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Cylindres

Le nom de cylindre, de cylindre-sceau ou de cylindre-cachet est donné à une classe très intéressante de petits objets généralement en pierre dure. Le nom provient de leur forme cylindrique, et généralement ces cylindres sont percés dans l'axe par un trou destiné à recevoir une tige, moyennant laquelle on déroulait les cylindres sur l'argile molle. L'empreinte des figures et lettres, gravées dans cette pierre dure, constituait les cachets des Babyloniens et des Assyriens. Hérodote nous dit que chaque Babylonien avait un cachet, et une quantité énorme de ces cylindres a été trouvée. 

Ces objets sont quelquefois très petits, il y en a de 15 mm de longueur, les plus longs n'atteignent pas 10 cm. Nous possédons des cylindres très anciens remontant à 4000 ans av. J.-C. et descendant jusqu'au dernier temps de l'existence de l'écriture cunéiforme. De ces temps antiques, nous n'avons pas seulement des cylindres, mais même déjà au XXIVe siècle, des empreintes accompagnant les contrats et les jugements. 

Ces empreintes sont aussi très nombreuses dans les documents en brique des rois perses et des Séleucides. Les sujets gravés sur ces cylindres sont généralement de nature symbolique. Dans les temps anciens on rencontre des sujets mythologiques, tels que les héros nationaux étranglant des lions, terrassant des taureaux, des adorations, des sacrifices offerts à la divinité, et enfin une grande quantité de scènes mystiques. 

Dans le vide que laissent ces scènes, se trouvent des groupes de symboles isolés, tels que le soleil, la lune, les étoiles, les animaux de différentes espèces, les parties sexuelles, des ustensiles divers et autres. Le style de la gravure diffère beaucoup selon l'âge et la provenance. Ce qui rend les cylindres surtout intéressants pour nous, ce sont les inscriptions qui s'y trouvent; l'immense majorité des cylindres porte des inscriptions cunéiformes. On laissait libre un côté du cylindre, et on le vendait ainsi aux particuliers qui y gravaient leur nom, le nom de leur père et celui du dieu protecteur; c'est là la forme la plus usitée :

Ilituram,
Fils du
Serviteur du Dieu Siw.
Tous ces cylindres sont gravés à rebours, pour que l'empreinte reparaisse à l'endroit. 

D'autres de ces cylindres contiennent des formules magiques, plus ou moins longues et sans nom de personnage. Parmi ceux-là, il y en a beaucoup dont l'inscription remplit tout le cylindre. Quelques-uns des cylindres talismaniques sont gravés à l'endroit; mais néanmoins ils ont été destinés à être imprimés sur brique, et la reproduction à rebours avait probablement une signification superstitieuse.

Les Arméniens, les Mèdes et les Perses avaient imité l'exemple des Assyriens; nous possédons par exemple un superbe cylindre de Darius ler avec une inscription trilingue. Quelques autres cylindres ont reçu des inscriptions phéniciennes, araméennes et hymiarites. Nous en avons même beaucoup avec des inscriptions gnostiques; ces derniers objets n'étaient pas des cachets, et souvent la forme des cylindres était changée en celle de prisme. On en trouve quelques-uns qui avaient une anse pour être portés au cou. La matière des cylindres est assez variée, et probablement le choix de la pierre était subordonné aux vertus magiques qu'on attachait aux divers minéraux. On en trouve en hématite, sardoine, onyx, agate, cornaline, jaspe, chalcédoine, lapis-lazuli, cristal de roche et d'autres. (J. Oppert).

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