|
|
| . |
|
||||||
| L'église
cathédrale d'Amiens ne fut dans le principe
qu'une simple chapelle, élevée au IVe
siècle sous l'invocation de Notre-Dame-des-Martyrs, par Saint Firmin le
Confesseur, 3e évêque de la ville, sur
l'emplacement du supplice de Saint Firmin, premier apôtre de ces contrées,
martyrisé en 303.
Réédifiée et agrandie au VIIe siècle par Saint Acheul, elle fut brûlée vers 850 par les Vikings, puis encore en 1019 et en 1107, et enfin complètement détruite par un incendie en 1218. Évrard de Fouilloy, qui occupait alors le siège épiscopal d'Amiens, entreprit la réédification du monument tel qu'il existe aujourd'hui La cathédrale Notre-Dame d'Amiens, célèbre dans le monde entier, est un des plus vastes et des plus splendides monuments de l'architecture gothique. On peut même dire qu'elle en est le chef-d'oeuvre, pour l'unité du style, la régularité du plan, l'accord des proportions et la beauté de l'exécution. L'édifice est la plus vaste des églises
françaises. Les voûtes s'élèvent à près
de 43 m de hauteur sous ciel. En 1218, l'ancienne cathédrale d'Amiens
avait été totalement détruite par un incendie. Deux ans après, en 1220,
l'évêque Evrard de Fouilloy en entreprend la reconstruction et confie
la direction des travaux à Robert de Luzarches qui en donna les plans.
Il faut croire que le choeur avait été moins endommagé par l'incendie,
car, contrairement aux habitudes du Moyen âge L'édifice s'ouvre sur le parvis par trois
vastes porches ou portiques, occupant toute
la partie inférieure de la façade, disposés en avant-corps,
et surmontés de frontons aigus que séparent d'élégants contreforts.
Le soubassement continu de ces portiques
est orné de 118 bas-reliefs allégoriques
rangés dans des médaillons sur deux lignes parallèles, et soutient un
rang de 52 statues plus grandes que nature.
Au porche du milieu, le pilier qui sépare la porte en deux valves est
surmonté d'une statue du Christ
La cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. Au-dessus des trois porches
règnent deux galeries superposées, à jour; l'inférieure correspond
exactement au triforium de l'intérieur;
la plus élevée abrite 22 statues colossales, qu'on présume être celles
des rois de France depuis Childéric
II jusqu'Ã Philippe-Auguste, mais
qui, selon quelques archéologues, représenteraient les rois ancêtres
de la Vierge
Portail central de la cathédrale d'Amiens (Le Jugement dernier). Les portails latéraux se distinguent également par la noblesse et la sévérité de leurs proportions, la beauté des rosaces et des statues, et la richesse de l'ornementation. Tout le pourtour de la cathédrale
offre une belle perspective d'arcs-boutants
et de contreforts surmontés de pinacles et de clochetons;
les piliers-butants de la chapelle de la Vierge sont couronnés de statues
assises. L'architecture des chapelles absidales
a la plus grande ressemblance avec celle de la Sainte-Chapelle
La flèche centrale de l'édifice, reposant
sur une tour carrée en pierre, était en charpente
revêtue de plomb. Brûlée en 1527, elle fut relevée de 1529 à 1533
par deux charpentiers picards, Louis Cordon et Simon Taneau. Elle s'élève
à une hauteur de 60 m depuis sa base, et de 130 m depuis le sol de l'église.
Son style est celui du commencement de la Renaissance;
elle est surtout remarquable par son élancement et la grâce de son ornementation
: on y voit extérieurement les huit statues colossales de Jésus-Christ,
de la Sainte Vierge, de Saint Jean-Baptiste, Saint Pierre, Saint Paul Le plan de la cathédrale
d'Amiens a la forme d'une croix latine. Sa plus grande longueur est de
138,35 m, et sa plus grande largeur de 32,65 m, dont 14,60 m pour la nef
principale seule. Le transept a 60,65 m
de longueur et 14,25 m de largeur. La hauteur des voûtes
de la nef est de 44 m; celle du choeur, de
43 m. Le monument entier occupe une surface de 8000 m² environ.
L'autel et les stalles. L'intérieur du vaisseau ne le cède en
beauté à aucun autre. Nulle part on ne trouve des voûtes plus légères,
des arcades plus hardies. Les colonnes, couronnées
de chapiteaux du travail le plus pur et
le plus délicat, sont à baguettes et à filets carrés alternativement,
et se marient heureusement avec les nervures
des voûtes. Celles qui entourent le choeur
rendent un son quand on les frappe, ce qui les a fait appeler piliers sonnants.
Un jubé, construit en même temps que le choeur, a depuis longtemps disparu.
Les détails les plus intéressants à observer sont : les stalles,
au nombre de 120, surmontées de dais, sculptées en chêne, de 1508 Ã
1522, par Arnoul Boulin, Alexandre Duet, Antoine Avernier et Jean Trupin,
et représentant les traits historiques ou allégoriques de l'Ancien
et du Nouveau Testament relatifs à la Vierge, travail admirable
qui coûta 9500 livres.
Sculptures polychromes représentant l'histoire de saint-Firmin (1495). La clôture extérieure du choeur, en pierre,
ornée de sujets en ronde bosse ayant trait, d'un côté à la vie de Saint
Firmin, de l'autre au supplice de Saint Jean-Baptiste, et dont les peintures
polychromes ont été restaurées; les grilles en fer, par lesquelles on
entre dans le choeur; les anciens fonts baptismaux,
du XIe siècle; plusieurs châsses, entre
autres celle qui contient les restes de Saint Firmin, et qui est du XIe
siècle, et celle de Saint Jean-Baptiste; derrière le choeur, le tombeau
du chanoine Lucas, avec un Génie ou Enfant pleureur, par
Blasset; les tombeaux en bronze des évêques Évrard de Fouilloy et Geoffroy
d'Eu, placés à droite et à gauche en entrant dans la grande nef; la
chapelle de Sainte-Theudosie, entièrement peinte à fresque par les ordres
et aux frais de l'impératrice Eugénie; l'orgue,
un des plus beaux de France (
|
| . |
|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||
|