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Les honneurs civils et militaires
Les honneurs civils.
Les honneurs civils consistent généralement dans des visites à faire, dans le cérémonial à observer pour les installations des fonctionnaires, dans la manière de recevoir à leur arrivée et de reconduire à leur départ le chef de l'Etat et les hauts fonctionnaires par les autorités civiles. La visite est due par l'inférieur à son supérieur, et à grade égal par celui qui arrive; elle est due par les fonctionnaires prenant possession de leur emploi, non seulement à leurs collègues, mais aux fonctionnaires avec lesquels ils doivent entrer en rapport officiel et même aux personnes placées avant eux dans l'ordre des préséances.

Une visite est due aux personnes supérieures en grade ou en dignité à leur passage dans une ville ou lors de leur installation en fonction ou de leur promotion, ou lorsqu'elles quittent la ville après y avoir rempli une mission. Ces visites doivent être faites dans un délai défini (normalement dans les vingt-quatre heures). Dans les visites de corps ou par députation à faire au chef de l'État et à de hauts fonctionnaires, il est prononcé des discours. Il n'y a pas de cérémonial déterminé pour l'installation de tous les fonctionnaires; la plupart prennent possession de leur emploi sans aucune espèce de formalité. Quelques-uns sont installés solennellement, par exemple, les magistrats de la cour de cassation ou des cours d'appels; autrefois, c'était aussi le cas des évêques nouvellement promus. Les honneurs civils d'entrée et de sortie d'une ville, sont dus par le préfet, le sous-préfet, le maire, le conseil municipal, soit au chef de l'Etat, aux ministres, aux préfets, aux présidents d'assises, etc. Nous devons nous en tenir ici à ces généralités sur les honneurs civils, qui sont l'objet d'une infinité de décrets, de règlements, de circulaires, et qui de toute façon dépendent des époques et des pays..

Les honneurs militaires.
Marques de déférence et de respect, témoignages extérieurs rendus par les militaires, suivant un cérémonial déterminé par la loi, aux diverses autorités militaires et à certaines autorités civiles, suivant leur rang, leur grade ou l'importance de leur mission. Ces honneurs ont été rendus de tout temps, sous les formes les plus variées, mais en se conformant à des traditions ou suivant les circonstances jusque sous le règne de Louis XIV, à partir duquel ils ont été réglés par des décrets ou ordonnances. Les honneurs funèbres ont toujours été entourés d'une plus grande solennité.

On définit divers types d'honneurs militaires, à rendre ou à recevoir individuellement ou collectivement : 

1° honneurs à rendre par les corps d'officiers et les personnels des divers services (visites de corps); 

2° honneurs à rendre par les troupes; 

3° honneurs à rendre par les postes, gardes et piquets; 

4° honneurs à rendre par les sentinelles, plantons, etc.; 

5° escortes d'honneur; 

6° salves d'artillerie (à titre d'honneur); 

7° mot d'ordre (à titre d'honneur); 

8° visites individuelles (à titre d'honneur); 

9° honneurs funèbres.

Les honneurs de la guerre.
On appellait autrefois honneurs de la guerre le droit accordé par le vainqueur, comme témoignage d'estime au vaincu en raison de sa belle défense, de sortir d'une place assiégée avec armes et bagages, tambours battants, drapeaux déployés, quelquefois même en emmenant un certain nombre de canons avec leurs caissons. Cet usage, fort ancien dans le cas de la capitulation d'une ville ou de la reddition d'un poste fortifié, pouvait quelquefois constituer une preuve de la vigueur de la résistance et un dédommagement au malheur des défenseurs. Mais, en aucun cas, la condition de sortir avec les honneurs de la guerre ne devait entraîner la reddition de la place avant que tous les moyens de résistance aient été épuisés.

Revues et défilés.
De tout temps, les revues ont figuré parmi les honneurs rendus aux chefs d'Etat et aux généraux. A Rome, elles était annoncées au son de la buccine. Sous les Mérovingiens, elles se passaient au Champ de Mars ou au Champ de Mai. Au Moyen âge, elles avaient lieu près du château du suzerain et comprenaient, tantôt le ban seul, tantôt le ban et l'arrière-ban de ses vassaux. Au temps de François Ier, il y en avait quatre par an, deux avec l'armure, et deux en pourpoint et manteau. 

Ces revues ont eu tout d'abord un caractère administratif. Elles étaient le complément des montres, c'est-à-dire des opérations que les princes qui entretenaient des troupes faisaient exécuter pour s'assurer de la réalité de l'effectif auquel ils payaient la solde. C'est ainsi que dès le XVe siècle, on constate la création de commissaires aux montres et revues, chargés de ce service spécial pour les compagnies d'ordonnance. La montre était la première inspection que ces délégués du prince passaient à la troupe armée, pour constater, d'après l'effectif des hommes et des chevaux et d'après leur équipement, le droit de chacun à la solde. A cette montre succédaient ensuite des examens périodiques qualifiés de revues, parce qu'ils consistaient à revoir ce qu'on avait examiné une première fois lors de la montre. Il fut longtemps d'usage d'appliquer le nom de montre à l'opération faite pour constater le droit, à la solde, d'après l'effectif, et de réserver le nom de revue  à l'inspection de la troupe en armes.

De nos jours, les seules revues qui soient passées publiquement aux troupes sont en général des revues d'honneur ou de parade, qui constituent l'un des éléments, soit de la fête nationale, soit d'une fête destinée à célébrer un événement militaire ou autre.

Leur cérémonial, déterminé par les règlements ou par le protocole et varie suivant le grade et la situation du personnage qui les passe, etc. Voici comment peut s'effectuer une revue dans le cas où elle est passée par le président de la République : au moment où il arrive devant les troupes, les tambours et clairons battent et sonnent aux champs, les trompettes sonnent la marche, les musiques jouent l'air national, les drapeaux et étendards saluent, ainsi que tous les officiers; pour les ministres de la guerre et de la marine, les généraux commandants d'armée ou de corps d'armée, ou ayant une situation analogue, mêmes honneurs, sauf que les oficiers subalternes ne saluent pas, etc., mais, dans tous les cas, le commandant en chef des troupes se porte seul à la rencontre de la personne à laquelle on rend les honneurs, la salue lorsqu'il arrive à dix pas d'elle, se range à sa gauche et se maintient à portée de recevoir ses ordres; il lui cède le côté des troupes pendant la revue, puis, lors du défilé, il défile en tête des troupes, en avant de la musique ou des trompettes du premier régiment et, après avoir fait le salut, il va, suivi de son état-major, se placer en face de la personne à qui on rend les honneurs et à vingt pas du flanc de la colonne.

En termes militaires, un défilé est une manoeuvre qui consiste à faire passer dans un certain ordre  tous les éléments d'une troupe selon un ordre déterminé.  Le défilé, qui s'exécute généralement à la suite d'une revue ou inspection, a pour but de permettre à celui qui l'a passée de jeter un coup d'oeil d'ensemble sur les éléments qu'il vient d'examiner en détail et de les voir en mouvement après les avoir étudiés dans l'état d'immobilité. Le défilé est souvent exécuté pour rendre les honneurs à certains personnages : il diffère suivant leur rang. Dans certains cas, tous les officiers saluent; dans d'autres, les officiers supérieurs seuls saluent, les autres devant se contenter de fixer les yeux sur la personne devant laquelle on défile. Il existait jadis un défilé dit administratif, qui consistait à faire passer tous les hommes d'un corps de troupes un à un devant le fonctionnaire de l'intendance qui passait une revue d'effectif, afin de lui permettre de les compter.

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