 |
Dupaty (J.
B. Mercier), né à La Rochelle
en 1744, mort à Paris
en 1788, fut avocat général, puis président à
mortier au parlement de Bordeaux ;
se fit un nom comme homme de lettres et par son intégrité
comme magistrat. Ses principaux ouvrages sont : Mémoire pour
trois hommes condamnés à la roue (il réussit à
leur sauver la vie); Réflexions historiques sur les lois criminelles;
Lettres
sur l'Italie ,
1788; ce dernier écrit, quoique superficiel et ampoulé, eut
du succès en France ,
grâce à un certain sentiment de l'art et à la philosophie
du temps, mais il fut mis à l'Index
à Rome. |
|
 |
Dupaty (Charles), fils
aîné du précédent, sculpteur distingué,
né à Bordeaux
en 1771, mort en 1825, était destiné à la magistrature,
mais préféra les arts. Il étudia la sculpture sous
Lemot, alla se perfectionner en Italie et fut nommé à son
retour membre de l'Institut (1816). puis professeur à I'Ecole des
beaux-arts. On distingue parmi ses compositions Le général
Leclerc, Vénus genitrix, Cadmus, Biblis mourante, Ajax poursuivi
par la colère de Neptune, son chef-d'oeuvre. Il a fait le modèle
de la statue équestre de Louis XIII exécutée par Cortot
(à la place Royale = Place des Vosges, à Paris). |
 |
Dupaty (Emmanuel).
- Auteur dramatique, né à Bordeaux
en 1775, mort à Paris
en 1851, était le deuxième fils du président Dupaty.
Appelé sous les drapeaux en 1792, il fit avec honneur plusieurs
campagnes; mais il quitta le service en 1797 pour venir à Paris
se livrer à ses goûts littéraires. Il donna en 1802
les
Valets dans l'antichambre, opéra-bouffe qui faillit le faire
déporter, parce que la police y vit des allusions blessantes; fit
représenter ensuite sur différents théâtres
une série de pièces charmantes, mêlées de couplets,
parmi lesquelles on remarque Picaros et Diégo (qui n'est
guère que la reproduction des Valets), le Chapitre second,
la Jeune mère, la Jeune prude, la Lecon de botanique, Ninon chez
Mme
de Sévigné, l'Intrigue aux fenêtres, le Poète
et le Musicien, les Voitures versées; il s'éleva jusqu'à
la haute comédie dans la Prison militaire (1803), en cinq
actes et en prose.
Après la Restauration, Emmanuel
Dupaty se joignit aux écrivains libéraux pour combattre la
réaction royaliste dans la Minerve, le Miroir, et
autres petits journaux, et composa en 1816 les Délateurs,
poème satirique qui stigmatisait justement d'odieux excès.
Admis en 1835 à l'Académie, il consacra le reste de ses forces
à la composition d'un grand poème, Isabelle de Palestine,
qu'il a laissé, manuscrit. Il avait été nommé
en 1842 administrateur de la bibliothèque de l'Arsenal, Membre des
Sociétés du Caveau, des Dîners du Vaudeville, des Enfants
d'Apollon, Dupaty a fourni aux recueils de ces sociétés nombre
de jolies pièces de vers et de joyeuses chansons. |