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Bawr

Alexandrine-Sophie Goury de Champgrand, comtesse de Saint-Simon, puis baronne de Bawr est une auteure née à Stuttgart (Allemagne) en 1776 (ou à à Paris le 8 octobre 1773?), d'une famille française, morte à Paris  le 31 décembre 1860.

Fille naturelle d'un familier du duc d'Orléans et d'une actrice de l'Opéra, elle fut reconnue par son père et reçut une brillante éducation; ses dispositions musicales notamment furent encouragées par Grétry. Pendant la Terreur, elle épousa secrètement un jeune homme qui périt peu après sur l'échafaud, et le fils né de cette union mourut en bas âge. Lorsque son père sortit de prison après le 9 thermidor, il vint habiter avec elle une petite maison à Saint-Maur et elle y composa quelques-unes des romances qu'Ellevion et Garat mirent à la mode. Bientôt, sous le pseudonyme de François, elle fit représenter à l'Ambigu-Comique divers mélodrames dont plusieurs obtinrent une vogue prolongée, tels que les Chevaliers du Lion et Léon de Montaldi

En 1801, Mlle de Champgrand (car elle n'avait jamais pris le nom de son premier mari que la famille de celui-ci lui avait contesté le droit de porter) épousa le comte de Saint-Simon, le célèbre réformateur, qui, au bout de quelques années, demanda le divorce, non qu'il eût aucun grief sérieux contre sa femme, mais parce qu'il ne lui reconnaissait pas des facultés égales à celles du " premier homme du monde". C'est alors qu'un officier russe (ou allemand?), le baron de Bawr, s'éprit d'elle et, quoique plus jeune de dix ans, la demanda en mariage. Cette troisième union fut attristée par des pertes de fortune et brusquement brisée en février 1810 par la mort tragique de M. de Bawr, victime d'un accident de voiture. Sa veuve dut de nouveau demander aux lettres un allégement à sa très modeste situation pécuniaire. 

Les Suites d'un bal masqué (1813) et la Méprise (1815) furent fort bien accueillies du public et la première de ces comédies, où Mlle Mars avait trouvé l'un de ses rôles favoris, est long. temps restée au répertoire du Théâtre-Français. Mme de Bawr a encore écrit d'autres comédies : le Double Stratagème (1813); Charlotte Brown (1835) et de nombreux romans : Auguste et Frédéric (1817, 2 vol. in-12); le Novice (1829, 4 vol. in-42); Raoul ou l'Enéide (1832, in-8); Histoires fausses et vraies (1834, in-8, réimpr. sous le simple titre de Nouvelles (l'une d'elles a fourni à Mélesville et à Duveyrier le titre et la donnée de Michel Perrin); les Flavy (1838, 2 vol. in-8); la Fille d'honneur (1841, 2 vol. in-8); Sabine (1844, 2 vol. in-8); un Mariage de finance (1847, 2 vol. in-8); la Famille Récour (1849, 2 vol. in-8); une Existence parisienne (1859, 3 vol. in-8). Elle s'est également adonnée à la littérature d'éducation : Robertine et surtout les Soirées des jeunes personnes ont tenu une place parmi les classiques du genre. Enfin Mme de Bawr a laissé sous le titre de Mes Souvenirs (1853, in-8 et in-12), un recueil d'anecdotes agréablement contées, où elle parle beaucoup moins d'elle-même que de ses contemporains. Raoul, Robertine et les Soirées des jeunes personnes ont été réimprimées dans la collection Michel Lévy.  (M. Tx.).

En bibliothèque : Elise Gagne (Elise Moreau), Madame de Bawr, étude biographique; 1861, in-12. - J. Janin, dans le Journal des Débats du 15 janvier 1861.
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Dictionnaire biographique
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