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Les
gens
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| Compagni
(Dino), célèbre écrivain né à Florence
au milieu du XIIIe siècle, mort
le 26 février 1324. Des documents authentiques la montrent inscrit
en 1280 sur les registres de l'art de la soie de Florence; en 1284, il
faisait partie du conseil du podestà; en 1289 et 1304, il fut un
des prieurs et en 1293, il remplit les fonctions importantes de gonfalonnier
de justice. On a conservé de lui cinq sonnets Longtemps inconnue des historiens, mentionnée
pour la première fois par Ubaldini en 1640, publiée seulement
en 1726 par Muratori, dans le t. IX des Rerum
italicarum
Le meilleur résultat de ces polémiques, où les injures personnelles n'ont pas manqué, c'est l'édition monumentale entreprise et menée à bien par Del Lungo : Dino Compagni e la sua Cronica (Florence, 1879-1880, 2 vol. en trois tomes), édition qui a fait tomber bien des préventions contre l'authenticité. La chronique raconte l'histoire de Florence depuis 1280 jusqu'à 1312, mais le nœud du récit, c'est la lutte des factions des Noirs et des Blancs en 1300 et 1301, luttes où, comme on sait, se trouve mêlé le nom de Dante et qui empruntent à cela même un intérêt extraordinaire. Compagni appartient comme Dante à la faction des Blancs, mais il est moins ardent à la lutte, plus souple, et il réussit à rester à Florence, en vivant dans la retraite, tandis que l'immortel poète meurt dans l'exil. On peut expliquer par la prudence inquiète de Compagni et des siens le fait, surprenant au premier abord, que sa chronique soit restée si longtemps inconnue. Non seulement l'auteur, qui parle presque toujours à la première personne et se met constamment en scène, a exagéré la part prise par lui à des événements mémorables, à propos desquels les autres historiens ne prononcent même pas son nom, mais son récit fourmille d'erreurs de détail : il n'y a pas de quoi, assurément, nous faire admettre le caractère apocryphe de la chronique en présence des raisons entassées par Del Lungo en faveur de l'authenticité, et l'on songe, pour se rassurer, aux nombreuses inexactitudes de Froissart. Mais il est difficile de ne pas croire, avec Hegel, à des interpolations et à des remaniements auxquels Dino Compagni est complètement étranger. En tout cas, ces remaniements ne sauraient être du XVIe siècle, comme on l'a dit : on a trouvé par la suite dans la bibliothèque de lord Ashburnham un manuscrit du XVe siècle qui contient le texte publié jusqu'ici d'après des manuscrits du XVIe. (A. Thomas). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.