 | Apollodore, grammairien d'Athènes, qui vivait 150 ans avant notre ère, disciple du stoïcien Panetius et du grammairien Aristarque, il s'acquit une grande renommée pour l'explication des poètes. De ses nombreux ouvrages il ne reste que sa Bibliothèque mythologique, en 3 livres, contenant l'Histoire des dieux et des héros jusqu'au retour des Héraclides dans le Péloponnèse, publiée par Aeginus Spoletinus, grec-latin, Rome, 1550, par E. Bekker, Leipzig., 1854, et réimprimée, avec traduction latine, dans la collection Didot; elle a été traduite en français par Clavier, Paris, 1805. Par les sources où il a puisé et par les traditions qu'il a conservées, c'est un document important pour la science des religions antiques. L'auteur y a condensé, en y mettant une sorte d'ordre généalogique, tous les mythes de la cosmogonie primitive, et les légendes héroïques jusqu'à la guerre de Troie. Le style de l'oeuvre est un mélange de sécheresse prosaïque et de poésie souvent voisine du lyrisme; cette incohérence de langage a fait croire que la Bibliothèque telle que nous la possédons est un remaniement sous forme d'abrégé, d'une oeuvre écrite primitivement en vers. Apollodore avait aussi composé une Chronique ou histoire en vers qui allait de la guerre de Troie à son temps; il l'avait dédiée à Attale II, roi de Pergame. Nous n'en possédons que des fragments, ainsi que d'un poème géographique, utilisé par Etienne de Byzance et par Strabon. (J.-A. H.). |
 | Apollodore, surnommé le Damascène, de son lieu d'origine, la ville de Damas, naquit vers l'an 60 de notre ère et mourut vers 125. Il était à la fois ingénieur militaire, architecte et peut-être sculpteur, et son nom fut immortalisé par les grands et admirables travaux qu'il fit exécuter, sur les ordres de l'empereur Trajan, tant à Rome que dans plusieurs villes de l'Empire romain. Appollodore accompagna ce prince dans sa fameuse expédition contre les Daces, et c'est pendant cette guerre qu'il fit jeter sur le Danube un pont colossal, en pierre et charpente, représenté sur la colonne Trajane et sur les médailles de Trajan et dont les vestiges des piles se voient encore, pendant la saison des basses eaux, près de Turn-Séverin. De retour à Rome, Trajan fit faire par Apollodore, vers 113, ce magnitique forum, le Forum de Trajan, exemple unique de constructions antiques exécutées et achevées sans interruption et comprenant la basilique Ulpienne, deux bibliothèques, un temple oclastyle dont la construction, un peu postérieure, date du règne d'Hadrien, qui le dédia à la mémoire de Trajan, son père adoptif, et enfin, à chaque extrémité, deux portiques en hémicycle, décorés de pilastres avec frontons circulaires et aigus alternés, dont les ruines sont désignées, souvent à tort, sous le nom de Bains de Paul-Emile. En outre, trois monuments commémoratifs, de ceux si chers aux Romains, ornaient ce forum dont, suivant Pausanias (I. V, c. XII), tous les édifices étaient couverts de tuiles de bronze. A l'entrée était l'Arc de Trajan, arc de triomphe détruit pendant les invasions barbares, mais dont la meilleure partie du monument et des basreliefs avait été enlevée sous Constantin et nous a été conservée en revêtement de l'arc de triomphe élevé en l'honsieur de ce prince; au milieu, était la Colonne Trajane, remarquable type encore existant de ces anciennes colonnes historiées que les nations modernes ont imitées à l'envi, et enfin, entre la colonne et le temple de Trajan, s'élevait la statue colossale équestre de Trajan, elle aussi détruite lors des invasions des barbares. D'autres édifices à Rome, ainsi que les agrandissements du Circus Maximus , les arcs de triomphe de Trajan à Bénévent et à Ancône), avec le port et le pont d'Ancône, sont attribués par tous les auteurs à Apollodore, qui passe pour avoir été en quelque sorte le surintendant général des constructions que, suivant les auteurs latins, Trajan faisait élever, comme par enchantement, sur la surface de toute la Terre. Après la mort de Trajan, Apollodore qui, du vivant de cet empereur, s'était attiré la haine de son successeur Hadrien, fut exilé, puis mis à mort par ordre de ce prince. Apollodore, dans son exil, avait écrit et dédié à Hadrien un Traité des Machines de guerre, aujourd'hui perdu, qui, avec le témoignage de Procope (de AEdif , I. IV, c. VI), ne laissait aucun doute sur sa participation aux campagnes de Trajan sur le Danube : aussi n'hésite-t-on pas à reconnaître Apollodore dans un personnage trois fois représenté sur la colonne Trajane dans l'exercice da commandement de militaires occupés à des travaux de défense. Il existe en outre de cet architecte un buste au musée Capitolin, à Rome, et un autre an musée de Munich. (Charles Lucas). |