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Mont-Genèvre

L'ancien hospice du Mont-Genèvre était situé dans la commune de Montgenèvre (aujourd'hui station de sports d'hiver, à 12 km de Briançon), à une altitude de 1937 m. Son origine remonte au XIIIe siècle. Il fut fondé vers 1282 par les dauphins du Viennois et portait alors le nom de Domus hospitalis montis Jani. Il fut reconstruit en 1692, les bâtiments ayant  été probablement détruits par les troupes de Victor-Amédée. En 1789, il ne consistait plus qu'en un bâtiment délabré, les revenus avaient disparu à la suite de l'administration imprévoyante de la commune du Mont-Genèvre. 

Un arrêté des consuls du 28 thermidor an X résolut le rétablissement de cette institution. Le préfet des Hautes-Alpes Ladoucette releva l'hospice et le fit administrer par des trappistes. Une dotation lui fut affectée sur les biens domaniaux du département  de la Sésia (Verceil) par décret du 15 mai 1806 : le revenu brut était fixé à 40256 F. Mais lorsque le roi de Sardaigne fut rétabli dans ses États, ces revenus furent taris. Aussi les religieux déclarèrent-ils en 1816 qu'ils ne pouvaient continuer à se charger du service sans une dotation de 6000 F. Cette dotation leur fut accordée en 1817, et, sauf une interruption (1840 à 1843),elle n'a pas cessé d'être servie jusqu'en 1893.

Cet hospice était chargé de recueillir les voyageurs à toute heure du jour et de la nuit et de pourvoir gratuitement à leurs besoins pendant leur séjour, et, s'il était nécessaire, de leur accorder de légers secours en argent. Les voyageurs valides ne pouvaient prolonger leur séjour que jusqu'au moment où il leur était possible de continuer leur route. Les malades après avoir reçu des secours étaient transportés à Sézanne s'ils étaient Italiens, à Briançon s'ils étaient Français.

En temps de brouillard, deux agents se tenaient sur la route du côté de Briançon, deux autres du côté du Piémont. Ils portaient une lanterne allumée, avec du pain, du vin, etc. On sonnait une cloche à l'hospice et on allumait un fanal dans le clocher. Le personnel se composait d'un directeur et de plusieurs domestiques. D'après une statistique dressée de 1841 à 1846, le nombre des hospitalisés était en moyenne de 3835 par an.

Le régime alimentaire comprenait une soupe de bouillon gras ou maigre, 750 grammes de pain, une portion de viande, de légumes, de laitage ou de fromage (500 gr.), une ration de vin. Les malades avaient en plus du vin chaud et du café. Jusqu'en 1859 le nombre des lits était de dix. Après cette cette date, il fut de vingt-cinq. Mais l'établisement déclina tout au long de la deuxième moitié du XIXe siècle et fit par fermer. 

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Dictionnaire Villes et monuments
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