Le chavacano (Espa√Īol Filipino) est une langue cr√©ole parl√©e aux Philippines et d√©riv√©e de l'espagnol. Il est le r√©sultat de la colonisation espagnole de l'archipel pendant plus de trois si√®cles. Par cons√©quent, il porte √©galement des traces de l'histoire et de la culture philippines, en plus des influences linguistiques. Bien que le Chavacano soit encore parl√© dans certaines r√©gions des Philippines, son utilisation est g√©n√©ralement limit√©e √† des communaut√©s sp√©cifiques o√Ļ il est consid√©r√© comme une langue vernaculaire. L'espagnol standard est plus largement enseign√© et compris dans le pays, bien qu'il ne soit pas couramment utilis√© dans la vie quotidienne.

Le vocabulaire et la prononciation du Chavacano présentent des influences significatives de langues indigènes des Philippines, notamment du tagalog, du cebuan, de l'ilonggo et du waray-waray. Le Chavacano tend à avoir une grammaire simplifiée par rapport à l'espagnol standard. Les structures de phrase sont moins complexes, et certaines règles grammaticales sont adaptées pour correspondre aux modèles linguistiques locaux. Principales variantes du chavacano :

‚ÄĘ Chavacano de Zamboanga. - Cette variante est la plus r√©pandue et est parl√©e √† Zamboanga City et dans les r√©gions avoisinantes. Elle conserve de nombreuses caract√©ristiques du castillan, avec des emprunts √† d'autres langues telles que le tagalog, le cebuano et le tausug. Le vocabulaire est principalement espagnol, mais avec des variations dans la prononciation et la syntaxe.

‚ÄĘ Chavacano de Zamboanga du Sud. - Parl√©e dans certaines parties de la province de Zamboanga del Sur, cette variante est similaire au chavacano de Zamboanga mais pr√©sentequelques diff√©rences dialectales.

‚ÄĘ Chavacano de Cavite = Cavite√Īo. - Cette variante est parl√©e dans la province de Cavite. Elle pr√©sente des similitudes avec le chavacano de Zamboanga mais avec des influences suppl√©mentaires du tagalog et d'autres langues locales. L

‚ÄĘ Chavacano de Ternate. - Parl√© √† Ternate, une municipalit√© de la province de Cavite, cette variante est tr√®s similaire au chavacano de Cavite mais avec quelques particularit√©s r√©gionales.

‚ÄĘ Chavacano de Davao. - Cette variante est parl√©e √† Davao City et dans certaines parties de la province de Davao del Sur. Elle est fortement influenc√©e par le cebuan et le tagalog, en plus de l'espagnol. Le vocabulaire et la grammaire varient l√©g√®rement par rapport aux autres variantes de chavacano.

Le judéo-espagnol.
Le judéo-espagnol (= ladino), est une langue dérivée de l'espagnol médiéval parlée par les communautés juives séfarades, principalement dans les Balkans, en Turquie, en Grèce et dans certaines parties du Moyen-Orient et de l'Amérique latine. Le judéo-espagnol est issu de l'espagnol médiéval tel qu'il était parlé par les Juifs en Espagne avant leur expulsion en 1492. Au fil du temps, il a subi l'influence d'autres langues locales, notamment le turc, le grec, l'hébreu et l'arabe. Certaines expressions et termes sont spécifiques au judéo-espagnol et reflètent les traditions et la culture des communautés séfarades.

La prononciation du jud√©o-espagnol peut varier selon les r√©gions et les influences linguistiques locales. Cependant, il conserve g√©n√©ralement des caract√©ristiques de l'espagnol ancien, telles que la distinction entre les sons /őł/ et /s/, qui sont souvent confondus dans d'autres vari√©t√©s de l'espagnol. La grammaire du jud√©o-espagnol, elle aussi, est largement similaire √† celle de l'espagnol ancien, avec quelques variations et particularit√©s propres √† la langue. Certaines constructions grammaticales sont influenc√©es par d'autres langues, comme l'h√©breu ou le turc.

Traditionnellement, le judéo-espagnol était écrit en caractères hébreux, bien que l'alphabet latin soit également utilisé dans certaines régions. L'orthographe et la graphie peuvent varier selon les contextes géographiques et culturels.

Bien que le judéo-espagnol ait connu un déclin au cours du XXe siècle en raison de l'assimilation et de l'émigration des communautés séfarades, il reste une langue importante pour la préservation de l'identité culturelle et historique de ces communautés. On peut de ce point de vue le rapprocher d'une autre langue de la diaspora juive, celle-ci affiliée à l'allemand, le yiddish. Des efforts sont déployés pour documenter, étudier et revitaliser le judéo-espagnol dans le cadre de la préservation du patrimoine linguistique et culturel séfarade.

Principales  variantes du jud√©o-espagnol :

‚ÄĘ Jud√©o-espagnol d'Europe du Nord. -  Cette variante a √©t√© traditionnellement parl√©e par les Juifs s√©farades qui se sont install√©s dans des pays d'Europe du Nord (par exemple, le philosophe Spinoza), comme les Pays-Bas, l'Allemagne et la France.  Elle conserve de nombreuses caract√©ristiques du vieux castillan mais avec des emprunts √† d'autres langues europ√©ennes, en particulier l'allemand et le fran√ßais. Le vocabulaire peut varier en fonction des contacts linguistiques avec les langues locales.

‚ÄĘ Jud√©o-espagnol des Balkans. - Parl√© par les Juifs s√©farades qui ont migr√© vers les pays des Balkans comme la Gr√®ce, la Turquie, la Bulgarie et la Mac√©doine.  Cette variante a √©t√© influenc√©e par les langues locales telles que le turc, le grec, le bulgare et le mac√©donien. Elle conserve √©galement des √©l√©ments du vieux castillan et des influences h√©bra√Įques.

‚ÄĘ Jud√©o-espagnol d'Afrique du Nord. - Cette variante a √©t√© parl√©e par les Juifs s√©farades qui ont v√©cu en Afrique du Nord, principalement au Maroc, en Alg√©rie et en Tunisie.  Elle pr√©sente des similitudes avec le jud√©o-espagnol d'Europe du Nord mais avec des influences arabes et berb√®res suppl√©mentaires. 

‚ÄĘ Jud√©o-espagnol d'Isra√ęl. - Bien que l'h√©breu soit la langue principale en Isra√ęl, il existe encore des locuteurs de jud√©o-espagnol, en particulier parmi les immigrants s√©farades. Cette variante est influenc√©e par l'h√©breu moderne et conserve √©galement des √©l√©ments du vieux castillan.Le vocabulaire peut inclure des emprunts √† d'autres langues parl√©es en Isra√ęl, telles que l'arabe et le yiddish.

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