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Couvent
des Filles-Dieu, à Paris
(IIe'arrondissement).
- Cet ancien couvent, situé rue
Saint-Denis, avait été fondé en 1226 par Guillaume
III, évêque de Paris, « pour retirer des pécheresses
qui, pendant toute leur vie, avaient abusé de leur corps et à
la fin estoient en mendicité ». Il était d'abord situé
dans la couture de l'Échiquier, qui occupe l'emplacement du boulevard
Bonne-Nouvelle et des rues voisines, et une impasse de ce boulevard en
a conservé le nom. Saint Louis prit sous
sa protection les Filles-Dieu, leur bâtit un hostel, et « y
fit mettre, dit Joinville, grant multitude
de femmes qui par poverté estoient mises en peschié de luxure,
et leur donna 400 livres de rentes pour elles soustenir ».
En 1360, lorsque les ravages des Anglais
forcèrent Paris à se donner une nouvelle enceinte, la couture
des Filles-Dieu se trouva coupée en deux parties par le fossé
et le mur, et les religieuses furent forcées d'abandonner leur maison,
tout en conservant leur couture. On leur céda alors l'hospice ou
maison-Dieu de Sainte-Madeleine, fondé en 1216 dans la rue
Saint-Denis, pour héberger les femmes pauvres qui passaient
à Paris, sous la condition qu'elles continueraient à exercer
cette œuvre de charité. L'enclos de cet hôpital était
très-vaste; il occupait l'emplacement actuel de la rue
du Caire et du passage du même nom et touchait le mur d'enceinte
de Paris.
Les Filles-Dieu,
malgré leurs rentes et leur couture, étaient forcées
de mendier pour les besoins de leur maison :
Les
Filles-Dieu savent bien dire :
Du
pain pour Jhesu nostre sire,
dit l'auteur des Cris
de Paris. Elles étaient d'ailleurs astreintes à une touchante
obligation: au chevet extérieur de leur église se trouvait
une croix, devant laquelle s'arrêtait et se reposait le condamné
qu'on menait à Montfaucon; alors les religieuses venaient en procession,
et en chantant les psaumes de la Pénitence, entourer le malheureux,
et elles lui donnaient trois morceaux de pain et une coupe de vin avec
des paroles de charité.
Ce couvent retomba
dans le relâchement et cessa peu à peu d'exercer l'hospitalité;
en 1495, il fut réformé et compris dans l'ordre de Fontevrault .
Alors on rebâtit la maison ainsi que l'église,
qui fut décorée de sculptures
de François Anguier. Toutes deux ont été
démolies en 1798, et l'on construisit sur leur emplacement une rue
et un passage. C'était l'année de l'expédition
d'Égypte : cette rue et ce passage prirent de là le nom
du Caire, et l'on décora l'entrée du dernier de monstrueux
attributs égyptiens. (Th. Lavallée). |
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