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On connaît
sous le nom de Cimmériens un peuple de l'Antiquité mentionné
par Homère (Odyssée, XI, XIV et suiv.); on les considérait
comme habitant les confins de la terre, le rivage de l'Océan à
l'Ouest, où Hélios ne luit pas, et demeurant. dans une nuit
éternelle. Des idées vagues et inexactes avaient donné
naissance à cette opinion qui se fondait néanmoins sur un
fait géographique; d'autres mythes similiares se retrouvent dans
la Genèse (X, 2, 3) : Gomer, qui semble identique à
ce nom des Cimmériens, est cité comme le premier fils de
Japhet, et comme frére de Magog, Modaï, Javan, Thubd, Mesech
et Thiras. La Bible cite également les fils de Gomer, Askenas, Riphath
et Thogarma. Le nom de Riphath se retrouve dans les montagnes rhiphéennes
des Grecs, l'Oural d'aujourd'hui, qui semble avoir été le
pays des Cimmériens.
Les Cimmériens
paraissent dans les textes assyriens vers le VIIe
siècle comme adversaires des Assyriens, et notamment dans les textes
d'Assurbanipal, comme vainqueurs de Gygès, roi de Lydie; on les
trouve sous le nom de Gimerri dans les textes cunéiformes. Hérodote
nous raconte que sous le règne du fils de Gygès, Ardys, les
Cimmériens, poussés par les Scythes, envahirent l'Asie et
prirent Sardès, sauf l'acropole. Le roi Alyattès (605-556)
débarrassa définitivement l'Asie de ces hordes sous le nom
desquels les Assyriens comprenaient toutes les peuplades de l'Asie centrale.
L'appellation générale de ces populations était chez
les Grecs, Scythes, chez les Perses, Saces et chez les Assyriens, Gimirri.
Dans l'inscription perse de Behistoun, Darius dans la traduction assyrienne
emploie le nom de Gimerri avec cette acception large. Les Cimmériens,
avant d'être chassés de l'Asie, habitaient, dit-on, la Tauride
qui prit le nom de presqu'ile cimmérienne, lequel se serait perpétué
jusqu'à nos jours dans le nom de rimée.
On a voulu confondre
les Cimmériens avec les Cimbres
et avec les Kymris. La première de ces identifications paraît
osée, la seconde a été souvent attaquée. Il
se peut que les Cimmériens et les Gimirri fussent véritablement
Celtes et une branche de ce peuple pourrait s'être établie
dans l'extrême Occident, ce qui expliquerait la légende mythologique
d'Homère. Mais on ne peut admettre la distinction de deux peuples
mythiques et historiques : les Cimmériens d'Homère sont bien
les Cimmériens d'Hérodote. Le chantre de l'Odyssée
a bien désigné les habitants de l'extrême Europe qui
alors étaient comme ces Cimmériens enveloppés d'une
obscurité profonde. Peut-être même ce nom de Cimmériens
doit-il être appliqué aux aborigènes des pays d'Europe
occidentaale. (J. Oppert). |
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