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Tell-el-Amarna, la Psinaula de l'Itinéraire Romain (?). Ville d'Égypte, située dans le district du même nom, sur la rive droite du Nil, à environ soixante lieues du Caire en remontant le fleuve. Sur son emplacement Lepsius découvrit une ville antique, intéressante à plus d'un égard. Elle fut fondée par Aménophis IV de la XVIIIe dynastie et consacrée au dieu Aton, introduit par ce même pharaon dans le panthéon égyptien ou, pour mieux dire, substitué dans un culte exclusif au panthéon des anciens dieux nationaux (Religion égyptienne). Cette ville, où un caprice royal fit fleurir avec la nouvelle religion les arts et le luxe, se vit en partie abandonnée dès le règne suivant et complètement sous Horemheb par suite de la réaction violente qui suivit l'avènement de ce prince. C'est à cette révolution qu'il faut attribuer la conservation des restes les plus importants que nous ayons encore de l'architecture civile de l'ancienne Égypte.

Les édifices bâtis en pierre par la magnificence d'Aménophis et des grands fonctionnaires n'ont pas eu naturellement la longévité assurée aux maisons de briques, et, comme les pyramides et nombre de monuments importants, ont été réduits à l'état de carrière par les sultans constructeurs de l'époque musulmane. Mais les maisons de briques, que leur matière modeste n'a exposées qu'aux ravages moins cruels du temps, présentent encore l'aspect intéressant de quartiers assez considérables, tracés sur un plan régulier et révélant l'aménagement des habitations. Il y a, en outre, creusées dans le flanc de la chaîne Arabique, douze grottes, comprenant de grandes chambres hypostiles, qui sont desservies par des couloirs et flanquées de diverses cellules. Ces grottes sont ornées de bas-reliefs stuqués et peints, où s'étalent des scènes d'adoration du dieu Aton par le roi Aménophis (Khu-n-Aton ou Akhénaton), la reine et différents membres de la maison royale; des scènes militaires où le roi est représenté recevant les tributs nombreux des peuples vaincus, etc. 

C'est dans ces sortes de représentations que se trouvent divers plans de villas minutieusement détaillés et formant, en quelque sorte, un complément précieux aux substructions et autres restes importants de l'ancienne ville. On peut donc dire que Tell-el-Amarna a contribué, à elle seule, plus que le reste de l'Égypte, à nous faire connaître l'architecture civile, et notamment les vastes constructions de plaisance du Nouvel Empire. Les bas-reliefs y présentent un caractère nettement tranché parmi les monuments de la plastique égyptienne : d'une part, les figures sont animées d'une grâce qui fait parfois confondre les sexes; d'autre part, le symbolisme si riche de la mythologie figurée s'y trouve réduit aux représentations monotones d'un disque solaire dardant des rayons terminés par une main; un symbolisme dont il est intéressant de noter qu'il se retrouve presque à l'identique dans l'art naturaliste du Levant espagnol (Néolithique).  (G. Bénédite).

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Dictionnaire Villes et monuments
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