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Les langues > déné-caucasien
La langue birmane
Le birman est une langue de la famille des langues sino-tibétaine (l'ensemble déné-caucasien). Les voyageurs l'ont aussi appelée barmane, burmane et bomane. Les rapports des Birmans avec les Hindous ont introduit, chez les premiers, le pali comme langue sacrée; le birman abonde en mots dérivés de cette langue, et ressemble pour la construction aux divers idiomes hindous. Par sa grammaire, il participe à la nature des idiomes polysyllabiques. Il n'a ni parties du discours comme nous l'entendons, ni flexions; mais, à l'aide d'affixes ajoutés aux racines, on y forme des mots qui répondent, pour l'usage, aux substantifs, aux adjectifs, aux verbes, aux adverbes, etc. Les substantifs n'ont pas de genre, à moins qu'ils ne désignent des êtres animés; dans ce cas, un affixe indique le féminin. L'affixe par lequel on marque, le pluriel se place entre la racine monosyllabique et les affixes qui tiennent lieu des désinences de la déclinaison et de la conjugaison. Les cas sont au nombre de sept; le nominatif, l'accusatif, l'instrumental, le datif, l'ablatif, le possessif, et le locatif.

Pour former chacun d'eux, il faut choisir entre plusieurs affixes, qui ne s'emploient pas indifféremment Ies uns pour les autres. Le vocatif n'est qu'une forme du nominatif; il n'en a pas moins trois désinences, selon qu'on parle avec respect, amitié ou mépris. Un affixe particulier jette le rôle d'article défini. Le birman n'a pas d'expressions pour la numération ordinale; il les emprunte au pali. L'adjectif tantôt précède et tantôt suit le substantif; il lui est rarement joint sans l'addition d'une particule qui semble avoir la valeur de notre pronom relatif. Les pronoms personnels ont une grande variété de formes pour exprimer les mêmes idées qui s'attachent ait vocatif. Le verbe n'existe pas pour ainsi dire, ce qui donne à la phrase une allure vague : il est remplacé par une sorte de participe susceptible de déclinaison, et dont la racine se combine avec d'autres racines qui lui font exprimer toutes les modifications de temps et de modes; c'est ainsi qu'on arrive à former 5 modes de présent, 5 de passé et 2 de futur. C'est l'usage de placer le régime avant le mot exprimant l'action, et le mot direct après le mot principal.

La langue birmane possède 3 dialectes principaux : 

1° le birman propre ou avanais, qui est celui des habitants de l'ancien royaume d'Ava; 

2° l'aralcan., qui a fait le plus d'emprunts au pali;

3° le tanassérim ou tanengsari, où se trouvent beaucoup de mots tombés en désuétude dans les autres dialectes. 

Ces dialectes se distinguent surtout . par des différences de prononciation, qui changent tout à la fois la forme matérielle et la signification des mots. 
 Dans la prononciation birmane, il y a beaucoup d'aspirations, de sons gutturaux et de consonnances nasales. La confusion du b et du p, du d et du t, de l's et du z,, rendent la prononciation peu distincte pour les Européens. On retrouve dans le birman deux des accents ou tons qui, jouent un rôle très important. Le style birman est embarrassé d'explétives, de formes de politesse, et d'épithètes diverses.

L'écriture birmane est de caractère rond; elle est formée de cercles et de portions de cercle diversement dis-posés et combinés. On attache un grand prix à la calligraphie. Le nombre des lettres simples est de 45, dont 12 voyelles; leurs combinaisons compliquées font un syllabaire énorme. (B.).

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