.
-

Raynouard

François Juste Marie Raynouard est un poète et littérateur né à Brignoles (Var) le 8 septembre 1761, mort à Passy (Seine) le 17 octobre1836. Avocat dans sa ville natale, il y acquit dès sa jeunesse des sympathies qui lui valurent d'être élu en 1791 député suppléant à l'Assemblée législative. Incarcéré pendant la Terreur pour cause de modérantisme, il composa en prison sa première tragédie (Caton d'Utique, 1794). Après le 9 thermidor, il reprit sa place au barreau. Mais le goût des lettres la lui fit déserter à l'époque du Consulat. Son poème de Socrate au temple d'Aglaure fut couronné par l'Institut en 1802. Mais ce fut l'éclatant succès de la tragédie des Templiers, représentée au Théâtre-Français par ordre de l'empereur en 1805, qui attira surtout sur lui l'attention du grand public. Deux ans plus tard, Raynouard succédait au poète Lebrun comme membre de l'Institut (classe de littérature française). Les États de Blois, représentés en 1810 devant Napoléon, déplurent pour quelques hardiesses à ce souverain qui interdit la pièce (elle ne fut donnée qu'en 1814 au public, qui, du reste, ne l'apprécia guère). 

Le poète, présenté par le département du Var, était entré en 1806 au Corps législatif. Il y siégea de nouveau à partir de 1811 et fit, à la fin de 1813, partie de la commission dont le rapport sévère sur l'état de l'Empire amena la suspension de cette assemblée. Il y reparut en 1814, défendit la liberté de la presse contre les ministres de Louis XVIII et fit aussi partie en 1815, mais seulement de nom, de la Chambre des représentants. Après la réorganisation de l'Institut (1816), il demeura membre de l'Académie française, aux travaux de laquelle il participa très activement à partir de 1817 comme secrétaire perpétuel. Il fut aussi, à partir de 1816, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Outre les tragédies citées plus haut, il en avait écrit d'autres qui ne furent pas jouées (Scipion, Eléonore de Bavière, don Carlos, Charles Ier, Jeanne d'Arc à Orléans, etc.). Mais dans ses dernières années, il s'adonna particulièrement et avec grand succès à l'étude des langues romanes, dont il s'attacha à mettre en lumière la gloire passée et les monuments oubliés. Dans cet ordre de travaux, il a laissé d'importants ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Éléments de la grammaire romane (Paris, 1816, in-8); Choix de poésies originales des troubadours (Paris, 181621, 6 vol. in-8); Des Troubadours et des Cours d'amour (Paris, 1817, in-8); Grammaire comparée des langues de l'Europe latine dans leurs rapports avec la langue des troubadours (Paris, 1821, in-8); Observations philologiques sur le roman de la Rose (Rouen, 1829, in-8; Lexique roman, ou dictionnaire de la langue des troubadours (Paris, 1838-1844, 6 vol, in-8). (A. Debidour).

.


Dictionnaire biographique
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.